Rejet

Il y a longtemps que j’ai commencé à écrire.

Et il y a longtemps que j’ai commencé à penser à magasiner, non pas une maison d’édition, mais un moyen d’édition. Il y a des années de cela, la seule manière pour un auteur de voir son travail publié était sans doute de passer par une maison d’édition, ce qui signifie: envoyer son manuscrit à plusieurs d’entre elles, puis attendre de recevoir une ou des réponses, et espérer avoir au moins une réponse positive.

De nos jours, il est possible de publier le fruit de son travail grâce à des maisons d’éditions à frais d’auteur, à des compagnies qui permettent de faire imprimer son livre à son goût et d’être son propre éditeur, ou encore, par le biais d’Internet, que ce soit sous forme de livre numérique ou sur un site créé à cet effet… Bref, il y a longtemps que je pense à l’auto-édition.

Aujourd’hui, j’ai lu un article sur le blogue de Kim Boekbinder, une artiste que j’ai découvert récemment. Elle y parlait du fait que chaque personne sera rejetée tout au long de sa vie, et qu’il faut être prêt à faire face à différentes situations de rejet.

Oui, j’ai été, comme beaucoup d’autres, rejetée dans mon enfance… Je suppose que j’ai développé, avec le temps, le réflexe de me mettre à l’écart moi-même. Mais le texte de Kim m’a surtout fait réfléchir à mon art, à mes écrits, et à la manière dont je compte les présenter lorsque le temps viendra.

Je me suis demandée si je ne songeais pas à faire publier mes romans et ma bande dessinée par mes propres moyens, uniquement afin d’éviter de vivre le rejet d’une maison d’édition. Ça semble beaucoup plus sécurisant de s’occuper de publier ses écrits par soi-même, que d’attendre une réponse, potentiellement négative et démoralisante, de la part de quelqu’un dont le métier consiste à décider qui aura la chance de faire publier son livre, ou non. N’est-ce pas?

Après réflexion, j’en suis venue à la conclusion qu’il y a un peu de ça, mais que ce n’est pas le seul critère qui a influencé mon choix. Non, je n’ai pas envie de me faire dire quoi faire (ce qui est bon, ce qui ne l’est pas, ce que je devrais changer, ce qui est inacceptable…) par une maison d’édition. J’ai peur que mes histoires, sur lesquelles je travaille depuis déjà plusieurs années, soient rejetées. Mais il y a aussi le fait, justement, que j’ai toujours été indépendante, et que j’aime faire les choses par moi-même. Surtout en ce qui a trait à mon art, à mes dessins, à mes écrits, je ne veux pas que quelqu’un d’autre me dise ce que je devrais faire. J’ai besoin de faire les choses à ma manière, même si ce n’est pas la bonne manière. (c’est apparamment typique de mon signe astrologique)

Toutes ces réflexions, pour en rester au même point! Lorsque je serai prêt à faire publier quelque chose, je le ferai par mes propres moyens. Mes moyens peut-être plus couronnés d’échecs que de succès… mais mes moyens quand même.

Avant d’en arriver là, il me faut écrire, écrire, écrire…

Blogue version 2

Le 21 octobre 2012.

Le 21 octobre 2012, j’ai voulu écrire un blogue. Un blogue que je trouvais très important. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas connectée sur mon blogue pour écrire. Comble de malheur, je me suis connectée pour découvrir que j’étais incapable d’ajouter une entrée dans mon blogue!

Ce problème technique, quelle que soit sa source, m’a empêché d’écrire mon entrée de blogue. Espérant que le problème serait réglé dans les prochains jours, je me suis promis d’écrire mon fameux texte un peu plus tard. Seulement voilà, le temps a passé, et le problème en question subsiste.

En personne débrouillarde que je suis, j’ai donc cherché et trouvé un nouveau blogue qui, entre autres qualités, me permet d’ÉCRIRE!!

Qu’ai-je donc fait de si important, le 21 octobre 2012? J’ai commencé une nouvelle toile. Pas n’importe laquelle: la toile qui servira éventuellement d’image de couverture pour le premier roman que je publierai. Ce roman n’est pas encore terminé, évidemment, mais il s’agit de mon projet qui risque d’être terminé, et donc publié, en premier.

