Ourse Ardente: fin de l’extrait

Mon recueil d’histoires courtes, Ourse Ardente et 15 autres histoires, est maintenant disponible en format numérique!

Vous pouvez pour le moment le trouver sur Amazon et sur Smashwords, mais il sera bientôt disponible chez plusieurs autres détaillants en ligne… Le plus beau là-dedans, c’est qu’il ne coûte qu’environ 1$!

Merci à tous ceux qui ont pris la peine de m’encourager en achetant mon recueil… c’est-à-dire, une seule personne jusqu’à maintenant.

Si vous avez lu la première partie de l’histoire Ourse Ardente, que vous pouvez relire en cliquant ici, voici la deuxième partie:

Au début, plusieurs des membres du groupe ne la prenaient pas au sérieux. Elle, la grand-mère que les enfants du village adoraient, elle parlait fougueusement d’envahisseurs, de combat, de défense, de liberté? Bientôt, cependant, elle sut gagner le respect de tous. Plus que tout, à leurs yeux, Ourse Ardente symbolisait l’espoir.

Puisque pas l’ombre d’un soldat ne s’était encore approchée du petit village, la Résistance de Rac se réunissait une fois par semaine uniquement dans le but de partager des informations et de discuter de l’éventualité d’une attaque. Les habitants de Rac étaient majoritairement pauvres, et peu nombreux étaient ceux qui savaient se battre, mais tous soutenaient qu’ils seraient prêts à défendre chèrement leurs terres et leurs foyers contre l’envahisseur. Les membres de la Résistance échangèrent beaucoup de paroles, mais aucun véritable plan ne fut établi. Tant que Bannes résistait à l’ennemi, les habitants de Rac, s’ils ne se sentaient pas exactement en sécurité, avaient toutefois l’impression que le danger était encore loin d’eux. Au moins, les réunions de la Résistance leur donnaient l’occasion de discuter de bravoure, plutôt que de rester muets sous l’emprise de la peur.

Le temps passa. Un soir d’hiver, alors qu’Ourse Ardente était sur le point de se mettre au lit, quelqu’un frappa à sa porte. Il s’agissait d’Adelina, sa fille aînée, qui était suivie par toute sa famille. Elle raconta à sa mère et à sa soeur que Minc était maintenant occupée par les soldats du Pays d’Obajour. Adelina et sa famille avaient réussi à fuir la ville avant le début des hostilités, mais lorsqu’ils s’arrêtèrent sur une colline enneigée afin de prendre un peu de repos, ils virent que les maisons de Minc brûlaient, et ils surent que la ville était tombée.

Les grands froids de l’hiver amenèrent le désespoir et la famine. Plus aucune nourriture n’arriva à Rac en provenance des villes et villages environnants, et les voyages vers les villes plus éloignées devinrent plus ardus, voire même impossibles. Malgré le froid et les fréquentes tempêtes, les soldats ennemis n’abandonnaient pas leurs idées de conquête.

Un jour, la nouvelle que tous redoutaient arriva aux oreilles des habitants de Rac. Bannes était tombée aux mains de l’ennemi. Les soldats du Pays d’Obajour s’étaient acharnés sur la capitale, et avaient finalement massacré la plupart des soldats et des membres de la Résistance de Bannes.

À partir de ce moment, plus aucune nouvelle ne vint de l’extérieur, et la Résistance de Rac supposa que toutes les villes de la Galetrie avaient été prises, ou étaient en train de livrer leur dernier combat. Les soldats marcheraient bientôt sur Rac, et rien ne pourrait les arrêter.

Tout le monde n’était plus nourri que par la peur et le désespoir. Les habitants de Rac savaient que personne ne viendrait à leur secours, et ils savaient également que si l’armée de Bannes avait été vaincue, ils étaient eux-mêmes condamnés à la défaite.

Enfermée dans sa chambre, Oria pleurait. Elle ignorait quel sort l’attendait. Elle ne craignait pas vraiment sa propre mort, et elle aurait préféré mourir plutôt que d’être soumise à l’esclavage. Elle pleurait pour ses enfants et ses petits-enfants. Elle pleurait pour les habitants de son village, pour ceux de son pays. Elle pleurait devant la certitude que tout ce qui l’entourait allait disparaître, détruit par une cruauté qu’elle ne comprenait pas. Elle pleurait parce qu’elle avait peur, mais aussi, parce qu’elle était en colère.

