Les avantages de ne pas être lue

Aujourd’hui, j’ai reçu un courriel que je m’étais écrit le 12 mars 2014.

Oui oui! C’est grâce au site Futureme.org, qui permet d’écrire et d’envoyer une lettre à son soi-même du futur, à la date de son choix. Ça ne sert pas à grand-chose, mais ça peut être une manière amusante de voir comment sa vie a changé avec les années.

Le 12 mars 2014, donc, je disais que j’étais en train de réviser le texte de Le Parfum du Vent en vue de le faire publier. Je trouvais ça stressant, et je n’étais pas certaine si j’allais réussir à rejoindre des gens avec mon histoire, ou si mon livre allait passer complètement inaperçu.

Ouins… 2 ans plus tard, oui, je suis officiellement devenue une auteure, mais on ne peut pas dire que j’ai un fan club. J’ai vendu des livres, oui, mais j’ai la très forte impression que la majorité des gens qui les ont achetés ne les ont pas (encore?) lus, et ne les liront peut-être jamais.

Dans mon courriel écrit en 2014, je demandais à ma moi du futur si elle allait avoir publié d’autres livres rendue en 2016. Eh bien, oui… J’ai récemment publié un recueil d’histoires courtes, en version numérique (et bientôt en version imprimée!!). Même si je le vends pour 1$, une seule personne l’a acheté. 3 personnes que je ne connais pas l’ont téléchargé, mais uniquement parce qu’il était gratuit dans le cadre d’une promotion sur Smashwords.

Passer inaperçue, c’est ma spécialité.

Pour ne pas me décourager pendant ma lente ascension vers les nébuleux sommets de la popularité littéraire, je me suis demandé s’il existait des avantages, pour une auteure, de ne pas être lue. Et j’en ai trouvé! Voici donc:

Les avantages de ne pas être lue

  • Puisque le nombre de gens qui ont lu mon roman et qui ont été inspirés à laisser leurs commentaires sur leur appréciation de leur lecture peut se compter sur les doigts d’une main, je sais qu’il n’existe aucune critique cruelle et non-constructive de mon oeuvre nulle part sur internet.
  • Il n’y a pas grand monde pour me supplier d’écrire plus vite parce qu’ils sont impatients de lire mon prochain livre, ce qui fait que je peux avancer à mon rythme sans me sentir trop coupable de laisser mes admirateurs en détresse.
  • C’est plus facile pour moi d’écrire ce que j’ai envie d’écrire, sans me demander si mes lecteurs vont aimer ou ne pas aimer ce que je fais.
  • Je ne pourrai jamais m’enfler la tête avec mon succès fulgurant, au point de ne pas être capable de sortir de chez nous.
  • Je ne reçois pas de milliers de lettres d’admirateurs en délire ou d’invitations à des galas ou autres événements littéraires, ce qui me laisse plus de temps pour écrire et me concentrer sur mes différents projets.
  • Je n’ai pas le choix de continuer à penser à des manières créatives d’attirer l’attention sur mes oeuvres… à répétition, parce que ça ne marche jamais.

Justement! Il sera bientôt possible d’acheter le recueil Ourse Ardente et 15 autres histoires en version vrai livre imprimé, avec de belles petites illustrations, une pour chaque histoire.

J’ai envie de faire un petit concours, et d’offrir une copie dédicacée du recueil à une des personnes qui sont inscrites à ma liste de diffusion. Si vous êtes déjà sur la liste, vous saurez bientôt comment participer à ce concours. Si vous n’êtes pas sur la liste, vous pouvez vous inscrire ici: http://www.myriamplante.com/fr/nouvelles.htm

Voici l'illustration qui accompagnera l'histoire Ourse Ardente, dans la version imprimée de mon recueil d'histoires courtes!

Voici l’illustration qui accompagnera l’histoire Ourse Ardente, dans la version imprimée de mon recueil d’histoires courtes!

Les liens entre les histoires

Si vous avez lu mon recueil d’histoires courtes, Ourse Ardente et 15 autres histoires, vous avez peut-être remarqué qu’il y avait certains liens entre les différentes histoires.

Si vous ne l’avez pas encore lu, eh bien, qu’attendez-vous? Vous pouvez trouver mon recueil sur Amazon, iTunes, et sur d’autres sites qui vendent des livres numériques, pour un peu plus qu’un dollar. Ce n’est pas beaucoup d’argent, ça me ferait plaisir d’en vendre plus qu’une seule copie, et vous pourriez même passer un agréable moment de lecture!

