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À propos de Myriam Plante

Je m'appelle Myriam Plante, et je suis une artiste et une auteure inconnue qui a beaucoup d'histoires à raconter.

En route vers le Salon de l’Éducation!

C’est demain! C’est demain que je vais présenter le tout premier album des aventures de Gontrand le Chevalier devant un public qui, je l’espère, existera, et sera intéressé par ma présentation.

J’ai l’impression que ça fait des mois que je prépare ça… J’ai préparé chacune des pages de ma bande dessinée pour l’impression, j’ai préparé et fait imprimer la bande dessinée sur le site lulu.com, j’ai fait des dessins pour un PowerPoint que je vais projeter pendant ma présentation… Beaucoup de travail. Donc genre s’il y a juste 2 ou 3 personnes qui viennent m’écouter parler, je risque d’être déçue un peu.

Pas parce que je suis super excitée à l’idée de parler en public… Je n’aime pas ça, même si ça a l’air que je m’en sors bien. Mais tant qu’à avoir accepté de participer à cet événement et à avoir préparé tout ça, j’aimerais que mes parents ne soient pas les seules personnes dans la salle!

Quel événement? La Foire du Livre Buropro Citation du Salon de l’Éducation Centre-du-Québec! Ça va se passer au Complexe Sacré-Coeur de Victoriaville, de 13h à 20h.

J’aurai des signets gratuits pour les gens qui viendront me voir, et Buropro Citation s’occupera de la vente de l’album de Gontrand, mais aussi de mes autres oeuvres, Le Parfum du Vent et Ourse Ardente et 15 autres histoires.

Une multitude de signets!

Une multitude de signets!

Je n’apporterai pas beaucoup de copies de chaque livre… D’habitude, quand je participe à un événement pour vendre des livres, mes parents me forcent à amener 10 000 boîtes pleines de livres, et je finis par en vendre 1 ou 2… Ok, j’exagère sur le nombre de boîtes de livres, mais je n’exagère pas sur le nombre de livres vendus, ce que vous avez déjà remarqué si vous suivez mon blogue depuis quelque temps.

Donc, demain, je n’apporterai qu’une seule boîte. On dit souvent qu’il vaut mieux en avoir trop que pas assez… Mais cette fois-là, j’ai plutôt envie de me dire que je me sentirais peut-être cool si je n’en avais pas assez. Ça voudrait dire que j’ai vendu plus qu’un ou 2 livres, et en manquer, c’est sûrement plus valorisant que de repartir à la maison avec 10 000 boîtes de livres pleines.

1 boîte, c'est moins lourd et encombrant que 10 000 boîtes.

1 boîte, c’est moins lourd et encombrant que 10 000 boîtes.

Bon, il me reste maintenant à «apprendre» mon texte pour ma présentation de demain, que je devrai en fait faire 2 fois, à 14h45 et à 17h15.

À demain, public impatient!

La maison sanglante

Mon lancement virtuel est terminé. Merci à tous les participants!

Mon lancement virtuel est terminé. Merci à tous les participants!

L’histoire qui a obtenu le plus de votes (2 votes!) sur la page Facebook de mon lancement virtuel est: La maison sanglante.

Voici donc cette histoire, tirée de mon recueil Ourse Ardente et 15 autres histoires

La maison sanglante

La maison sanglante venait de faire une nouvelle victime, mon pied bleu en témoignait. J’avais grandi à côté de cette maison, sans savoir que j’y entrerais un jour. En fait, j’ai toujours espéré ne jamais avoir à y entrer.

La maison ressemblait à celle de mes parents, et à toutes celles du quartier. Ce qui la distinguait des autres, en apparence, c’était la couleur de ses briques. Alors que ses voisines présentaient des façades d’un gris banal ou d’un brun terreux, les briques de la maison sanglante étaient rouges. Si la couleur de la maison ne nuisait pas à sa réputation, elle n’était pas la principale raison pour laquelle les enfants, et même les adultes du quartier l’appelaient par ce nom particulier depuis plusieurs années.

Lorsque j’étais jeune, les enfants du voisinage se réunissaient au parc, et se racontaient souvent des histoires de peur, comme on les appelait. Les histoires les plus populaires concernaient toujours la maison sanglante. On disait, entre autres choses, que la maison était maudite, et que tous les gens qui y entraient se mettaient à saigner sans aucune raison, et qu’ils saignaient, saignaient… Jusqu’à ce qu’ils sortent de la maison sanglante… ou jusqu’à ce qu’ils meurent.

Bon, d’accord, mon pied ne saignait pas. Il était marqué d’une grande tache bleue, traversée par la sangle de ma sandale. Un bleu… Oui, je saignais, mais de l’intérieur seulement.

Comme j’habitais dans la maison grise à gauche de la maison sanglante, les histoires qui la concernaient me faisaient particulièrement peur. Je n’avais jamais vu les gens qui y habitaient. Je savais seulement qu’ils n’avaient pas d’enfant.

Un jour, j’ai entendu mes parents dire que la maison sanglante avait fait une nouvelle victime. Je n’avais jamais entendu aucun adulte appeler la maison ainsi, mais quand j’ai questionné mes parents, ils ont refusé de m’en dire davantage. Ce n’est que plusieurs années plus tard, un ou deux ans avant que je ne parte dans mon premier appartement, je crois, qu’ils m’ont parlé de ce qu’ils savaient à propos de la maison. Ils m’ont dit qu’au cours des années, plusieurs jeunes couples y ont emménagé. La plupart sont partis après seulement quelques semaines. Ceux qui sont restés plus longtemps ont fini par sortir aussi, la femme étendue sur une civière, et l’homme, assis à l’arrière d’une voiture de police. Ou l’inverse. À partir de ce moment, j’ai commencé à voir la maison sanglante sous un autre angle. Elle projetait subitement une nouvelle image, plus digne d’un film d’horreur inspiré de faits réels que d’une série d’histoires racontées par des enfants.

J’ai déménagé, à l’autre bout de la ville. Chaque fois que je visitais mes parents, je ne pouvais pas m’empêcher de jeter un oeil à la maison sanglante, et d’imaginer tout ce qui avait pu se passer derrière ses murs rouges. Mais je n’avais jamais cru qu’un jour, je serais obligée d’y entrer.