Lorsqu’elle n’eut plus la force de verser la moindre larme, ses yeux brûlants se posèrent sur la fenêtre de sa chambre. Dehors, Bo et Ysa, les deux oursons orphelins, batifolaient dans la neige, attrapaient des flocons au vol, et couraient avec insouciance. Ils s’immobilisèrent soudainement, et leurs petits yeux noirs rencontrèrent ceux d’Oria et ne s’en détachèrent plus.

Au bout d’un moment, alors que les deux oursons n’avaient pas bougé, elle se leva et sortit de sa chambre. Elle constata que tous ses enfants, à l’exception de Lazlo, bien sûr, étaient rassemblés dans sa cuisine, dans un silence triste et angoissé. Ses sept petits-enfants jouaient ensemble dans le salon, mais sans leur gaieté habituelle. Elle s’approcha de Joni et lui demanda si la réunion de la Résistance allait avoir lieu, tel que prévu. Joni répondit qu’il savait que personne ne viendrait, et qu’il n’y avait plus aucun espoir de toute façon.

La petite Bess s’approcha de sa grand-mère, qui la prit tendrement dans ses bras. Elle embrassa la joue de sa petite-fille, puis regarda ses trois enfants l’un après l’autre.

Elle dit ensuite au Chef de la Résistance qu’Ourse Ardente souhaitait parler aux habitants de Rac. Ses enfants la questionnèrent, mais elle leur expliqua qu’elle ne savait pas encore exactement ce qu’elle voulait leur dire. Ce n’était pas sa bouche qui parlerait, mais son coeur.

Sans prendre le temps de s’habiller plus chaudement, elle sortit à l’extérieur en tenant toujours Bess dans ses bras. Après un moment d’hésitation, le reste de sa famille la suivit. Ils virent que plusieurs personnes étaient déjà rassemblées au centre du village. Un jeune homme qui s’était aventuré de l’autre côté du fleuve avait rapporté qu’il avait aperçu un groupe de soldats qui provenaient de Bannes, et qui s’avançaient vers le village. Malgré la panique et l’agitation qui s’étaient emparées de tous, Ourse Ardente réussit à se faire entendre.

Elle se tenait droite et fière, serrant sa petite-fille dans ses bras. Sa famille était derrière elle. Les deux oursons arrivèrent tout à coup en trottinant, et s’assirent dans la neige à ses pieds. Et elle parla.

Elle parla brièvement de sa peine et de son incompréhension. Elle parla de sa vie, et de la vie de tous les habitants de la Galetrie, qui était si paisible avant le début de toute cette folie. Elle dit des choses qu’elle n’avait jamais su comment exprimer, et qu’elle avait l’impression de découvrir en même temps que ceux qui l’écoutaient. Elle dit qu’elle croyait que leurs véritables ennemis n’étaient pas les soldats du Pays d’Obajour et leurs dirigeants.

Leurs véritables ennemis, c’étaient la peur, le désespoir et l’inaction. C’étaient ces sentiments que le Pays d’Obajour convoitait, et non un quelconque minerai qui n’existait probablement pas. La peur et la colère les rendaient plus fort, et leur permettaient d’avancer; le courage devrait les affaiblir.

Ourse Ardente comprit soudainement ce qu’elle devait faire afin de sauver son village. Elle devait marcher, et faire face aux soldats. Elle n’arrivait pas à expliquer d’où venait cette certitude inébranlable qui grandissait en elle, mais elle demanda à ceux qui l’écoutaient de la suivre.

Certains dirent qu’elle avait perdu la tête, et retournèrent se cacher chez eux. D’autres doutaient, mais se dirent que puisque les soldats venaient déjà vers eux, ils n’avaient plus grand-chose à perdre. D’autres encore ressentaient la même détermination et la même assurance qu’ils décelaient dans les yeux et dans les paroles d’Ourse Ardente.

Elle se mit en marche, et les deux oursons trottinaient à ses côtés. Sa famille la suivait, ainsi que plusieurs habitants de Rac. Ils quittèrent le village et se dirigèrent vers le pont qui enjambait le fleuve gelé.