Comme mon recueil compte 16 histoires courtes écrites dans des styles différents, j’ai eu l’idée de les relier entre elles de plusieurs manières, pour que le tout semble plus cohérent. Un peu avant d’avoir terminé l’écriture des histoires, j’ai eu la bonne idée d’écrire les liens entre les histoires sur une feuille, pour ne pas les oublier.

Avez-vous trouvé des liens? Quelles sont vos histoires préférées?

Voici ma feuille de liens… En cliquant dessus, vous devriez arriver à la voir en plus gros, et à lire ce qui est écrit!

Ourse Ardente: fin de l’extrait

Mon recueil d’histoires courtes, Ourse Ardente et 15 autres histoires, est maintenant disponible en format numérique!

Vous pouvez pour le moment le trouver sur Amazon et sur Smashwords, mais il sera bientôt disponible chez plusieurs autres détaillants en ligne… Le plus beau là-dedans, c’est qu’il ne coûte qu’environ 1$!

Merci à tous ceux qui ont pris la peine de m’encourager en achetant mon recueil… c’est-à-dire, une seule personne jusqu’à maintenant.

Si vous avez lu la première partie de l’histoire Ourse Ardente, que vous pouvez relire en cliquant ici, voici la deuxième partie:

Au début, plusieurs des membres du groupe ne la prenaient pas au sérieux. Elle, la grand-mère que les enfants du village adoraient, elle parlait fougueusement d’envahisseurs, de combat, de défense, de liberté? Bientôt, cependant, elle sut gagner le respect de tous. Plus que tout, à leurs yeux, Ourse Ardente symbolisait l’espoir.

Puisque pas l’ombre d’un soldat ne s’était encore approchée du petit village, la Résistance de Rac se réunissait une fois par semaine uniquement dans le but de partager des informations et de discuter de l’éventualité d’une attaque. Les habitants de Rac étaient majoritairement pauvres, et peu nombreux étaient ceux qui savaient se battre, mais tous soutenaient qu’ils seraient prêts à défendre chèrement leurs terres et leurs foyers contre l’envahisseur. Les membres de la Résistance échangèrent beaucoup de paroles, mais aucun véritable plan ne fut établi. Tant que Bannes résistait à l’ennemi, les habitants de Rac, s’ils ne se sentaient pas exactement en sécurité, avaient toutefois l’impression que le danger était encore loin d’eux. Au moins, les réunions de la Résistance leur donnaient l’occasion de discuter de bravoure, plutôt que de rester muets sous l’emprise de la peur.

Le temps passa. Un soir d’hiver, alors qu’Ourse Ardente était sur le point de se mettre au lit, quelqu’un frappa à sa porte. Il s’agissait d’Adelina, sa fille aînée, qui était suivie par toute sa famille. Elle raconta à sa mère et à sa soeur que Minc était maintenant occupée par les soldats du Pays d’Obajour. Adelina et sa famille avaient réussi à fuir la ville avant le début des hostilités, mais lorsqu’ils s’arrêtèrent sur une colline enneigée afin de prendre un peu de repos, ils virent que les maisons de Minc brûlaient, et ils surent que la ville était tombée.

Les grands froids de l’hiver amenèrent le désespoir et la famine. Plus aucune nourriture n’arriva à Rac en provenance des villes et villages environnants, et les voyages vers les villes plus éloignées devinrent plus ardus, voire même impossibles. Malgré le froid et les fréquentes tempêtes, les soldats ennemis n’abandonnaient pas leurs idées de conquête.

Un jour, la nouvelle que tous redoutaient arriva aux oreilles des habitants de Rac. Bannes était tombée aux mains de l’ennemi. Les soldats du Pays d’Obajour s’étaient acharnés sur la capitale, et avaient finalement massacré la plupart des soldats et des membres de la Résistance de Bannes.

À partir de ce moment, plus aucune nouvelle ne vint de l’extérieur, et la Résistance de Rac supposa que toutes les villes de la Galetrie avaient été prises, ou étaient en train de livrer leur dernier combat. Les soldats marcheraient bientôt sur Rac, et rien ne pourrait les arrêter.

Tout le monde n’était plus nourri que par la peur et le désespoir. Les habitants de Rac savaient que personne ne viendrait à leur secours, et ils savaient également que si l’armée de Bannes avait été vaincue, ils étaient eux-mêmes condamnés à la défaite.