En fait, j’aurais pu dire non. Mais je n’ai rien dit, parce que je me voyais mal en train d’expliquer à ma patronne que je ne voulais pas aller faire du ménage dans la maison sanglante, parce que j’avais peur d’y mourir. Je travaille pour une compagnie d’entretien ménager résidentiel, et nous sommes souvent engagés par des familles qui s’apprêtent à déménager, ou à s’installer dans une nouvelle demeure, et qui tiennent à ce que tout soit propre. Quand Andrée m’a donné l’adresse de la maison qu’un jeune couple très pointilleux venait d’acheter, et souhaitait voir briller de propreté, j’ai tout de suite compris qu’il s’agissait de la maison sanglante. Mais je n’ai rien dit.

Je suis partie avec Marie-Sophie, une de mes collègues. Elle a stationné sa voiture dans l’allée de la maison sanglante, devant laquelle le panneau «À vendre» était maintenant bel et bien surmonté d’une affiche sur laquelle «Vendue» était écrit, en lettres blanches sur fond rouge.

Nous sommes entrées à l’intérieur. Marie-Sophie est entrée la première, et je marchais derrière elle, en tentant de camoufler ma nervosité. Mon imagination m’avertissait que l’intérieur de la maison serait sinistre, que les planchers seraient incrustés de taches de sang séché, et que des bruits inquiétants se feraient entendre, semblant provenir de l’intérieur des murs.

Tout en étant rassurée, j’étais, je dois l’admettre, un peu déçue. L’intérieur de la maison sanglante n’avait rien de sinistre. Des pièces vides où flottait une légère odeur d’humidité. Des murs blancs, à la peinture un peu défraichie. Quelques toiles d’araignées qui pendaient du plafond. Ce qui me troublait le plus, en fait, c’était le fait que la disposition du salon, de la cuisine, de la salle de bain et des chambres était exactement la même que celle de la maison de mes parents. Cela n’avait, en fait, rien de surprenant; toutes les maisons du quartier étaient, je crois, construites selon le même modèle. Mais j’avais l’impression d’être dans la maison de mes parents, si celle-ci se retrouvait subitement vide, inhabitée, sans vie, et je me sentais un peu mal à l’aise, sans trop savoir pourquoi.

Comme à son habitude, Marie-Sophie avait apporté sa petite radio. Elle disait souvent, en plaisantant, que si un jour elle devait travailler sans musique, elle en mourrait d’ennui. Elle a donc allumé la radio, et nous avons commencé à nettoyer les armoires de la cuisine.

Au bout d’une heure, peut-être deux, la radio a produit une sorte de crépitement, et elle s’est arrêtée. Après avoir inspecté sa fidèle amie, Marie-Sophie a déclaré que les piles avaient coulé, et qu’elle n’en avait pas d’autres dans sa voiture. Déçue, elle s’est remise au travail.

Un peu plus tard, elle s’est mise à se plaindre de maux de ventre, qu’elle disait atroces. Nous avons terminé notre grand ménage de la cuisine, et nous avons commencé à épousseter le salon, puis le corridor qui menait à la salle de bain. Marie-Sophie n’a pas arrêté de se plaindre. De plus en plus agacée, j’ai fini par lui dire que si elle avait trop mal au ventre pour travailler, elle n’avait qu’à partir. Elle m’a écoutée… Elle m’a dit qu’elle allait se reposer chez elle, et qu’elle reviendrait m’aider plus tard. Ma gorge s’est serrée lorsque j’ai entendu la porte se refermer derrière elle. J’étais maintenant seule. Seule, dans la maison sanglante.

J’ai continué à travailler, mais sans vraiment m’appliquer. Mes parents m’ont toujours répété que tout ce qui mérite d’être fait mérite d’être bien fait. Cependant, je n’avais pas l’intention d’appliquer ces sages paroles dans ma situation actuelle. J’étais seule dans la maison sanglante, et je n’avais qu’une envie, et qu’un but: en sortir le plus rapidement possible. Et puis, de toute façon, les chambres de la maison n’étaient pas vraiment sales. Je les ai époussetées rapidement, avant de m’attaquer à la salle de bain.

J’étais assise sur le rebord du bain, à me demander pourquoi j’avais un aussi gros bleu sur le pied alors que je ne me souvenais pas de m’être cognée nulle part, quand tout à coup, mon téléphone cellulaire a sonné.

J’ai sursauté, puis j’ai couru jusqu’à la cuisine, là où j’avais laissé mon téléphone, sur le comptoir. J’ai répondu, pour entendre la voix paniquée d’Élisabeth, la soeur de Marie-Sophie, me dire que ma collègue avait été amenée à l’hôpital, et qu’elle souffrait d’une hémorragie interne au niveau de l’estomac. Sans écouter les détails, et sans laisser ma voix dénoncer mes émotions, je l’ai remerciée de m’avoir donné des nouvelles, et j’ai raccroché.

Une hémorragie interne. Marie-Sophie était elle aussi victime de la malédiction de la maison sanglante. Je me suis dit que ce n’était qu’une coïncidence, et que tout irait bien. Malgré tout, la nervosité que j’avais ressentie en entrant dans la maison ne faisait qu’augmenter.

J’ai eu une soudaine envie de sortir de la maison en courant, d’entrer chez mes parents, et de leur dire que j’avais la preuve qu’il se passait des choses anormales dans la maison sanglante, et que je ne voulais pas y retourner. J’aurais pu partir, prétendre que la maison était maintenant propre, et fuir le danger, ou, du moins, mes responsabilités…

Je sais ce qui se serait passé: mes parents se seraient moqués de moi, et le couple qui a acheté la maison se serait plaint de mon travail mal fait. Je n’allais quand même pas laisser la maison sanglante faire une tache sur ma réputation au travail!

J’ai fermé les yeux et j’ai pris quelques longues et lentes respirations. Lorsque j’ai ouvert les yeux, je me trouvais toujours dans la maison, mais je me sentais beaucoup plus calme. Un peu plus calme.

