Non merci, je vais continuer d’être humaine

Hier, j’ai appris quelque chose d’horrible, et je suis tellement fâchée et découragée…

Au début, j’ai vu des publications en anglais sur Instagram, mais ils en parlent aussi sur plusieurs sites, dont voici un exemple au hasard.

En bref, une entreprise diabolique (et probablement plus qu’une, à en croire cet article) achète des millions de livres, incluant des livres rares et anciens, pour les scanner et entraîner son IA. Ensuite, les livres sont détruits. Détruits!! 🤬

Quand je dis que je déteste l’IA générative… ça, ça me donne une raison de plus de la haïr de tout mon coeur et de toute mon âme.

Je suis pas mal certaine que les gens qui détruisent des livres dans le but de contrôler l’information à laquelle le peuple a librement accès n’ont jamais été du bon côté de l’Histoire. Come on!

Parce qu’on s’entend que leur but n’est sûrement pas juste d’entraîner leur stupide IA pour qu’elle continue de remplacer des humains qui aiment écrire et qu’elle permette à des humains qui n’aiment pas écrire de pondre des « livres » en quelques minutes… Ils affirment avoir l’intention de numériser TOUS les livres du monde. (Je ne suis pas certaine que ce soit possible, mais ils vont essayer, ça, c’est sûr.) Qu’est-ce qui les empêcherait après ça de décider qui a le droit de lire quoi, de faire disparaître certains livres, ou même de changer le contenu de ceux qu’ils n’aiment pas?

C’est très facile pour moi d’imaginer plusieurs scénarios dégueulasses à partir de là… Je suis auteure, après tout. Inventer des histoires, c’est ma passion. C’est dans ma nature.

J’essaie quand même de rester optimiste. Parce que l’Histoire a tendance à se répéter, à avoir un mouvement de balancier, à être un cercle… J’espère qu’un jour, tout ce qui a été fait à l’aide de l’IA générative va être regardé avec dédain. J’espère que l’art, l’écriture, les créations humaines, vont retrouver aux yeux de la majorité la valeur, l’aspect magique et merveilleux qu’elles n’auraient jamais dû perdre.

J’espère qu’un jour les artistes, les auteurs, et les humains en général, ne seront plus considérés comme des choses insignifiantes, jetables, qu’on devrait remplacer par des machines au nom de la rapidité, de la productivité et de la quête de profits.

J’espère.

J’espère surtout qu’à ce moment-là, je serai encore en vie pour en profiter.

En attendant, je vais continuer à écrire des livres à la main sur du papier. Je vais continuer à dessiner, à peindre, à créer de belles choses parce que j’aime ça, à les partager en espérant que d’autres vont les aimer aussi. Je vais continuer à lire des livres écrits par des humains. Je vais continuer à être humaine.

Fuck l’intelligence artificielle.

Mon plus beau linge à vaisselle

La semaine passée, j’ai reçu un linge à vaisselle par la poste. Et j’étais super contente et excitée d’ouvrir l’enveloppe!

Pourquoi?

Non, pas parce que je me suis subitement mise à aimer faire la vaisselle.

Plutôt parce que c’est moi qui ai dessiné le motif qui décore le dit linge à vaisselle.

Le voici, mon nouveau linge à vaisselle très spécial! Je l’ai fait imprimer par la compagnie montréalaise Art of Where.

Ce n’était pas la première fois que je tenais dans mes mains un produit décoré avec mon art. Mais c’était la première fois que je décorais un produit avec un motif répétitif. Et c’est devenu ma nouvelle passion!

Tout a commencé en février, quand j’ai vu passer par hasard une annonce pour un atelier en ligne gratuit offert par une artiste appelée Bonnie Christine. C’est le genre de choses qui m’arrive régulièrement, voir des annonces d’ateliers artistiques sur mon fil d’actualités sur Facebook. Et parfois, je décide de m’inscrire, par curiosité.

Je ne savais pas trop à quoi je m’attendais en découvrant le «surface pattern design», mais je ne m’attendais certainement pas à autant aimer ça!

Le design de motifs, c’est un art qui se retrouve partout, dans le fond. Sur le tissu, les vêtements, les rideaux, les cahiers, le papier peint… Chaque motif qu’on voit sur les produits en vente dans les magasins a été créé par quelqu’un. Ça semble évident, dit comme ça, mais je n’avais jamais pris le temps de réaliser ça, et de me dire que c’était une carrière possible pour une artiste.