Enfermée dans sa chambre, Oria pleurait. Elle ignorait quel sort l’attendait. Elle ne craignait pas vraiment sa propre mort, et elle aurait préféré mourir plutôt que d’être soumise à l’esclavage. Elle pleurait pour ses enfants et ses petits-enfants. Elle pleurait pour les habitants de son village, pour ceux de son pays. Elle pleurait devant la certitude que tout ce qui l’entourait allait disparaître, détruit par une cruauté qu’elle ne comprenait pas. Elle pleurait parce qu’elle avait peur, mais aussi, parce qu’elle était en colère.

Lorsqu’elle n’eut plus la force de verser la moindre larme, ses yeux brûlants se posèrent sur la fenêtre de sa chambre. Dehors, Bo et Ysa, les deux oursons orphelins, batifolaient dans la neige, attrapaient des flocons au vol, et couraient avec insouciance. Ils s’immobilisèrent soudainement, et leurs petits yeux noirs rencontrèrent ceux d’Oria et ne s’en détachèrent plus.

Au bout d’un moment, alors que les deux oursons n’avaient pas bougé, elle se leva et sortit de sa chambre. Elle constata que tous ses enfants, à l’exception de Lazlo, bien sûr, étaient rassemblés dans sa cuisine, dans un silence triste et angoissé. Ses sept petits-enfants jouaient ensemble dans le salon, mais sans leur gaieté habituelle. Elle s’approcha de Joni et lui demanda si la réunion de la Résistance allait avoir lieu, tel que prévu. Joni répondit qu’il savait que personne ne viendrait, et qu’il n’y avait plus aucun espoir de toute façon.

La petite Bess s’approcha de sa grand-mère, qui la prit tendrement dans ses bras. Elle embrassa la joue de sa petite-fille, puis regarda ses trois enfants l’un après l’autre.

Elle dit ensuite au Chef de la Résistance qu’Ourse Ardente souhaitait parler aux habitants de Rac. Ses enfants la questionnèrent, mais elle leur expliqua qu’elle ne savait pas encore exactement ce qu’elle voulait leur dire. Ce n’était pas sa bouche qui parlerait, mais son coeur.

Sans prendre le temps de s’habiller plus chaudement, elle sortit à l’extérieur en tenant toujours Bess dans ses bras. Après un moment d’hésitation, le reste de sa famille la suivit. Ils virent que plusieurs personnes étaient déjà rassemblées au centre du village. Un jeune homme qui s’était aventuré de l’autre côté du fleuve avait rapporté qu’il avait aperçu un groupe de soldats qui provenaient de Bannes, et qui s’avançaient vers le village. Malgré la panique et l’agitation qui s’étaient emparées de tous, Ourse Ardente réussit à se faire entendre.

Elle se tenait droite et fière, serrant sa petite-fille dans ses bras. Sa famille était derrière elle. Les deux oursons arrivèrent tout à coup en trottinant, et s’assirent dans la neige à ses pieds. Et elle parla.

Elle parla brièvement de sa peine et de son incompréhension. Elle parla de sa vie, et de la vie de tous les habitants de la Galetrie, qui était si paisible avant le début de toute cette folie. Elle dit des choses qu’elle n’avait jamais su comment exprimer, et qu’elle avait l’impression de découvrir en même temps que ceux qui l’écoutaient. Elle dit qu’elle croyait que leurs véritables ennemis n’étaient pas les soldats du Pays d’Obajour et leurs dirigeants.

Leurs véritables ennemis, c’étaient la peur, le désespoir et l’inaction. C’étaient ces sentiments que le Pays d’Obajour convoitait, et non un quelconque minerai qui n’existait probablement pas. La peur et la colère les rendaient plus fort, et leur permettaient d’avancer; le courage devrait les affaiblir.

Ourse Ardente comprit soudainement ce qu’elle devait faire afin de sauver son village. Elle devait marcher, et faire face aux soldats. Elle n’arrivait pas à expliquer d’où venait cette certitude inébranlable qui grandissait en elle, mais elle demanda à ceux qui l’écoutaient de la suivre.

Certains dirent qu’elle avait perdu la tête, et retournèrent se cacher chez eux. D’autres doutaient, mais se dirent que puisque les soldats venaient déjà vers eux, ils n’avaient plus grand-chose à perdre. D’autres encore ressentaient la même détermination et la même assurance qu’ils décelaient dans les yeux et dans les paroles d’Ourse Ardente.