J’ai repris mon téléphone, et j’ai appelé Andrée. Je lui ai dit que Marie-Sophie était à l’hôpital, et que j’aimerais avoir du renfort. Elle m’a répondu que personne ne pouvait venir pour le moment, mais qu’elle m’enverrait quelqu’un dès que possible. Je suis retournée dans la salle de bain, et j’ai continué mon travail.

Lorsqu’un bruit s’est fait entendre un moment plus tard, j’ai cru que quelqu’un frappait à la porte. J’ai couru jusqu’à la porte… Il n’y avait personne. Je suis retournée dans la salle de bain une fois de plus, et j’ai terminé de tout nettoyer.

Je m’étais occupée de la cuisine, du salon, des corridors et des chambres, et la salle de bain était maintenant propre. Il ne restait plus que le sous-sol.

Le sous-sol… Combien existe-t-il de films d’horreur dans lesquels le danger se trouve dans le sous-sol? Qu’il s’agisse d’une maison hantée ou non, la cave est toujours un endroit lugubre, sombre, inquiétant, où se cachent des fantômes, des tueurs, des psychopathes, des cadavres, ou de terribles secrets… Qu’allais-je trouver dans le sous-sol de la maison sanglante?

En m’approchant de l’emplacement des escaliers menant au sous-sol dans la maison de mes parents, je me suis trouvée face à une porte. Dans la maison de mes parents, il n’y a pas de porte à cet endroit. J’ai ouvert la porte en question. Il s’agissait bien des escaliers du sous-sol, et non d’un garde-robe.

J’ai reculé d’un pas, comme si j’avais peur que la poignée de la porte ne me morde. Une porte! Les caves fermées par des portes sont les pires! C’est là qu’en plus de se trouver nez à nez avec des fantômes, des tueurs, des psychopathes ou des cadavres, on se fait enfermer avec eux. Et il fallait que moi, maintenant, je descende les escaliers menant au sous-sol de la maison sanglante!

J’ai à nouveau fermé les yeux, et respiré calmement. J’étais seule, armée de chiffons et de produits nettoyants, et il fallait que je descende. Je n’avais pas le choix… Mais je pouvais au moins faire en sorte d’être certaine que la porte de la cave ne se refermerait pas derrière moi. J’ai regardé tout autour de moi, et j’ai aperçu la radio de Marie-Sophie, dans un coin de la cuisine. Je m’en suis emparée et, après quelques tentatives, j’ai réussi à m’en servir pour bloquer la porte. Armée de mes produits d’entretien, j’ai pris mon courage à deux mains, et j’ai posé mon pied bleu sur la première marche des escaliers.

Rien ne s’est passé. J’ai repéré l’interrupteur et j’ai appuyé dessus, en m’attendant à ce que la lumière du sous-sol refuse de s’allumer. La lumière s’est allumée. Jusqu’ici, tout allait bien. J’ai descendu une deuxième marche, puis une troisième, lentement, avec précaution. J’ai atteint le sol de ciment glacé, puis je me suis retournée pour faire face à ce qui m’attendait. Dans la pièce principale du sous-sol, des boîtes étaient empilées. La porte du fond, qui chez mes parents menait à une chambre froide, était fermée.

Je me suis interrogée sur la présence de toutes ces boîtes. Avaient-elles été apportées ici par les nouveaux propriétaires… ou oubliées par les anciens propriétaires? Étrangement, le sous-sol paraissait normal. Il n’était ni inquiétant ni lugubre, et je n’y ai pas vu la moindre toile d’araignée. Mais une odeur écoeurante flottait dans l’air, comme pour me prouver que malgré l’apparente propreté des lieux, mes services étaient bel et bien requis.

C’est alors que je l’ai remarquée… Sur une grosse boîte de carton qui avait été placée un peu à l’écart des autres, le mot «Cadavres» avait été écrit au feutre noir. Mon coeur s’est mis à se débattre comme s’il voulait s’enfuir, sans la coopération de mes jambes et du reste de mon corps.

Voyons… Un meurtrier n’aurait pas caché les corps de ses victimes dans une boîte de carton placée au milieu de son sous-sol. Et il n’aurait certainement pas pris le temps d’écrire «Cadavres» sur le côté de cette boîte, en grosses lettres noires bien visibles!

Mon coeur s’est calmé un peu, mais il n’était pas tout à fait rassuré. Je me suis approchée de la boîte, d’un pas prudent. N’osant pas l’ouvrir pour regarder à l’intérieur, je l’ai poussée légèrement du bout de mon pied. La boîte m’a semblé vide. J’ai osé l’ouvrir. Il n’y avait rien à l’intérieur.

J’ai jeté un coup d’oeil rapide aux autres boîtes. Une seule autre portait une inscription en lettres noires: «Père Noël». Je me suis dit que la boîte vide contenait probablement des décorations d’Halloween, des zombies, ou quelque chose comme ça.

Alors que je m’interrogeais sur le contenu possible des autres boîtes, un son strident m’a fait sursauter. J’ai d’abord cru qu’il s’agissait de la sonnerie de mon cellulaire, que j’avais laissé sur le comptoir de la cuisine.

Plutôt que de me précipiter jusqu’à l’escalier pour aller chercher mon téléphone, je suis restée immobile, incertaine. Ce n’était pas mon téléphone… C’était de la musique. La radio de Marie-Sophie! S’était-elle mise à jouer toute seule? Et les piles… elles avaient coulé!

De plus en plus terrifiée, j’ai entendu la porte se fermer subitement avec un claquement sec. La porte! J’ai couru jusqu’au bas de l’escalier, que j’ai escaladé d’un trait. Mes mains ont tourné et tiré la poignée de la porte, mes poings se sont fracassés contre elle, et j’ai crié…

Puis, je me suis tue. Le silence n’était brisé que par la musique, qui continuait à jouer comme pour témoigner d’une présence. J’étais enfermée dans le sous-sol de la maison sanglante.