La lumière du jour déclina rapidement, et le vent se leva. La neige qui tombait en grappes brillantes semblait dessiner de longs filaments tourmentés dans le ciel sombre. Et les habitants de Rac marchaient. Plusieurs d’entre eux se tenaient par la main, et tous les visages n’exprimaient qu’une calme résolution. Le froid mordait leur peau, et leur cause semblait perdue, mais aucun d’eux ne pensa à rebrousser chemin. Ils suivaient Ourse Ardente, qui avait su leur redonner l’espoir qu’ils avaient perdu, et ils voulaient croire qu’ils marchaient maintenant vers leur victoire et leur liberté.

Ils franchirent le pont, et avancèrent encore un moment avant de s’arrêter. Devant eux, des silhouettes sombres commençaient à émerger lentement de la tempête. Plusieurs des soldats portaient des lanternes, et d’autres, de hautes bannières aux couleurs du Pays d’Obajour. Les habitants de Rac restèrent immobiles, et attendirent.

Un des soldats, qui ne portait ni bannière ni lanterne, fit signe au reste de la troupe de s’arrêter. Il s’approcha ensuite d’Ourse Ardente et du groupe de villageois pauvrement vêtus et non armés qui l’accompagnait.

Le regard rigide du soldat rencontra celui d’Ourse Ardente, et celle-ci, avec stupeur, reconnut son fils Lazlo. Son coeur de mère se brisa, et il s’en fallut de peu qu’elle ne tombe à genoux dans la neige.

Mais elle resta debout, et soutint le regard de son fils. Dans ses yeux, elle vit une lueur qu’elle ne reconnaissait pas.

Au bout d’un long moment, Lazlo se retourna et ordonna à ses soldats de repartir. Lorsque son fils disparut dans la tempête, Oria se mit à sangloter en silence. Ses larmes se figèrent au bout de ses cils et sur ses joues glacées. Adelina s’approcha et prit sa fille Bess dans ses bras, tandis que Joni et Tasha firent ce qu’ils pouvaient pour soutenir leur mère. Personne n’osa prononcer le moindre mot, et les habitants de Rac retournèrent lentement dans leur village.

Le lendemain, le ciel était pur, sans nuages, et le soleil était radieux. Rac était libre, et ce jour-là, ainsi qu’au cours des jours qui suivirent, des nouvelles étonnantes parvinrent aux oreilles des villageois. Les soldats du Pays d’Obajour avaient quitté Bannes, et quittèrent également tous les villes et les villages qu’ils avaient pris par la force. La paix se réinstalla peu à peu d’un bout à l’autre de la Galetrie, sans que personne ne sache ce qui avait incité l’ennemi à partir.

Mais un peu partout certains racontèrent, et continuèrent de raconter dans les années qui suivirent, qu’ils avaient aperçu à plusieurs reprises un ours gigantesque, au pelage teinté de roux, qui pourchassait des soldats effrayés en grognant.

***

Vous pouvez en apprendre plus sur mon recueil ici: https://myriamplante.com/recueil.htm

Ourse Ardente et les livres numériques

Que vous les appeliez livres numériques, livres électroniques, ou ebooks, je pense que ça n’a pas vraiment d’importance. J’ai déjà lu des articles qui prédisaient que les livres numériques allaient éventuellement remplacer les livres en papier, un peu comme la musique en ligne est supposée prendre la place des CDs.

Dans les deux cas, j’ai des gros doutes. Je n’ai jamais rencontré personne qui aimait vraiment les livres numériques.

En fin de semaine, j’étais à Trois-Rivières pour La Pause Littéraire. En plus de présenter mon roman Le Parfum du Vent, j’offrais aux gens de recevoir gratuitement, par courriel, mon nouveau recueil d’histoires courtes. Une seule personne était intéressée par mon offre.

La plupart des gens disaient qu’ils n’aimaient pas les livres numériques, et qu’ils préféraient les livres en papier. Je suis tout à fait d’accord! Par contre, je crois que les livres numériques ont certains avantages…

Premièrement, pour moi, ils ne coûtent rien à produire… à part du temps. Si j’ai des choses à changer ou des fautes à corriger, il me suffit de mettre une nouvelle version de mon document sur internet. Les corrections ne se font pas aussi facilement sur un livre imprimé!