Elle se mit en marche, et les deux oursons trottinaient à ses côtés. Sa famille la suivait, ainsi que plusieurs habitants de Rac. Ils quittèrent le village et se dirigèrent vers le pont qui enjambait le fleuve gelé.

La lumière du jour déclina rapidement, et le vent se leva. La neige qui tombait en grappes brillantes semblait dessiner de longs filaments tourmentés dans le ciel sombre. Et les habitants de Rac marchaient. Plusieurs d’entre eux se tenaient par la main, et tous les visages n’exprimaient qu’une calme résolution. Le froid mordait leur peau, et leur cause semblait perdue, mais aucun d’eux ne pensa à rebrousser chemin. Ils suivaient Ourse Ardente, qui avait su leur redonner l’espoir qu’ils avaient perdu, et ils voulaient croire qu’ils marchaient maintenant vers leur victoire et leur liberté.

Ils franchirent le pont, et avancèrent encore un moment avant de s’arrêter. Devant eux, des silhouettes sombres commençaient à émerger lentement de la tempête. Plusieurs des soldats portaient des lanternes, et d’autres, de hautes bannières aux couleurs du Pays d’Obajour. Les habitants de Rac restèrent immobiles, et attendirent.

Un des soldats, qui ne portait ni bannière ni lanterne, fit signe au reste de la troupe de s’arrêter. Il s’approcha ensuite d’Ourse Ardente et du groupe de villageois pauvrement vêtus et non armés qui l’accompagnait.

Le regard rigide du soldat rencontra celui d’Ourse Ardente, et celle-ci, avec stupeur, reconnut son fils Lazlo. Son coeur de mère se brisa, et il s’en fallut de peu qu’elle ne tombe à genoux dans la neige.

Mais elle resta debout, et soutint le regard de son fils. Dans ses yeux, elle vit une lueur qu’elle ne reconnaissait pas.

Au bout d’un long moment, Lazlo se retourna et ordonna à ses soldats de repartir. Lorsque son fils disparut dans la tempête, Oria se mit à sangloter en silence. Ses larmes se figèrent au bout de ses cils et sur ses joues glacées. Adelina s’approcha et prit sa fille Bess dans ses bras, tandis que Joni et Tasha firent ce qu’ils pouvaient pour soutenir leur mère. Personne n’osa prononcer le moindre mot, et les habitants de Rac retournèrent lentement dans leur village.

Le lendemain, le ciel était pur, sans nuages, et le soleil était radieux. Rac était libre, et ce jour-là, ainsi qu’au cours des jours qui suivirent, des nouvelles étonnantes parvinrent aux oreilles des villageois. Les soldats du Pays d’Obajour avaient quitté Bannes, et quittèrent également tous les villes et les villages qu’ils avaient pris par la force. La paix se réinstalla peu à peu d’un bout à l’autre de la Galetrie, sans que personne ne sache ce qui avait incité l’ennemi à partir.

Mais un peu partout certains racontèrent, et continuèrent de raconter dans les années qui suivirent, qu’ils avaient aperçu à plusieurs reprises un ours gigantesque, au pelage teinté de roux, qui pourchassait des soldats effrayés en grognant.

***

Vous pouvez en apprendre plus sur mon recueil ici: https://myriamplante.com/recueil.htm

Ourse Ardente et les livres numériques

Que vous les appeliez livres numériques, livres électroniques, ou ebooks, je pense que ça n’a pas vraiment d’importance. J’ai déjà lu des articles qui prédisaient que les livres numériques allaient éventuellement remplacer les livres en papier, un peu comme la musique en ligne est supposée prendre la place des CDs.

Dans les deux cas, j’ai des gros doutes. Je n’ai jamais rencontré personne qui aimait vraiment les livres numériques.

En fin de semaine, j’étais à Trois-Rivières pour La Pause Littéraire. En plus de présenter mon roman Le Parfum du Vent, j’offrais aux gens de recevoir gratuitement, par courriel, mon nouveau recueil d’histoires courtes. Une seule personne était intéressée par mon offre.

La plupart des gens disaient qu’ils n’aimaient pas les livres numériques, et qu’ils préféraient les livres en papier. Je suis tout à fait d’accord! Par contre, je crois que les livres numériques ont certains avantages…

Premièrement, pour moi, ils ne coûtent rien à produire… à part du temps. Si j’ai des choses à changer ou des fautes à corriger, il me suffit de mettre une nouvelle version de mon document sur internet. Les corrections ne se font pas aussi facilement sur un livre imprimé!