Je suis redescendue, abattue et horrifiée. Si j’avais été capable de réfléchir, j’aurais peut-être réussi à trouver une explication rationnelle à ce qui venait de se passer. Mais j’étais incapable de réfléchir. J’étais enfermée dans le sous-sol de la maison sanglante, j’avais peur, et je voulais que quelqu’un vienne me chercher, me dise que tout allait bien, et m’emmène à l’extérieur. Le sous-sol n’avait pas changé, mais je le percevais maintenant d’une manière différente. L’endroit dégageait toujours une odeur terrible, mais l’air semblait maintenant transporter une sorte de menace invisible. Je suis remontée, j’ai frappé à la porte, j’ai crié, puis je suis redescendue. Je l’ai fait plusieurs fois. Puis, je me suis résignée.

Je me suis assise sur la dernière marche de l’escalier. J’ai posé les yeux sur mon pied, et il m’a semblé que la tache bleue qui le couvrait était maintenant plus large, et plus sombre. J’ai fermé les yeux pour essayer de me calmer. Quelqu’un allait bien finir par se demander où j’étais passée! Quelqu’un allait venir me chercher… Il était tout simplement impossible que je reste enfermée dans le sous-sol de la maison sanglante jusqu’à la fin de mes jours.

J’ai attendu. Puis, je me suis relevée. Je ne voulais pas rester assise là. Il fallait que j’essaie de faire quelque chose. J’ai contourné les piles de boîtes pour explorer les lieux. Les rares fenêtres du sous-sol étaient verrouillées, et il n’y avait pas de porte qui pouvait mener à l’extérieur.

Immédiatement après avoir remarqué que le silence était revenu et que la radio avait cessé de jouer, j’ai sursauté en entendant quelqu’un dire mon nom. J’ai retenu mon souffle, comme pour mieux écouter. La voix, qui ne me semblait ni féminine ni masculine, a répété mon nom. Il ne s’agissait pas d’un appel, mais plutôt d’une sorte d’affirmation, calme et posée. Je savais que j’étais seule dans le sous-sol, et j’étais presque certaine qu’il n’y avait personne à l’étage. La voix immatérielle continuait de répéter mon nom, doucement.

J’ai voulu parler, crier, la supplier de se taire, mais j’en étais incapable. Ma gorge était sèche, et ma bouche refusait de s’ouvrir. Sans savoir pourquoi, je me suis approchée de la porte de la chambre froide. Il y avait peut-être quelqu’un, ou quelque chose, de l’autre côté. Je ne voulais pas savoir ce qui pouvait se cacher dans la chambre froide, mais j’avais l’impression de ne pas avoir d’autre choix que de regarder. Mon coeur se débattait avec frénésie et mes mains tremblaient tandis que je tournais la poignée, et que j’ouvrais la porte.

Ma bouche s’est ouverte dans un long cri d’effroi. La lumière du sous-sol s’est éteinte subitement, et mon cri aussi.

Un défi littéraire

Félicitations à Laurianne Audet, qui a gagné le concours organisé pour mon lancement virtuel! Elle recevra donc gratuitement une copie dédicacée de mon recueil!

Merci à tous les participants au concours! Je crois bien que c’est la première fois qu’il y a autant de participations à un de mes concours, et ça me fait plaisir, vraiment. Comme les livres ne sont pas gratuits, je ne peux pas en donner une copie à chaque personne qui a participé… Mais si vous voulez encourager ma carrière d’auteure, vous pouvez encore acheter votre copie au prix spécial du lancement. Vous pouvez aussi toujours acheter le recueil en version numérique, pour environ 1$.

Mon lancement virtuel se termine ce soir. Ça a été une belle expérience… En tout cas, il y a eu plus de participations que ce à quoi je m’attendais.

Pour célébrer la fin du lancement, j’ai envie de vous lancer un petit défi littéraire, juste pour le fun! Comme vous le savez, chaque histoire de mon recueil d’histoires courtes commence par une phrase qui m’a été donnée par une personne différente… Ça a été un beau défi d’inventer ces 16 histoires. Je vais donc vous donner 2 phrases différentes, et c’est à mon tour de voir quelles histoires vous pouvez inventer!

Vous pouvez choisir une des 2 phrases, celle qui vous inspire le plus, et vous en servir pour écrire une petite histoire de quelques lignes, ici, dans les commentaires de mon blogue. Si vous n’osez pas, prenez au moins quelques secondes pour vous demander à quoi pourrait bien ressembler une histoire écrite à partir d’une de ces phrases!

Choix de phrases:

1- Il faisait beau ce jour-là, mais je n’étais pas content.

ou

2- Elle avait tout essayé, mais elle n’avait pas réussi à le retrouver et tout le monde commençait à s’impatienter.

Bonne chance!

L’aventure des aventures de Gontrand le Chevalier

J’ai officiellement commencé à travailler sur les aventures de Gontrand le Chevalier en 2006, et j’ai maintenant terminé.

Hum, non, en fait, pas vraiment… Ce qui est maintenant terminé, c’est le premier album des aventures de Gontrand, que j’ai appelé «Les aventures de Gontrand le Chevalier Chapitre 1: Il faut sauver la Princesse Gisèle». Il y aura donc un Chapitre 2, un Chapitre 3… Je ne sais pas combien.

Pourquoi des chapitres, au lieu de tomes ou de parties? Parce que je me trouvais drôle, tout simplement. Une partie d’histoire qui a pris 10 ans à compléter, c’est ridicule d’appeler ça un chapitre. Alors c’est pour ça que je l’ai fait. C’est aussi pour désigner cette période de ma vie, ce 10 ans de ma vie, comme un chapitre qui est terminé. Un nouveau chapitre commence: un chapitre pendant lequel j’espère réussir à travailler sur ma BD plus rapidement! Je veux créer la suite des aventures de Gontrand plus sérieusement, je veux que ça soit plus drôle, plus beau, plus original, plus tout. Et moins long à faire. C’est mon but.

Pendant 10 ans, Gontrand a existé dans son site internet, le www.gontrandlechevalier.com. Il a aussi existé d’abord sur une page MySpace, et maintenant, sur une page Facebook. Les braves gens qui suivent ses aventures depuis le début ont dû avoir de la misère à suivre par bouts!

Maintenant, Gontrand existe dans un livre, un vrai de vrai livre imprimé! Il en a fait du chemin pour arriver là… J’ai eu des idées, j’ai pris des décisions, et en fin de compte, je pense que j’ai bien fait ça.