Comme ça ne me coûte rien à produire, je peux les offrir pour pas cher. Dans le cas de mon nouveau recueil, Ourse Ardente et 15 autres histoires, je l’offre pour environ 1$. C’est certain que je ne me rendrai pas riche avec ça, et ce n’est pas mon but. Mon but, c’est que mes histoires soient lues et, je l’espère, appréciées.

Pensez-y: je suis peut-être votre prochaine auteure préférée! Mais vous ne le savez pas, parce que vous ne me connaissez pas, et vous n’avez jamais lu aucun de mes livres. Donc, vous n’avez pas vraiment de bonne raison de payer 20$ ou 25$ pour acheter mon roman, celui imprimé sur du papier. (Sauf peut-être si vous ne savez plus quoi faire de votre argent, ou que vous êtes attiré par l’image de couverture et par le résumé de mon livre, ou encore, qu’une personne que vous connaissez vous l’a recommandé, ce qui est peu probable.)

Mon roman n’est pas disponible en librairies, mais même s’il l’était, je ne sais pas si j’en vendrais beaucoup. Si vous ne me connaissez pas, vous n’allez probablement pas vous jeter sur mon livre dans une librairie. Et ce n’est certainement pas le fait de me rencontrer et de m’écouter parler de mon livre pendant une minute ou deux qui va vous convaincre de l’acheter… Je n’ai vendu qu’un seul roman à La Pause Littéraire.

Quelle est donc la solution pour que vous puissiez découvrir si je suis votre future auteure préférée, ou pas? C’est simple: les livres numériques!

Ourse Ardente peut être à vous pour environ 1$… Ce n’est pas cher, c’est parfait pour essayer, pour goûter, pour savoir si vous aimez ma façon d’écrire et mon imagination, ou si mes histoires ne sont pas faites pour vous. C’est aussi un bon prix pour simplement encourager une fille qui rêve d’écrire des livres depuis longtemps. Acheter mon recueil, c’est une façon de me donner une petite tape dans le dos et de me dire, «Continue comme ça, c’est bon c’que tu fais, pis c’est important de réaliser ses rêves!»

Un livre numérique à 1$, c’est tellement pas cher, et ça me fait tellement plaisir de pouvoir le partager avec vous, qu’il n’existe presque pas de bonnes raisons de ne pas l’acheter! Et si vous ne l’aimez pas… Donnez-le à quelqu’un d’autre, ou supprimez-le de votre ordinateur ou de votre tablette. «Clic! Le recueil numérique pas bon est disparu!»

Si vous l’aimez, peut-être que ça vous donnera envie d’acheter aussi Le Parfum du Vent en version numérique, pour environ 4$. Si vous aimez vivre dangereusement, vous pourriez même avoir envie d’acheter une version imprimée de mon roman, un vrai livre en papier, livré chez vous pour 30$, ce qui inclut le 10$ de livraison que Postes Canada me charge quand j’envoie mon livre par la poste.

Tout ça pour dire que je pense que les livres numériques peuvent être une belle manière de découvrir de nouveaux auteurs, à qui vous n’auriez pas nécessairement donné de chance si vous aviez aperçu leur livre à 20 ou 30$ dans une librairie.

Oh et… Ourse Ardente et 15 autres histoires sera sûrement disponible en version papier éventuellement… Mais ça coûtera plus cher que 1$!

Cliquez sur l'image pour voir mon recueil sur Amazon!

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Commentaires sur Ourse Ardente et 15 autres histoires

Page couverture du recueil Ourse Ardente.

Si tu as lu le recueil Ourse Ardente et 15 autres histoires, tu peux me laisser tes commentaires en utilisant l’encadré tout en bas de cette page.

As-tu une histoire préférée dans le recueil? Ou un personnage préféré, peut-être? As-tu remarqué certains liens entre différentes nouvelles?

J’aimerais ça savoir ce que tu as pensé de mon livre!

Mais si tu n’as pas encore lu Ourse Ardente, tu peux commencer par lire les commentaires des autres. Ensuite, tu peux lire mon recueil, qui à mon humble avis est encore plus captivant!

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Ourse Ardente: un extrait

Je travaille toujours à la correction de mes histoires courtes… J’ai presque terminé.