Comme ça ne me coûte rien à produire, je peux les offrir pour pas cher. Dans le cas de mon nouveau recueil, Ourse Ardente et 15 autres histoires, je l’offre pour environ 1$. C’est certain que je ne me rendrai pas riche avec ça, et ce n’est pas mon but. Mon but, c’est que mes histoires soient lues et, je l’espère, appréciées.

Pensez-y: je suis peut-être votre prochaine auteure préférée! Mais vous ne le savez pas, parce que vous ne me connaissez pas, et vous n’avez jamais lu aucun de mes livres. Donc, vous n’avez pas vraiment de bonne raison de payer 20$ ou 25$ pour acheter mon roman, celui imprimé sur du papier. (Sauf peut-être si vous ne savez plus quoi faire de votre argent, ou que vous êtes attiré par l’image de couverture et par le résumé de mon livre, ou encore, qu’une personne que vous connaissez vous l’a recommandé, ce qui est peu probable.)

Mon roman n’est pas disponible en librairies, mais même s’il l’était, je ne sais pas si j’en vendrais beaucoup. Si vous ne me connaissez pas, vous n’allez probablement pas vous jeter sur mon livre dans une librairie. Et ce n’est certainement pas le fait de me rencontrer et de m’écouter parler de mon livre pendant une minute ou deux qui va vous convaincre de l’acheter… Je n’ai vendu qu’un seul roman à La Pause Littéraire.

Quelle est donc la solution pour que vous puissiez découvrir si je suis votre future auteure préférée, ou pas? C’est simple: les livres numériques!

Ourse Ardente peut être à vous pour environ 1$… Ce n’est pas cher, c’est parfait pour essayer, pour goûter, pour savoir si vous aimez ma façon d’écrire et mon imagination, ou si mes histoires ne sont pas faites pour vous. C’est aussi un bon prix pour simplement encourager une fille qui rêve d’écrire des livres depuis longtemps. Acheter mon recueil, c’est une façon de me donner une petite tape dans le dos et de me dire, «Continue comme ça, c’est bon c’que tu fais, pis c’est important de réaliser ses rêves!»

Un livre numérique à 1$, c’est tellement pas cher, et ça me fait tellement plaisir de pouvoir le partager avec vous, qu’il n’existe presque pas de bonnes raisons de ne pas l’acheter! Et si vous ne l’aimez pas… Donnez-le à quelqu’un d’autre, ou supprimez-le de votre ordinateur ou de votre tablette. «Clic! Le recueil numérique pas bon est disparu!»

Si vous l’aimez, peut-être que ça vous donnera envie d’acheter aussi Le Parfum du Vent en version numérique, pour environ 4$. Si vous aimez vivre dangereusement, vous pourriez même avoir envie d’acheter une version imprimée de mon roman, un vrai livre en papier, livré chez vous pour 30$, ce qui inclut le 10$ de livraison que Postes Canada me charge quand j’envoie mon livre par la poste.

Tout ça pour dire que je pense que les livres numériques peuvent être une belle manière de découvrir de nouveaux auteurs, à qui vous n’auriez pas nécessairement donné de chance si vous aviez aperçu leur livre à 20 ou 30$ dans une librairie.

Oh et… Ourse Ardente et 15 autres histoires sera sûrement disponible en version papier éventuellement… Mais ça coûtera plus cher que 1$!

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Ourse Ardente: un extrait

Je travaille toujours à la correction de mes histoires courtes… J’ai presque terminé.

Dès que mon recueil sera prêt en version numérique, il sera envoyé à tous les gens merveilleux qui ont participé à mon projet Livrez au Suivant en me fournissant une phrase à partir de laquelle j’ai écrit une histoire.

Ceux et celles qui n’ont pas participé au projet pourront aussi se procurer le recueil, pour une somme très modique. Les histoires sont écrites dans des styles différents, et je crois qu’il y en aura pour tous les goûts.

En attendant, voici un extrait de l’histoire qui a inspiré l’image de couverture ainsi que le titre de mon recueil: Ourse Ardente. Cette histoire a été écrite à partir de la phrase de France Brière.