Le voici! Le tout premier album de Gontrand le Chevalier trône fièrement sur les dessins de quelques-unes de ses pages, et sur le cahier des croquis.

Le voici! Le tout premier album de Gontrand le Chevalier trône fièrement sur les dessins de quelques-unes de ses pages, et sur le cahier des croquis.

J’ai créé une bande dessinée, comme je le voulais. Elle n’est pas parfaite, et elle n’est probablement pas tout à fait professionnelle… Mais c’est ma bande dessinée, et j’en suis fière! Je ne pense pas connaître personnellement quelqu’un qui a créé sa propre bande dessinée… Il faut bien que je me trouve hot un peu.

Même si les aventures de Gontrand peuvent toujours être lues gratuitement sur son site internet et sur sa page Facebook, les gens intéressés peuvent acheter le premier album, le premier chapitre.

Sur le site de Gontrand pour une copie dédicacée: http://www.gontrandlechevalier.com/boutique.htm

Sur le site de lulu, qui fait l’impression sur demande: http://www.lulu.com/shop/myriam-plante/les-aventures-de-gontrand-le-chevalier-chapitre-1-il-faut-sauver-la-princesse-gis%C3%A8le/paperback/product-22639158.html

Dans le fond, Gontrand le Chevalier existe à plein d’autres endroits… Il est dans mon coeur! Et il existe sur des t-shirts et une tasse: http://gontrandlechevalier.spreadshirt.com/

Et bientôt, il existera au Salon de l’éducation Centre-du-Québec et Foire du livre Buropro Citation à Victoriaville, devant, je l’espère, un public.

Gontrand existe partout! Ce n’est pas si mal, pour un personnage de bande dessinée qui a vu le jour dans les pages de l’agenda d’une fille de secondaire 5, il y a de cela bien longtemps…

Un aperçu de l'intérieur de l'album... En le voyant pour la première fois, je me suis dit que les marges étaient trop petites... Mais j'ai finalement décidé de me calmer, et de l'accepter comme ça.

Un aperçu de l’intérieur de l’album… En le voyant pour la première fois, je me suis dit que les marges étaient trop petites… Mais j’ai finalement décidé de me calmer, et de l’accepter comme ça.

Un autre aperçu. C'est vraiment spécial de voir ses dessins imprimés sur du papier, quand on a l'habitude de les voir sur un écran d'ordinateur!

Un autre aperçu. C’est vraiment spécial de voir ses dessins imprimés sur du papier, quand on a l’habitude de les voir sur un écran d’ordinateur!

Concours!

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Mon lancement virtuel se poursuit avec un concours, qui durera jusqu’à la fin de l’événement le 16 avril.

Pour avoir la chance de gagner une copie dédicacée de mon livre, il vous suffit de commenter ce blogue en expliquant pour quelle raison vous devriez gagner une copie d’Ourse Ardente et 15 autres histoires. Votre argument peut être sérieux ou humoristique… peu importe ce que vous écrivez, vous aurez droit à une inscription pour le concours. (Un seul commentaire par participant.)

Pour obtenir une seconde chance de gagner, envoyez-moi un courriel au myriam.plante@yahoo.ca et écrivez le nom auquel vous aimeriez que votre livre soit dédicacé si vous gagnez, l’adresse à laquelle il devra être envoyé, et ajoutez à votre message une photo d’ourson cute. C’est pour faire un lien avec le titre et la page couverture du livre. Ne vous inquiétez pas, même si votre ourson n’est pas cute pour vrai, vous obtiendrez quand même une inscription pour le concours. (Un seul courriel par participant. Ajouter 1000 photos d’oursons à votre courriel ne vous donnera pas de chances supplémentaires de gagner.)

Finalement, si vous êtes sur Facebook, vous pouvez obtenir une troisième chance de gagner en commentant la publication «3- CONCOURS!» présente sur la page de mon lancement virtuel, ici: https://www.facebook.com/events/1143299739043653/

J’accumulerai les inscriptions de tous les participants sur Facebook, sur mon blogue, et par courriel, et je ferai le tirage d’une copie de mon livre le 16 avril. Si jamais je reçois plus que 20 inscriptions, je ferai tirer deux copies de mon livre au lieu d’une.

N’oubliez pas de garder un oeil sur mon blogue et sur la page Facebook du lancement, au cas où j’aurais de la misère à communiquer avec vous pour vous dire que vous avez gagné.

Bonne chance!

Lancement virtuel d’Ourse Ardente et 15 autres histoires

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Attention! Mon super lancement de livre virtuel est officiellement commencé! Ce qui veut dire qu’à partir de maintenant, mon recueil d’histoires courtes est lancé de manière virtuelle, il vole dans l’internet, se promenant d’un écran à l’autre à la vitesse de l’éclair, et… si vous n’êtes pas prudents, vous pourriez recevoir un livre par la tête!

Bon, d’accord, ça, c’est ce qui se passerait lors d’un lancement de livre virtuel, dans un univers alternatif. Mais ici, dans la réalité, un lancement virtuel signifie que j’ai créé un événement sur Facebook, et que d’ici au 16 avril, je vais régulièrement poster des choses pour faire découvrir les 16 histoires de mon recueil aux participants, et organiser un concours et quelques activités.

Si vous lisez ce blogue avec attention et loyauté depuis un moment, vous connaissez déjà le concept d’Ourse Ardente et 15 autres histoires. Peut-être qu’il y a même une histoire qui a été écrite à partir de votre phrase, dans le livre. Peut-être même que vous l’avez déjà lu, en version numérique, et que vous êtes impatients de le posséder en version papier. Je ne vais donc pas perdre de temps à vous décrire mon livre.

Je vais simplement dire: Achetez mon livre! Il coûte 10$ pendant la période du lancement, et après, son prix augmentera un peu! Quelle aubaine! Apprenez-en plus ici: http://www.myriamplante.com/recueil/acheter.htm

Ah oui, vous pourriez aussi attendre pour participer au concours, et peut-être gagner un livre gratuit. Le lancement virtuel sera plus détaillé et plus plein d’action sur la page de l’événement Facebook, mais je vais quand même parler du concours ici, et de quelques autres choses.

Joignez-vous donc à moi dès maintenant pour célébrer la publication de ma 2e oeuvre littéraire, en disant: Hourraaaaaa!!