Dès que mon recueil sera prêt en version numérique, il sera envoyé à tous les gens merveilleux qui ont participé à mon projet Livrez au Suivant en me fournissant une phrase à partir de laquelle j’ai écrit une histoire.

Ceux et celles qui n’ont pas participé au projet pourront aussi se procurer le recueil, pour une somme très modique. Les histoires sont écrites dans des styles différents, et je crois qu’il y en aura pour tous les goûts.

En attendant, voici un extrait de l’histoire qui a inspiré l’image de couverture ainsi que le titre de mon recueil: Ourse Ardente. Cette histoire a été écrite à partir de la phrase de France Brière.

Ourse Ardente

Mère pour la vie, mère et grand-mère. Oria avait toujours été fière de ces deux rôles. Son mari était mort depuis longtemps. Elle avait élevé ses quatre enfants seule, et lorsque trois d’entre eux se marièrent et eurent à leur tour des enfants, elle se donna pour mission de devenir la grand-mère idéale. Elle s’était montrée à la hauteur de sa mission, si bien que tous les enfants du petit village de Rac s’étaient mis à l’appeler Grand-maman. Elle en était ravie. Son coeur était assez grand pour tous. Elle s’occupait même de Bo et Ysa, deux oursons orphelins qui la visitaient souvent et qui avaient besoin de nourriture et de réconfort.

Elle n’avait jamais eu peur de travailler dur, et elle avait toujours su se débrouiller avec presque rien. Elle aimait sa famille plus que tout, et sa vie était remplie de bonheur. Rien au monde ne la rendait plus heureuse que de passer un après-midi dans son jardin ensoleillé, entourée de ses sept petits-enfants et de ses oursons.

Mais depuis quelques mois, une ombre s’installait peu à peu dans son coeur. La situation du pays était instable. Le Pays d’Obajour, à la frontière est de la Galetrie, avait commencé à s’emparer de quelques villages. Des soldats s’attaquaient fréquemment à Bannes, la capitale de la Galetrie, qui se trouvait près du village de Rac, de l’autre coté du fleuve. Malgré l’opposition de sa mère, Lazlo, son fils aîné, avait décidé de rejoindre l’armée de Bannes qui s’affairait à repousser les envahisseurs.

Le Pays d’Obajour menaçait d’envahir la Galetrie depuis plusieurs années, mais personne ne s’attendait vraiment à les voir un jour passer à l’acte. Et personne en Galetrie ne savait pour quelle raison leurs terres étaient tant convoitées par leurs voisins de l’est. Certains racontaient qu’ils étaient intéressés par un minerai précieux qui abondait dans le sol, mais personne n’aurait pu dire de quel minerai il s’agissait. D’autres disaient que les familles riches du Pays d’Obajour étaient tout simplement à la recherche d’esclaves.

Oria se préoccupait peu de savoir ce qui motivait réellement ces comportements hostiles. Elle n’avait jamais rien compris à la guerre, ni à la violence. Elle aurait aimé pouvoir tout simplement nier leur existence, et continuer à croire qu’elle serait toujours à l’abri chez elle, où vivaient aussi Tasha, sa plus jeune fille, avec ses enfants Sarine et Pel. Elle savait cependant qu’un jour ou l’autre, les habitants de Rac seraient en danger.

Elle le savait, parce qu’elle entendait chaque jour des nouvelles inquiétantes. Si elle tenait à se garder au courant de l’avancement des troupes du Pays d’Obajour, c’était d’abord et avant tout parce qu’elle espérait recevoir des nouvelles de Lazlo. Depuis qu’il était parti pour Bannes, il semblait que personne ne l’avait vu. Elle parlait chaque jour avec les villageois, surtout avec ceux qui voyageaient fréquemment entre Rac et la capitale, ou qui se rendaient souvent dans d’autres villes et villages du pays. Aucun d’entre eux ne pouvait lui dire où était son fils, ni ce qui lui était arrivé. Il avait rejoint l’armée de Bannes, puis, semblait-il, il avait disparu.

En revanche, on rapportait presque chaque jour qu’un nouveau village était tombé aux mains de l’envahisseur, ou encore que les soldats de Bannes combattaient vaillamment afin de garder leurs positions.