Ourse Ardente

Mère pour la vie, mère et grand-mère. Oria avait toujours été fière de ces deux rôles. Son mari était mort depuis longtemps. Elle avait élevé ses quatre enfants seule, et lorsque trois d’entre eux se marièrent et eurent à leur tour des enfants, elle se donna pour mission de devenir la grand-mère idéale. Elle s’était montrée à la hauteur de sa mission, si bien que tous les enfants du petit village de Rac s’étaient mis à l’appeler Grand-maman. Elle en était ravie. Son coeur était assez grand pour tous. Elle s’occupait même de Bo et Ysa, deux oursons orphelins qui la visitaient souvent et qui avaient besoin de nourriture et de réconfort.

Elle n’avait jamais eu peur de travailler dur, et elle avait toujours su se débrouiller avec presque rien. Elle aimait sa famille plus que tout, et sa vie était remplie de bonheur. Rien au monde ne la rendait plus heureuse que de passer un après-midi dans son jardin ensoleillé, entourée de ses sept petits-enfants et de ses oursons.

Mais depuis quelques mois, une ombre s’installait peu à peu dans son coeur. La situation du pays était instable. Le Pays d’Obajour, à la frontière est de la Galetrie, avait commencé à s’emparer de quelques villages. Des soldats s’attaquaient fréquemment à Bannes, la capitale de la Galetrie, qui se trouvait près du village de Rac, de l’autre coté du fleuve. Malgré l’opposition de sa mère, Lazlo, son fils aîné, avait décidé de rejoindre l’armée de Bannes qui s’affairait à repousser les envahisseurs.

Le Pays d’Obajour menaçait d’envahir la Galetrie depuis plusieurs années, mais personne ne s’attendait vraiment à les voir un jour passer à l’acte. Et personne en Galetrie ne savait pour quelle raison leurs terres étaient tant convoitées par leurs voisins de l’est. Certains racontaient qu’ils étaient intéressés par un minerai précieux qui abondait dans le sol, mais personne n’aurait pu dire de quel minerai il s’agissait. D’autres disaient que les familles riches du Pays d’Obajour étaient tout simplement à la recherche d’esclaves.

Oria se préoccupait peu de savoir ce qui motivait réellement ces comportements hostiles. Elle n’avait jamais rien compris à la guerre, ni à la violence. Elle aurait aimé pouvoir tout simplement nier leur existence, et continuer à croire qu’elle serait toujours à l’abri chez elle, où vivaient aussi Tasha, sa plus jeune fille, avec ses enfants Sarine et Pel. Elle savait cependant qu’un jour ou l’autre, les habitants de Rac seraient en danger.

Elle le savait, parce qu’elle entendait chaque jour des nouvelles inquiétantes. Si elle tenait à se garder au courant de l’avancement des troupes du Pays d’Obajour, c’était d’abord et avant tout parce qu’elle espérait recevoir des nouvelles de Lazlo. Depuis qu’il était parti pour Bannes, il semblait que personne ne l’avait vu. Elle parlait chaque jour avec les villageois, surtout avec ceux qui voyageaient fréquemment entre Rac et la capitale, ou qui se rendaient souvent dans d’autres villes et villages du pays. Aucun d’entre eux ne pouvait lui dire où était son fils, ni ce qui lui était arrivé. Il avait rejoint l’armée de Bannes, puis, semblait-il, il avait disparu.

En revanche, on rapportait presque chaque jour qu’un nouveau village était tombé aux mains de l’envahisseur, ou encore que les soldats de Bannes combattaient vaillamment afin de garder leurs positions.

Les jours passaient, et aucune nouvelle de son fils aîné ne parvenait à ses oreilles. La peur était sur toutes les lèvres, dans tous les regards. Oria tentait de masquer ses inquiétudes afin de ne pas attrister ses petits-enfants, mais ceux-ci sentaient tout de même que quelque chose n’allait pas.

Sa fille aînée Adelina habitait la ville de Minc avec son mari Ryn et leurs quatre enfants Drad, Bess, Iss et Artin. Ils venaient souvent la visiter à Rac, mais depuis que la situation du pays avait commencé à se détériorer, leurs visites se faisaient de plus en plus rares. Même son plus jeune fils Joni, qui habitait Rac avec sa femme Lila et leur fille Eresa, venait la voir de moins en moins souvent. Lui qui était d’ordinaire si souriant avait maintenant un air soucieux et craintif dont il ne se défaisait plus.

Vers le milieu de l’automne, elle implora Joni de l’accompagner jusqu’à Bannes. Elle sentait qu’elle n’arriverait pas à savoir si quelque chose était arrivé à Lazlo, mais elle tenait tout de même à se rendre sur place afin d’y glaner le plus d’informations possible.