Lancement!

Je lance un lancement

Mon premier roman, Le Parfum du Vent, a été publié à compte d’auteure avec la maison d’édition Les carnets de Dame Plume. Il a été lancé à la Bibliothèque Charles-Édouard-Mailhot de Victoriaville.

Mon deuxième roman, le recueil Ourse Ardente et 15 autres histoires, a d’abord commencé son existence en tant que livre numérique. Après réflexion, j’ai décidé de le faire publier par moi-même grâce au site lulu.com.

J’ai aussi eu l’idée de faire un essai: célébrer cet accomplissement grâce à un lancement virtuel! Qu’est-ce qu’un lancement virtuel, vous demandez-vous peut-être? Ça fait un moment que j’y réfléchis, et je continue à noter et développer des idées…

J’ai créé un événement sur Facebook, et c’est là que le lancement virtuel va avoir lieu. Pour ceux qui ne sont pas sur Facebook mais qui aimeraient y participer, certaines des activités du lancement auront aussi lieu ici, sur mon blogue. Il y aura des informations sur le concept de mon recueil, des extraits d’histoires, la possibilité d’acheter des copies du recueil pour un prix réduit, un concours, et peut-être quelques jeux… plein de belles affaires!

Mon lancement aura lieu du 8 avril au 16 avril. La terre entière y sera invitée. Ou, en tout cas… n’hésitez pas à y participer et à inviter les gens que vous connaissez, ça me donnerait un coup de main!

Le but est d’augmenter la visibilité de mon recueil, qui en ce moment est à peu près nulle, mais aussi de rejoindre des lecteurs potentiels et, je l’espère, d’organiser un concours et quelques activités amusantes auxquelles je ne serai pas la seule à participer.

J'ai reçu cette boîte aujourd'hui... À l'intérieur, il y a 30 copies de mon livre qui espèrent trouver des propriétaires bientôt.

J’ai reçu cette boîte aujourd’hui… À l’intérieur, il y a 30 copies de mon livre qui espèrent trouver des propriétaires bientôt.

Les avantages de ne pas être lue

Aujourd’hui, j’ai reçu un courriel que je m’étais écrit le 12 mars 2014.

Oui oui! C’est grâce au site Futureme.org, qui permet d’écrire et d’envoyer une lettre à son soi-même du futur, à la date de son choix. Ça ne sert pas à grand-chose, mais ça peut être une manière amusante de voir comment sa vie a changé avec les années.

Le 12 mars 2014, donc, je disais que j’étais en train de réviser le texte de Le Parfum du Vent en vue de le faire publier. Je trouvais ça stressant, et je n’étais pas certaine si j’allais réussir à rejoindre des gens avec mon histoire, ou si mon livre allait passer complètement inaperçu.

Ouins… 2 ans plus tard, oui, je suis officiellement devenue une auteure, mais on ne peut pas dire que j’ai un fan club. J’ai vendu des livres, oui, mais j’ai la très forte impression que la majorité des gens qui les ont achetés ne les ont pas (encore?) lus, et ne les liront peut-être jamais.

Dans mon courriel écrit en 2014, je demandais à ma moi du futur si elle allait avoir publié d’autres livres rendue en 2016. Eh bien, oui… J’ai récemment publié un recueil d’histoires courtes, en version numérique (et bientôt en version imprimée!!). Même si je le vends pour 1$, une seule personne l’a acheté. 3 personnes que je ne connais pas l’ont téléchargé, mais uniquement parce qu’il était gratuit dans le cadre d’une promotion sur Smashwords.

Passer inaperçue, c’est ma spécialité.

Pour ne pas me décourager pendant ma lente ascension vers les nébuleux sommets de la popularité littéraire, je me suis demandé s’il existait des avantages, pour une auteure, de ne pas être lue. Et j’en ai trouvé! Voici donc:

Les avantages de ne pas être lue

  • Puisque le nombre de gens qui ont lu mon roman et qui ont été inspirés à laisser leurs commentaires sur leur appréciation de leur lecture peut se compter sur les doigts d’une main, je sais qu’il n’existe aucune critique cruelle et non-constructive de mon oeuvre nulle part sur internet.
  • Il n’y a pas grand monde pour me supplier d’écrire plus vite parce qu’ils sont impatients de lire mon prochain livre, ce qui fait que je peux avancer à mon rythme sans me sentir trop coupable de laisser mes admirateurs en détresse.
  • C’est plus facile pour moi d’écrire ce que j’ai envie d’écrire, sans me demander si mes lecteurs vont aimer ou ne pas aimer ce que je fais.
  • Je ne pourrai jamais m’enfler la tête avec mon succès fulgurant, au point de ne pas être capable de sortir de chez nous.
  • Je ne reçois pas de milliers de lettres d’admirateurs en délire ou d’invitations à des galas ou autres événements littéraires, ce qui me laisse plus de temps pour écrire et me concentrer sur mes différents projets.
  • Je n’ai pas le choix de continuer à penser à des manières créatives d’attirer l’attention sur mes oeuvres… à répétition, parce que ça ne marche jamais.

Justement! Il sera bientôt possible d’acheter le recueil Ourse Ardente et 15 autres histoires en version vrai livre imprimé, avec de belles petites illustrations, une pour chaque histoire.

J’ai envie de faire un petit concours, et d’offrir une copie dédicacée du recueil à une des personnes qui sont inscrites à ma liste de diffusion. Si vous êtes déjà sur la liste, vous saurez bientôt comment participer à ce concours. Si vous n’êtes pas sur la liste, vous pouvez vous inscrire ici: http://www.myriamplante.com/fr/nouvelles.htm

Voici l'illustration qui accompagnera l'histoire Ourse Ardente, dans la version imprimée de mon recueil d'histoires courtes!

Voici l’illustration qui accompagnera l’histoire Ourse Ardente, dans la version imprimée de mon recueil d’histoires courtes!

Les liens entre les histoires

Si vous avez lu mon recueil d’histoires courtes, Ourse Ardente et 15 autres histoires, vous avez peut-être remarqué qu’il y avait certains liens entre les différentes histoires.