Les jours passaient, et aucune nouvelle de son fils aîné ne parvenait à ses oreilles. La peur était sur toutes les lèvres, dans tous les regards. Oria tentait de masquer ses inquiétudes afin de ne pas attrister ses petits-enfants, mais ceux-ci sentaient tout de même que quelque chose n’allait pas.

Sa fille aînée Adelina habitait la ville de Minc avec son mari Ryn et leurs quatre enfants Drad, Bess, Iss et Artin. Ils venaient souvent la visiter à Rac, mais depuis que la situation du pays avait commencé à se détériorer, leurs visites se faisaient de plus en plus rares. Même son plus jeune fils Joni, qui habitait Rac avec sa femme Lila et leur fille Eresa, venait la voir de moins en moins souvent. Lui qui était d’ordinaire si souriant avait maintenant un air soucieux et craintif dont il ne se défaisait plus.

Vers le milieu de l’automne, elle implora Joni de l’accompagner jusqu’à Bannes. Elle sentait qu’elle n’arriverait pas à savoir si quelque chose était arrivé à Lazlo, mais elle tenait tout de même à se rendre sur place afin d’y glaner le plus d’informations possible.

Ils se rendirent donc à Bannes, où ils apprirent rapidement que des mouvements de résistance étaient en train de s’organiser dans plusieurs des villes du pays. Les habitants se rassemblaient pour discuter de ce qu’ils savaient des actions de l’ennemi, et les plus braves d’entre eux étaient prêts à assister l’armée de Bannes, ou encore à repousser les soldats du Pays d’Obajour de leur propre initiative.

Car partout dans les rues de Bannes, on racontait que l’ennemi avait l’intention de prendre toute la Galetrie par la force, une ville à la fois. Oria et Joni discutèrent avec beaucoup de gens, mais comme ils s’y attendaient, personne ne put les renseigner sur le sort de Lazlo, pas même le haut gradé de l’armée de Bannes qu’ils parvinrent à rencontrer.

Déçus, ils rentrèrent à Rac. Ils ramenèrent de leur court voyage de nouvelles inquiétudes, mais aussi de nouvelles idées; ils allaient inciter les habitants de leur village à se joindre au mouvement de résistance.

Ils parlèrent de leurs intentions à ceux qui voulurent les écouter, et bientôt, les plus vaillants décidèrent de se joindre à eux. Avec 12 membres, la Résistance de Rac commença ses activités. On donna à Joni le titre de Chef. Quant à Oria, dont l’implication dans ce groupe étonnait plusieurs personnes, elle reçut le nom de code Ourse Ardente, et ce nom lui plaisait beaucoup.

Fin… de l’extrait!

Illustrer la couverture d’un livre, partie 5

Voici la dernière partie de la série Illustrer la couverture d’un livre!

À la fin de la partie 4, j’avais ajouté quelques touches de couleurs aux silhouettes de mes personnages. En continuant mon travail, j’ai pris pleiiin de photos, de plein de petites étapes, et là, en les regardant, je ne vois plus vraiment les différences d’une photo à l’autre. Je vais donc essayer de vous partager les photos qui montrent le plus l’évolution de la toile.

Ici, j’ai surtout travaillé la neige:

C'est plus l'hiver ici que dehors.

C’est plus l’hiver ici que dehors.

J’ai ajouté des ombres et des détails à la neige:

Brrr!

Brrr!

Ensuite, j’ai une série de photos floues qui essaient de montrer que le haut du ciel est devenu plus foncé. Finalement, ça a donné ça:

Tout à l'air tranquille... Que va-t-il se passer maintenant?

Tout à l’air tranquille… Que va-t-il se passer maintenant?

À cette étape-là, la toile aurait pu avoir l’air d’être finie. Mais il manquait un élément très, très important… Un élément qui allait tout changer.

Une tempête de neige!

Oh oh! Le vent se lève!

Oh oh! Le vent se lève!

Les premiers flocons tombent...

Les premiers flocons tombent…

Tempêêête!

Tempêêête!

Et finalement…

Voici le résultat!

Voici le résultat!

C’est comme ça qu’avec du matériel d’artiste peu coûteux et beaucoup de temps, j’ai créé l’image qui se retrouvera sur la page couverture de mon recueil d’histoires courtes.