Ils se rendirent donc à Bannes, où ils apprirent rapidement que des mouvements de résistance étaient en train de s’organiser dans plusieurs des villes du pays. Les habitants se rassemblaient pour discuter de ce qu’ils savaient des actions de l’ennemi, et les plus braves d’entre eux étaient prêts à assister l’armée de Bannes, ou encore à repousser les soldats du Pays d’Obajour de leur propre initiative.

Car partout dans les rues de Bannes, on racontait que l’ennemi avait l’intention de prendre toute la Galetrie par la force, une ville à la fois. Oria et Joni discutèrent avec beaucoup de gens, mais comme ils s’y attendaient, personne ne put les renseigner sur le sort de Lazlo, pas même le haut gradé de l’armée de Bannes qu’ils parvinrent à rencontrer.

Déçus, ils rentrèrent à Rac. Ils ramenèrent de leur court voyage de nouvelles inquiétudes, mais aussi de nouvelles idées; ils allaient inciter les habitants de leur village à se joindre au mouvement de résistance.

Ils parlèrent de leurs intentions à ceux qui voulurent les écouter, et bientôt, les plus vaillants décidèrent de se joindre à eux. Avec 12 membres, la Résistance de Rac commença ses activités. On donna à Joni le titre de Chef. Quant à Oria, dont l’implication dans ce groupe étonnait plusieurs personnes, elle reçut le nom de code Ourse Ardente, et ce nom lui plaisait beaucoup.

Fin… de l’extrait!

Illustrer la couverture d’un livre, partie 3

Tel qu’annoncé dans Illustrer la couverture d’un livre, partie 2, j’ai commencé le travail sur la toile qui servira d’image de couverture pour mon recueil d’histoires courtes.

La première étape était de tracer mon croquis sur mon petit panneau de bois.

Un travail de précision...

Un travail de précision…

Je n’avais pas besoin de tracer absolument tous les détails… Vous comprendrez bientôt pourquoi.

Terminé!

Terminé!

Ensuite, le début de la peinture. Là, je me suis vite rendue compte que même avec sa coupe de cheveux, mon pinceau numéro 1 n’était pas assez petit à mon goût… Il faudra que je m’en procure un autre.

Pendant un moment, j'ai presque eu envie de laisser ça comme ça! C'est quand même cool.

Pendant un moment, j’ai presque eu envie de laisser ça comme ça! C’est quand même cool.

Les personnages sont en fait des silhouettes, car cette scène, dans l’histoire, a lieu pendant la nuit. Je leur ajouterai plus de détails plus tard, mais ils resteront en grande partie noirs, et un peu flous.

En peinturant le ciel, j’ai dû me battre contre l’inquiétante perte de cheveux de mon pinceau 11… Et j’ai aussi découvert que mon petit kit de peinture acrylique ne valait pas de la schnoutte. La peinture est beaucoup trop transparente, et elle ne semble pas bien s’entendre avec la surface de bois.

Hum, c'est pas exactement ça que j'essayais de faire...

Hum, c’est pas exactement ça que j’essayais de faire…

Une fois la peinture bien sèche, j’ai appliqué une deuxième couche, en essayant de modifier un peu la couleur… Encore une fois, le résultat n’est pas très satisfaisant.

Ouains... En tout cas.

Ouains… En tout cas.

En résumé, mon matériel acheté au Dollarama ne m’impressionne pas vraiment jusqu’à maintenant. Ça me complique la vie plus qu’autre chose…

Mais bon. À force de rajouter des couches de peintures, je vais finir par obtenir le résultat que je veux obtenir. Et je vais confirmer qu’il est possible de faire de quoi de beau avec du matériel cheap!

Ne manquez pas la suite de mes aventures, qui se poursuivront dans la partie 4!

Un petit cadeau de Noël

Voici un petit cadeau de Noël pour tous mes lecteurs et toutes mes lectrices! Il s’agit d’une histoire courte que j’ai écrite il y a quelques mois…

Il ne s’agit pas d’une des histoires qui feront partie de mon recueil pour le projet Livrez au Suivant. J’ai écrit cette histoire pour participer à un concours littéraire… mais je n’ai rien gagné.