Si vous ne l’avez pas encore lu, eh bien, qu’attendez-vous? Vous pouvez trouver mon recueil sur Amazon, iTunes, et sur d’autres sites qui vendent des livres numériques, pour un peu plus qu’un dollar. Ce n’est pas beaucoup d’argent, ça me ferait plaisir d’en vendre plus qu’une seule copie, et vous pourriez même passer un agréable moment de lecture!

Comme mon recueil compte 16 histoires courtes écrites dans des styles différents, j’ai eu l’idée de les relier entre elles de plusieurs manières, pour que le tout semble plus cohérent. Un peu avant d’avoir terminé l’écriture des histoires, j’ai eu la bonne idée d’écrire les liens entre les histoires sur une feuille, pour ne pas les oublier.

Avez-vous trouvé des liens? Quelles sont vos histoires préférées?

Voici ma feuille de liens… En cliquant dessus, vous devriez arriver à la voir en plus gros, et à lire ce qui est écrit!

Ourse Ardente: fin de l’extrait

Mon recueil d’histoires courtes, Ourse Ardente et 15 autres histoires, est maintenant disponible en format numérique!

Vous pouvez pour le moment le trouver sur Amazon et sur Smashwords, mais il sera bientôt disponible chez plusieurs autres détaillants en ligne… Le plus beau là-dedans, c’est qu’il ne coûte qu’environ 1$!

Merci à tous ceux qui ont pris la peine de m’encourager en achetant mon recueil… c’est-à-dire, une seule personne jusqu’à maintenant.

Si vous avez lu la première partie de l’histoire Ourse Ardente, que vous pouvez relire en cliquant ici, voici la deuxième partie:

Au début, plusieurs des membres du groupe ne la prenaient pas au sérieux. Elle, la grand-mère que les enfants du village adoraient, elle parlait fougueusement d’envahisseurs, de combat, de défense, de liberté? Bientôt, cependant, elle sut gagner le respect de tous. Plus que tout, à leurs yeux, Ourse Ardente symbolisait l’espoir.

Puisque pas l’ombre d’un soldat ne s’était encore approchée du petit village, la Résistance de Rac se réunissait une fois par semaine uniquement dans le but de partager des informations et de discuter de l’éventualité d’une attaque. Les habitants de Rac étaient majoritairement pauvres, et peu nombreux étaient ceux qui savaient se battre, mais tous soutenaient qu’ils seraient prêts à défendre chèrement leurs terres et leurs foyers contre l’envahisseur. Les membres de la Résistance échangèrent beaucoup de paroles, mais aucun véritable plan ne fut établi. Tant que Bannes résistait à l’ennemi, les habitants de Rac, s’ils ne se sentaient pas exactement en sécurité, avaient toutefois l’impression que le danger était encore loin d’eux. Au moins, les réunions de la Résistance leur donnaient l’occasion de discuter de bravoure, plutôt que de rester muets sous l’emprise de la peur.

Le temps passa. Un soir d’hiver, alors qu’Ourse Ardente était sur le point de se mettre au lit, quelqu’un frappa à sa porte. Il s’agissait d’Adelina, sa fille aînée, qui était suivie par toute sa famille. Elle raconta à sa mère et à sa soeur que Minc était maintenant occupée par les soldats du Pays d’Obajour. Adelina et sa famille avaient réussi à fuir la ville avant le début des hostilités, mais lorsqu’ils s’arrêtèrent sur une colline enneigée afin de prendre un peu de repos, ils virent que les maisons de Minc brûlaient, et ils surent que la ville était tombée.

Les grands froids de l’hiver amenèrent le désespoir et la famine. Plus aucune nourriture n’arriva à Rac en provenance des villes et villages environnants, et les voyages vers les villes plus éloignées devinrent plus ardus, voire même impossibles. Malgré le froid et les fréquentes tempêtes, les soldats ennemis n’abandonnaient pas leurs idées de conquête.

Un jour, la nouvelle que tous redoutaient arriva aux oreilles des habitants de Rac. Bannes était tombée aux mains de l’ennemi. Les soldats du Pays d’Obajour s’étaient acharnés sur la capitale, et avaient finalement massacré la plupart des soldats et des membres de la Résistance de Bannes.

À partir de ce moment, plus aucune nouvelle ne vint de l’extérieur, et la Résistance de Rac supposa que toutes les villes de la Galetrie avaient été prises, ou étaient en train de livrer leur dernier combat. Les soldats marcheraient bientôt sur Rac, et rien ne pourrait les arrêter.

Tout le monde n’était plus nourri que par la peur et le désespoir. Les habitants de Rac savaient que personne ne viendrait à leur secours, et ils savaient également que si l’armée de Bannes avait été vaincue, ils étaient eux-mêmes condamnés à la défaite.

Enfermée dans sa chambre, Oria pleurait. Elle ignorait quel sort l’attendait. Elle ne craignait pas vraiment sa propre mort, et elle aurait préféré mourir plutôt que d’être soumise à l’esclavage. Elle pleurait pour ses enfants et ses petits-enfants. Elle pleurait pour les habitants de son village, pour ceux de son pays. Elle pleurait devant la certitude que tout ce qui l’entourait allait disparaître, détruit par une cruauté qu’elle ne comprenait pas. Elle pleurait parce qu’elle avait peur, mais aussi, parce qu’elle était en colère.

Lorsqu’elle n’eut plus la force de verser la moindre larme, ses yeux brûlants se posèrent sur la fenêtre de sa chambre. Dehors, Bo et Ysa, les deux oursons orphelins, batifolaient dans la neige, attrapaient des flocons au vol, et couraient avec insouciance. Ils s’immobilisèrent soudainement, et leurs petits yeux noirs rencontrèrent ceux d’Oria et ne s’en détachèrent plus.

Au bout d’un moment, alors que les deux oursons n’avaient pas bougé, elle se leva et sortit de sa chambre. Elle constata que tous ses enfants, à l’exception de Lazlo, bien sûr, étaient rassemblés dans sa cuisine, dans un silence triste et angoissé. Ses sept petits-enfants jouaient ensemble dans le salon, mais sans leur gaieté habituelle. Elle s’approcha de Joni et lui demanda si la réunion de la Résistance allait avoir lieu, tel que prévu. Joni répondit qu’il savait que personne ne viendrait, et qu’il n’y avait plus aucun espoir de toute façon.