Mes 16 histoires sont écrites… Il me reste à les réviser et à les corriger. J’ai hâte de pouvoir les partager avec vous!

Le futur de Gontrand le Chevalier

J’ai souvent parlé de Gontrand le Chevalier dans mon blogue, et ceux qui suivent mon blogue avec attention le connaissent déjà. Pour ceux et celles qui ne le connaissent pas du tout, ou pas beaucoup, sachez que Gontrand le Chevalier est un personnage de bande dessinée que j’ai inventé quand j’étais en secondaire 5.

Gontrand est un chevalier mystérieux… Ce n’est pas un humain dans une armure, c’est juste une armure. Ce n’est pas précisé nulle part dans la bande dessinée, mais c’est un petit secret que je vous révèle ici. Gontrand vit dans un monde médiéval imaginaire, plutôt absurde et coloré. Même si c’est un humble héros plein de bonnes intentions, il n’est pas exactement héroïque…

Gontrand lors de l'une de ses premières apparitions, en 2007.

Gontrand lors de l’une de ses premières apparitions, en 2007.

Sa première aventure a été racontée en noir et blanc, dans de minuscules cases dans mon agenda scolaire, sur l’heure du midi, pas pendant les cours, évidemment. (Ici, j’aimerais vous montrer un exemple de cette première histoire, mais je n’ai pas mon vieil agenda sous la main pour le moment… Ça ira à une autre fois.)

C’est longtemps après mon secondaire, en 2007, que j’ai eu l’idée de reprendre l’histoire de Gontrand et de la développer, d’en faire un «vrai» projet de bande dessinée. Je ne savais pas trop où je m’en allais, mais grâce à des crayons feutres noirs et à des notions de Photoshop acquis au Cégep, je me suis lancée dans la création de la première aventure de Gontrand le Chevalier, intitulée Il Faut Sauver la Princesse Gisèle.

J’ai aussi créé un site internet pour partager les aventures de Gontrand avec d’autres personnes. Dans le temps, je lui avais fait une page MySpace… Maintenant, Gontrand est sur Facebook.

J’aime organiser des concours pour faire participer les gens à l’univers de Gontrand de différentes façons, et pour leur donner la chance d’apparaître dans la bande dessinée, ou de gagner des prix. Malheureusement, il n’y a pas beaucoup de monde qui participe à mes différents concours… En fait, de manière générale, il n’y a pas beaucoup de monde qui s’intéresse aux aventures de Gontrand. Peut-être, entre autres raisons, parce que ça m’a pris une éternité à compléter la première histoire, et parce que Facebook ne montre mes publications qu’à un tout petit nombre des gens qui ont aimé la page de Gontrand.

Quoi qu’il en soit, après des années de travail, j’ai enfin terminé ce qui deviendra le tout premier album des aventures de Gontrand! La dernière page est presque terminée, et devrait se retrouver sur Facebook et sur le site de Gontrand dans les prochains jours. Hourraa!!

Depuis le début, je me dis que quand j’aurai complété l’histoire, je veux la publier dans un vrai album de BD, et pas seulement en ligne. Il y a aussi quelques personnes qui m’ont dit que je devrais publier ça, et me faire de l’argent.

Seulement, voilà… Je sais que Gontrand le Chevalier, malgré tout mon travail, n’est pas une «vraie» bande dessinée. Je ne pourrais pas vraiment expliquer pourquoi… Je sais juste que ce n’est pas le cas.

Je ne suis pas une bédéiste professionnelle, et je ne le serai jamais. Ça n’a jamais été mon but. J’ai grandi avec Astérix et Obélix, Iznogoud, Tintin, Lucky Luke, Gaston Lagaffe, Spirou et Fantasio, et quelques autres, mais je ne suis pas vraiment au courant de ce qui se passe dans le monde de la bande dessinée aujourd’hui, que ce soit au Québec ou ailleurs. Je n’ai pas vraiment le temps: j’essaie d’écrire des livres, et j’ai une immense pile de livres à lire, et je travaille sur les aventures de Gontrand le Chevalier…

Mais même si Gontrand le Chevalier n’est pas une bande dessinée professionnelle, c’est une bande dessinée quand même. C’est MA bande dessinée, faite à ma manière. Je sais qu’elle est loin d’être parfaite, et je sais aussi que c’est ce qui la rend unique.