Cette image, je l’ai en tête depuis longtemps. Peut-être pas depuis le début de l’écriture de l’histoire en question, celui-ci remontant à ma première année de Cégep… Mais depuis longtemps.

Comme toute image qui est si claire dans ma tête, j’aimerais qu’il existe une sorte d’imprimante spéciale, qui se branche directement dans le cerveau, et qui permet de faire sortir l’image telle qu’elle est. Comme ce genre d’imprimante n’existe pas, il me faut la créer! Créer l’image, pas l’imprimante…

J’ai donc commencé par faire des croquis. Puis, j’étais partagée entre l’envie et le besoin de faire beaucoup plus de croquis, détaillés, longs, précis, afin de m’assurer que tout soit fait le mieux possible, selon les spécifications de l’image qui habite dans ma tête, et l’envie et le besoin de commencer à peindre au plus vite!!

C’est l’envie de commencer à peindre au plus vite qui l’a emportée. Je suis consciente de l’importance de la toile que je peins, et du temps que je risque de devoir passer à sa création. Pour l’instant, je suis plutôt satisfaite de ce que j’ai fait, même si le plus gros reste à faire.

Maintenant que j’ai retrouvé l’usage d’un blogue, j’ai oublié une bonne partie de ce que je voulais écrire le 21 octobre 2012… Mais je parlerai plus tard de mon cheminement dans la création de cette nouvelle toile, qui pour l’instant porte le nom poétique de «grand carton qui traîne dans un coin sur un chevalet».

Déréliction

«DÉRÉLICTION n.f. (lat. derelictio). Litt. État d’abandon et de solitude morale complète.»
Petit Larousse Illustré 2004

J’ai commencé à peindre une toile en 2010. Le 24 juin 2010, plus précisément.

C’était un projet personnel, et important. Je voulais peindre une image, une scène inspirée d’un rêve que j’avais fait, rêve étrange dans lequel je voyageais jusqu’à une petite ville (qui n’existe pas) pour y visiter quelqu’un (je ne sais pas qui)… À mon arrivée dans cette ville, dans laquelle je me rendais à pieds, bien sûr, je voyais un grand fleuve sur lequel flottaient des dizaines, peut-être même des centaines de bateaux qui semblaient abandonnés. Intriguée, je me retournais, pour entrer alors dans la ville, qui semblait elle aussi complètement abandonnée. Je cherchais la personne que je devais visiter, mais il n’y avait personne, nulle part.

La fin du rêve est plutôt floue, mais je crois que je finissais par rencontrer une sorte de vieil ermite qui vivait dans un tronc d’arbre, et qui m’annonçait que tous les habitants de la ville étaient morts suite à une maladie qui avait été apportée par un des bateaux.

Fin.

Je n’ai jamais compris la signification de ce rêve, s’il en avait une. Je n’ai jamais vraiment pris la peine d’essayer de le comprendre, en fait. Mais l’image des bateaux abandonnés me restait en tête, m’inspirait et m’intriguait. C’est pour cette raison que j’ai eu l’idée de l’exprimer sur une toile.

J’ai commencé par faire un dessin de ce que je voulais représenter, et ensuite, j’ai commencé à peindre. Au début, tout allait bien… Jusqu’au moment où j’ai commencé à ajouter les silhouettes des bateaux. Il y avait quelque chose qui ne marchait plus: je n’aimais pas les bateaux, je n’aimais pas la couleur de l’eau sur laquelle j’avais pourtant travaillé longtemps, je n’étais pas satisfaite parce que ça ne ressemblait pas du tout à l’image que j’avais en tête…

J’ai accroché ma toile sur un mur de ma chambre, en me disant que je me fatiguerais éventuellement de la voir incomplète, et que ça allait me motiver à la continuer. Je l’ai continuée, de temps en temps, quand je n’avais rien d’autre à faire, quand j’arrivais à me forcer pour en avoir envie. La toile a évoluée, mais je n’étais jamais satisfaite…. Ce n’était pas ce que je voulais, et je ne savais pas quoi faire pour que ça devienne ce que je voulais, sans devoir tout recommencer, ce qui était décourageant plus qu’autre chose.