La petite Bess s’approcha de sa grand-mère, qui la prit tendrement dans ses bras. Elle embrassa la joue de sa petite-fille, puis regarda ses trois enfants l’un après l’autre.

Elle dit ensuite au Chef de la Résistance qu’Ourse Ardente souhaitait parler aux habitants de Rac. Ses enfants la questionnèrent, mais elle leur expliqua qu’elle ne savait pas encore exactement ce qu’elle voulait leur dire. Ce n’était pas sa bouche qui parlerait, mais son coeur.

Sans prendre le temps de s’habiller plus chaudement, elle sortit à l’extérieur en tenant toujours Bess dans ses bras. Après un moment d’hésitation, le reste de sa famille la suivit. Ils virent que plusieurs personnes étaient déjà rassemblées au centre du village. Un jeune homme qui s’était aventuré de l’autre côté du fleuve avait rapporté qu’il avait aperçu un groupe de soldats qui provenaient de Bannes, et qui s’avançaient vers le village. Malgré la panique et l’agitation qui s’étaient emparées de tous, Ourse Ardente réussit à se faire entendre.

Elle se tenait droite et fière, serrant sa petite-fille dans ses bras. Sa famille était derrière elle. Les deux oursons arrivèrent tout à coup en trottinant, et s’assirent dans la neige à ses pieds. Et elle parla.

Elle parla brièvement de sa peine et de son incompréhension. Elle parla de sa vie, et de la vie de tous les habitants de la Galetrie, qui était si paisible avant le début de toute cette folie. Elle dit des choses qu’elle n’avait jamais su comment exprimer, et qu’elle avait l’impression de découvrir en même temps que ceux qui l’écoutaient. Elle dit qu’elle croyait que leurs véritables ennemis n’étaient pas les soldats du Pays d’Obajour et leurs dirigeants.

Leurs véritables ennemis, c’étaient la peur, le désespoir et l’inaction. C’étaient ces sentiments que le Pays d’Obajour convoitait, et non un quelconque minerai qui n’existait probablement pas. La peur et la colère les rendaient plus fort, et leur permettaient d’avancer; le courage devrait les affaiblir.

Ourse Ardente comprit soudainement ce qu’elle devait faire afin de sauver son village. Elle devait marcher, et faire face aux soldats. Elle n’arrivait pas à expliquer d’où venait cette certitude inébranlable qui grandissait en elle, mais elle demanda à ceux qui l’écoutaient de la suivre.

Certains dirent qu’elle avait perdu la tête, et retournèrent se cacher chez eux. D’autres doutaient, mais se dirent que puisque les soldats venaient déjà vers eux, ils n’avaient plus grand-chose à perdre. D’autres encore ressentaient la même détermination et la même assurance qu’ils décelaient dans les yeux et dans les paroles d’Ourse Ardente.

Elle se mit en marche, et les deux oursons trottinaient à ses côtés. Sa famille la suivait, ainsi que plusieurs habitants de Rac. Ils quittèrent le village et se dirigèrent vers le pont qui enjambait le fleuve gelé.

La lumière du jour déclina rapidement, et le vent se leva. La neige qui tombait en grappes brillantes semblait dessiner de longs filaments tourmentés dans le ciel sombre. Et les habitants de Rac marchaient. Plusieurs d’entre eux se tenaient par la main, et tous les visages n’exprimaient qu’une calme résolution. Le froid mordait leur peau, et leur cause semblait perdue, mais aucun d’eux ne pensa à rebrousser chemin. Ils suivaient Ourse Ardente, qui avait su leur redonner l’espoir qu’ils avaient perdu, et ils voulaient croire qu’ils marchaient maintenant vers leur victoire et leur liberté.

Ils franchirent le pont, et avancèrent encore un moment avant de s’arrêter. Devant eux, des silhouettes sombres commençaient à émerger lentement de la tempête. Plusieurs des soldats portaient des lanternes, et d’autres, de hautes bannières aux couleurs du Pays d’Obajour. Les habitants de Rac restèrent immobiles, et attendirent.

Un des soldats, qui ne portait ni bannière ni lanterne, fit signe au reste de la troupe de s’arrêter. Il s’approcha ensuite d’Ourse Ardente et du groupe de villageois pauvrement vêtus et non armés qui l’accompagnait.

Le regard rigide du soldat rencontra celui d’Ourse Ardente, et celle-ci, avec stupeur, reconnut son fils Lazlo. Son coeur de mère se brisa, et il s’en fallut de peu qu’elle ne tombe à genoux dans la neige.

Mais elle resta debout, et soutint le regard de son fils. Dans ses yeux, elle vit une lueur qu’elle ne reconnaissait pas.

Au bout d’un long moment, Lazlo se retourna et ordonna à ses soldats de repartir. Lorsque son fils disparut dans la tempête, Oria se mit à sangloter en silence. Ses larmes se figèrent au bout de ses cils et sur ses joues glacées. Adelina s’approcha et prit sa fille Bess dans ses bras, tandis que Joni et Tasha firent ce qu’ils pouvaient pour soutenir leur mère. Personne n’osa prononcer le moindre mot, et les habitants de Rac retournèrent lentement dans leur village.

Le lendemain, le ciel était pur, sans nuages, et le soleil était radieux. Rac était libre, et ce jour-là, ainsi qu’au cours des jours qui suivirent, des nouvelles étonnantes parvinrent aux oreilles des villageois. Les soldats du Pays d’Obajour avaient quitté Bannes, et quittèrent également tous les villes et les villages qu’ils avaient pris par la force. La paix se réinstalla peu à peu d’un bout à l’autre de la Galetrie, sans que personne ne sache ce qui avait incité l’ennemi à partir.

Mais un peu partout certains racontèrent, et continuèrent de raconter dans les années qui suivirent, qu’ils avaient aperçu à plusieurs reprises un ours gigantesque, au pelage teinté de roux, qui pourchassait des soldats effrayés en grognant.

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Vous pouvez en apprendre plus sur mon recueil ici: https://myriamplante.com/recueil.htm