Donc, puisque la première aventure est terminée, j’ai bien l’intention d’en faire un album, un vrai album, ne serait-ce que pour ma propre satisfaction, et pour le plaisir des quelques fans de Gontrand qui suivent ses aventures depuis le début et qui attendent toujours la prochaine page avec impatience.

Pour mon premier roman, j’ai choisi de publier à compte d’auteure avec Les carnets de Dame Plume. Pour Gontrand le Chevalier, je suis tentée de publier à compte d’auteure avec moi-même, probablement par le biais d’un site internet qui permet de créer son livre, et de le vendre en ligne ou d’en faire imprimer de petites quantités à la fois. Je n’ai pas encore cherché la meilleure option, mais je crois que c’est ce que je vais faire. Être responsable de tout, de la page couverture, de la mise en page et de l’apparence finale de ma bande dessinée, ça me tente, et je trouve que ça fait du sens avec ce projet-là.

Il me reste donc encore du travail à faire avant de pouvoir dire que le premier album des aventures de Gontrand le Chevalier est terminé, et qu’il est prêt à être acheté par ceux que ça intéresse. C’est un projet que je trouve amusant, et je sais que je vais être fière de moi quand je vais enfin tenir dans mes mains ma bande dessinée, ma bande dessinée parfaitement imparfaite, que j’ai créée moi-même, tout seule comme une grande, du début à la fin!

Oh, et ne vous inquiétez pas… Il y aura un deuxième album des aventures de Gontrand. L’aventure ne s’arrêtera pas là pour cet humble chevalier!

Si vous voulez rester au courant des prochaines nouvelles concernant ce projet, vous pouvez suivre Gontrand le Chevalier sur Facebook, mais c’est encore mieux de s’inscrire à sa liste de diffusion, en cliquant ici.

Illustrer la couverture d’un livre, partie 4

La conclusion de la partie 3 de cette série était que mon matériel d’artiste cheap, acheté au Dollarama, me compliquait un peu la vie.

Plusieurs heures de travail et plusieurs couches de peinture plus tard, ma toile ressemble de plus en plus à ce à quoi je veux qu’elle ressemble… C’est bon signe!

Voici donc, en photos, l’évolution de mon oeuvre:

Une couche épaisse de bleu pâle, dans le bas du ciel!

Une couche épaisse de bleu pâle, dans le bas du ciel!

Un dégradé de bleu plus foncé...

Un dégradé de bleu plus foncé…

À un moment donné, j’ai eu l’idée de prendre une photo de mon espace de travail. Mon espace de travail, qui est situé sur le plancher de ma chambre, et qui comprend toutes sortes de beaux objets…

Une vue inspirante, n'est-ce pas?

Une vue inspirante, n’est-ce pas?

Puis, comme je n’étais pas contente des performances de mon pinceau numéro 1, je suis allée me procurer du renfort.

Deux nouveaux mini pinceaux!

Deux nouveaux mini pinceaux!

Ces pinceaux m’ont coûté 1$ chacun, aux Escomptes Lecompte. J’avais déjà acheté des pinceaux comme ceux-là, et ils allaient très bien. Pas besoin de coupe de cheveux, capacité de peindre des minis détails…

Malheureusement, ces deux-là ont décidé de me niaiser et deviennent tout échevelés dès que je les trempe dans l’eau, ce qui est une chose que je fais souvent quand je peinture. Tremper mes pinceaux dans l’eau, pas devenir échevelée.

Je suis quand même plus satisfaite d’eux que de mon premier pinceau numéro 1. J’ai donc pu retravailler les détails de mes personnages.

Ça s'en vient bien!

Ça s’en vient bien!

Tout à l’heure, j’ai aussi ajouté des touches de couleur…

Des teintes de brun, du jaune doré, et du vert... Mais le vert ne ressort pas du tout sur la photo.

Des teintes de brun, du jaune doré, et du vert… Mais le vert ne ressort pas du tout sur la photo.

Je suis satisfaite jusqu’à maintenant… Mais ce n’est pas encore terminé!

Parlant de travail pas encore terminé, il ne me reste qu’une seule histoire à écrire pour mon fameux recueil! Cette histoire commencera par la phrase «Ça m’a complètement sorti de la tête.»…