Chaque fois que je voyais la toile sur le mur, je me disais «Tu es ben poche! Sois motivée, continue-la!! Come on!»… Mais je voyais ça comme un défi trop décourageant. J’essayais de penser à des manières de l’améliorer, mais l’insatisfaction était toujours plus grande que mes idées.
Et puis, le mois passé, je ne sais pas trop pourquoi, j’ai décidé de terminer cette toile.
J’ai d’autres idées pour d’autres toiles, mais je devais tout d’abord terminer celle-là.
Et en travaillant dessus, en acceptant qu’elle ne soit pas comme je la voulais dans ma tête au départ, j’ai réussi à avoir envie de la terminer. J’étais motivée pour vrai, cette fois. Et après encore plusieurs jours de travail, presque consécutifs, je l’ai enfin terminée!!


Elle n’est pas ce que je voulais qu’elle soit, mais elle est ce qu’elle devait être, peut-être. Elle a sa propre histoire, une histoire d’abandon, de temps qui s’écoule, de sentiments partagés, de découragement, de frustration silencieuse… Une histoire qui, au fond, va plutôt bien avec le sujet représenté. Et surtout, elle est un témoignage de plus: il ne faut jamais abandonner! Peu importe la situation, les choses peuvent toujours s’améliorer, ou, au moins, devenir autre chose de beau, de constructif, quelque chose qui, après avoir tant fait chier, rend fier!


Sans plus tarder, voici ma plus récente toile: Dérélict

Dérélict

 

 

Un cadre partie 2

Enfin, voici la suite et la fin de mes aventures de réparatrice de cadre!
J’ai terminé de le réparer officiellement hier, et il est déjà officiellement de retour entre les mains (ou sur le mur, plutôt) de ses propriétaires. Comme les nouvelles voyagent vite!

Si ça a pris autant de temps, ce n’est pas parce que c’était aussi long, mais bien parce que j’ai fais, comme toujours, d’autres choses entre temps, entre autres, m’occuper de Gringoire mon poisson malade (qui semble enfin guéri aujourd’hui) et recevoir de la visite, aka ma cousine qui lit ce blogue avec impatience. Bonjour Man!

Comme je n’ai pas documenté tout le processus à mesure, comme je le voulais, je vais plutôt essayer de décrire le tout maintenant, sans oublier de parler de ma première tentative de moulage qui fût très ratée et très décourageante.

Je reprends donc l’histoire où je l’ai laissée: j’ai sculpté les bouts de plâtre que j’avais collés pour reconstituer les petits bouts de moulures manquants, et ça, ça s’est bien passé. Le plâtre est généralement gentil: on dirait que le nouveau plâtre sait qu’il faut qu’il reste collé sur l’ancien plâtre… Il suffit de le sculpter délicatement, et il reste solidement en place. Il n’y a qu’un petit bout qui a cassé, mais je l’ai juste recollé avec de la colle blanche. Le plâtre, c’est mon ami.

Ensuite, le temps de faire mon moulage du coin manquant est venu… J’avais tout d’abord pensé à faire un moule en argile, comme j’avais déjà fait auparavant pour la tête d’un âne (personnage de crèche)… Mais j’ai eu la brillante idée de plutôt faire mon moule en pâte à modeler. Je ne sais pas trop pourquoi d’ailleurs… Sur le coup, je me suis dit que ça devrait conserver les détails mieux que l’argile et que je n’aurais pas besoin d’attendre que ça sèche avant de le décoller et de couler du plâtre dans mon moule. Le problème est que je n’avais pas de pâte à modeler, je suis donc allée en acheter au Dollorama… Quelle grave erreur!