Pendant l’atelier, Bonnie nous montrait comment créer un motif de base, et nous encourageait à en faire un. J’ai dessiné un hommage à mes amis moineaux qui sont toujours joyeux de visiter ma mangeoire.

C’est difficile de décrire la joie que je ressens quand j’ai travaillé fort pour créer un nouveau motif, que je fais l’étape finale, et que… oui, ça marche!! Mon motif se répète à l’infini, comme par magie! 🤩

Parce que, oui, suite à l’atelier gratuit, j’ai continué à créer des motifs. Je rêve que ça devienne ma nouvelle carrière un jour. (Ben, une de mes carrières, là… d’ailleurs, la révision de Sechora avance bien, lentement, mais sûrement, comme d’habitude!)

Tout ça pour dire qu’en plus d’être en amour avec mon nouveau linge à vaisselle, je viens de lancer une petite collection de motifs fleuris.

La collection touche à quatre fleurs pour le moment: des roses, des soucis, des mauves, et des marguerites.

🌸 Pour acheter une bouteille d’eau ou un bandana: boutique «Myriam est éparpillée»

🌸 Pour acheter un chandail, une robe, des bas, un coussin, un sac, un carnet de notes, ou plein d’autres articles fleuris: boutique Redbubble

D’autres motifs s’en viennent dans un futur très proche. Et je travaille aussi à la création d’un nouveau carnet de notes à colorier…

Je suis très occupée, mais malgré tout je trouve le temps de faire la vaisselle! Une fois de temps en temps. 😉

Une démarche qui se démarque

Hier, lors d’une petite discussion avec mon amie Marilyn, on a remarqué que toutes les deux, quand on peint une toile, on le fait sans nécessairement chercher à donner du sens à ce qu’on fait… On peint quelque chose parce qu’on trouve ça beau, parce qu’on veut représenter une image qu’on voit dans notre tête, sans se poser des milliers de questions.

Quand un artiste veut s’inscrire pour recevoir une bourse, ou pour participer à une exposition ou à un autre événement culturel, on lui demande de produire un dossier pour décrire sa démarche artistique… Sa démarche artistique? J’avoue que quand je vois cette question-là, j’abandonne tout de suite.

Peut-être que c’est simplement moi qui comprend mal la question… Peut-être que si on me demandait juste quelque chose comme «Dis-nous, pourquoi tu fais de l’art?» ou «Qui es-tu en tant qu’artiste?», je serais plus inspirée… Mais «Décris-nous ta démarche artistique.», pour moi, ça ne veut rien dire.

Ou plutôt, ça me donne l’impression que chaque toile, chaque dessin, chaque petite parcelle d’art produite par un artiste devrait absolument avoir un but précis: tenter de dénoncer quelque chose, mettre en valeur des matériaux recyclés, essayer de sauver le monde… comment, et pourquoi, en 1000 mots, à double interligne.

Est-ce que je ne peux pas créer quelque chose juste parce que je trouve ça beau? Parce que je trouve ça cool? Parce que j’aimerais accrocher dans ma salle de bain une toile qui fitte avec mon nouveau rideau de douche? Est-ce que mon art n’est pas de l’art, juste parce que je n’ai pas de cause plus noble que d’avoir envie, et besoin, de créer, et de vouloir le faire à ma manière?

Peut-être que ma démarche artistique à moi, c’est de me dire que de devoir décrire sa démarche artistique de manière précise et professionnelle, ce n’est pas pour moi.

Peut-être que ma démarche artistique à moi, c’est mon blogue.

Au moins, on ne m’a jamais demandé de décrire ma démarche artistique pour mes livres… Mais là, ce n’est pas pareil, non? Bien sûr, il y a des thèmes dans mes histoires, il y a des messages, des réflexions… Mais ça reste que mes histoires sont des histoires.

On peut me demander «Bon, de quoi ça parle, ton livre?», mais on ne me demandera pas d’expliquer ma démarche et mes motivations… Genre, lis le livre, et si tu en retires quelque chose, s’il te fait réfléchir sur quelque chose, tant mieux, sinon, tant pis, et j’espère que tu auras au moins apprécié l’histoire sans trop te questionner.

Je n’ai pas à expliquer ou à justifier les histoires que j’écrit, tout est là, et la personne qui les lit peut les interpréter comme elle veut. Je pense que c’est la même chose avec mon art, mes toiles et mes dessins.

Je pense que c’est pour ça que même si je peignais des centaines de toiles au cours de ma vie, elles ne seraient jamais exposées dans une galerie d’art.

Je pense que ça ne me dérange pas vraiment.

Bonjour. J’aime bien peindre. Voici ma démarche artistique.