J’ai fait mon moule en pressant de la pâte à modeler sur un autre coin intact… je m’étais même donné la peine de faire une autre sorte de moule en papier mâché, pour mettre le moule en pâte à modeler dedans pour qu’il garde sa forme. Je retire le moule, les motifs du coin sont parfaitement imprimés à l’intérieur, je suis contente.
Je coule du plâtre à l’intérieur, et j’attends qu’il sèche. Je retire la pâte à modeler… pour réaliser que le plâtre est sec, oui, mais que la pâte a absorbé de l’eau et qu’elle a collé sur le plâtre… Je réussis à tout bien laver. Je me rends compte que mon nouveau coin en plâtre ne fitte pas du tout sur le cadre. J’essaie de sculpter l’endos pour pouvoir l’ajuster. Il casse en deux morceaux… puis en quatre morceaux… Je pogne les nerfs.
Là, pendant un bout, j’étais complètement découragée… Je me disais que je pourrais toujours réessayer avec de l’argile, mais j’étais convaincue que le coin en plâtre ne fonctionnerait encore pas et qu’il casserait encore en morceaux. Ce qui est arrivé, dans le fond, c’est que ma pâte a modeler s’est déformée quand j’ai coulé du plâtre à l’intérieur… Si j’avais attendu qu’elle sèche avant, ça ne serait probablement pas arrivé. Mais ça, je ne le savais pas à ce moment là… Cela illustre donc que non, je ne réussis pas toujours du premier coup. Ça m’est arrivé souvent d’être complètement découragée, mais heureusement, j’ai toujours, ou a peu près toujours, continué. Un point pour moi.

Quelques jours après l’échec de la pâte à modeler, je décide de recommencer, avec de l’argile cette fois. J’ouvre le plat de margarine contenant mon argile, elle est toute séchée… Je mets de l’eau dedans, j’attends qu’elle ramolisse. Ensuite je fais mon moule, puis le plâtre, le même procédé qu’avec la pâte à modeler… Une fois que mon coin en plâtre est prêt, je me rends compte qu’il ne fitte encore pas sur le cadre, mais au moins, il fitte plus que celui d’avant. Je le sculpte un peu, il ne casse pas. Je réussis à l’intégrer avec le bout de coin qui restait au cadre, je le colle en place en ajoutant du nouveau plâtre frais en dessous…
Une fois qu’il est bien collé, je continue à le sculpter et à retravailler certains détails que le moule n’a pas bien conservés. Je retravaille les autres coins, je lave la poussière de plâtre qui s’est incrustée partout…

Ensuite, le temps de la peinture. Miracle, je réussis à trouver la bonne teinte de peinture du premier coup en mélangeant de la peinture or, ocre, et ombre brûlée. Je donne une première couche sur les bouts réparés, mais aussi sur le reste du cadre, en diluant la peinture dans l’eau. Je donne ensuite une seconde couche, plus foncée, pour lui redonner son aspect ancien. Je redeviens super contente!

Ensuite, hier matin, j’ai appliqué de la cire à chaussures transparente sur toute la surface du cadre… Ça fait briller, et ça protège un peu la peinture, du moins, c’est ce que je crois. Ensuite, j’emballe le cadre, je vais le porter à mes parents, et eux l’apportent à ses propriétaires qui sont, selon mes contacts, très satisfaits.

Mission accomplie!

Je suis fière d’avoir réussi à restaurer ce cadre… En le regardant de près et avec attention, on remarque qu’un des coins n’est pas pareil comme les autres. Mais une fois accroché au mur, je suis certaine que ça ne se remarque pas… Ça attire l’oeil, en tout cas, sûrement beaucoup moins que quand il n’y avait juste plus de coin.

Une mention spéciale à mon lit, sur lequel je me suis installée pour travailler et qui n’a pas été sali par rien au cours des travaux. Il n’a même pas eu peur que je lui renverse de la peinture ou du plâtre dessus… Bravo, lit!

J’ajoute 1 seule photo, puisque mon blogue ne la fera sans doute pas apparaître et qu’il mettra à sa place un rectangle blanc sur lequel vous pouvez cliquer pour la voir… un jour, j’ajouterai une page sur mon site avec beaucoup plus de photos de chaque étape de la restauration.

C’est une des choses qu’il faut que je fasse pour ajouter du contenu à mon site… un jour.

Un cadre partie 2