Ce qu’il y a de spécial avec cette histoire, c’est qu’elle concerne des personnages qui vivent dans le village que j’ai inventé pour une histoire que je vais écrire dans le futur. J’en ai déjà parlé dans mon blogue intitulé «Le robinet est ouvert». Tant qu’à écrire une histoire pour un concours, j’ai voulu explorer un peu les pensées de personnages que j’avais déjà inventés, et qui attendaient patiemment leur tour sous les projecteurs.

Le personnage principal de mon histoire future qui n’a pas encore de nom s’appelle Marianne… Mais l’histoire courte que je vous offre aujourd’hui concerne des personnages secondaires. Sans plus attendre, voici:

Vincent et les sirènes

Marie-Lisa avait les yeux rivés sur l’horloge depuis déjà au moins une demi-heure. Il n’y avait plus aucun client, et La Table de la Mer était sur le point de fermer. Antoine et Roseline étaient déjà partis, et Marianne, après un signe de la main, s’en alla elle aussi. Mais Marie-Lisa, elle, attendait Vincent.

Depuis que Vincent était arrivé à Port-d’Attaches, elle l’attendait, le cherchait, l’espérait. Elle avait eu le coup de foudre pour lui en le voyant entrer dans son restaurant pour la première fois, et elle avait immédiatement cherché à se rapprocher de lui. En quelques mois à peine, il avait bouleversé sa vie et ses habitudes. Mais Vincent, lui, attendait, cherchait et espérait des sirènes.

Marie-Lisa avait vite appris qu’il avait choisi d’emménager dans le paisible village côtier de Port-d’Attaches parce qu’il était persuadé que des sirènes avaient élu domicile tout près. Vincent était obsédé par les sirènes, et surtout, par l’idée de prouver au reste du monde qu’elles existaient réellement. Il parlait ouvertement de ses croyances et de ses trouvailles à qui voulait bien l’entendre, et semblait ne pas se soucier des moqueries qu’il suscitait au village. Vincent était un homme solitaire, doux et rêveur. La seule chose qui pouvait attirer l’attention des gens sur lui, mis à part, selon Marie-Lisa, son physique élégant et son sourire franc et honnête, était son étrange obsession pour des femmes aquatiques imaginaires, et l’enthousiasme presque enfantin avec lequel il en parlait.

Selon Beth, coiffeuse, tireuse de tarots, cliente régulière du restaurant et confidente occasionnelle de Marie-Lisa, Vincent était tombé amoureux d’une sirène qu’il avait vue dans un rêve, et il en avait perdu la tête, la cherchant inlassablement jusqu’à se convaincre lui-même de son existence. Mais Beth voyait des histoires d’amour impossible partout, sauf, semble-t-il, dans son propre avenir, ce qui l’incitait à se mêler encore davantage de celles des autres. Marie-Lisa ne croyait pas aux sirènes, et n’était pas certaine non plus de croire aux histoires d’amour impossible. Elle admirait Vincent parce qu’il était différent de tous les autres hommes du village, et également de tous les autres hommes qu’elle avait déjà rencontrés. Il osait rêver et croire en ses rêves, même s’ils étaient complètement ridicules aux yeux des autres. Et surtout, il était passionné.

Depuis qu’elle avait quitté son métier de météorologue, qui ne la comblait plus depuis quelques années, et qu’elle avait emménagé à Port-d’Attaches pour reprendre le restaurant de son oncle décédé, Marie-Lisa n’avait plus que deux passions, deux occupations. Elle gérait La Table de la Mer, le seul restaurant du village, et elle peignait des nuages. Le ciel de bord de mer était toujours magnifique, et elle n’avait jamais ressenti l’envie de peindre autre chose que des cumulus, des altocumulus et des cirrus. Elle exposait fièrement ses oeuvres sur les murs de son restaurant. Les clients les commentaient parfois en disant qu’elle avait du potentiel en tant que peintre, mais qu’elle le gaspillait en peignant un sujet aussi répétitif et ordinaire. Après tout, s’ils voulaient voir des nuages, ils n’avaient qu’à regarder par les fenêtres qui perçaient les murs entre deux de ses toiles… Mais Marie-Lisa, tout comme Vincent, ne se préoccupait pas de l’opinion des autres. Et puis, se disait-elle, si elle n’avait que deux passions dans sa vie, elle en avait, en fin de compte, deux de plus que la plupart des habitants de Port-d’Attaches. Malgré tout, elle était un peu lasse de sa routine quotidienne, et elle était reconnaissante de la présence de Vincent dans sa vie. Celui-ci venait régulièrement manger au restaurant, et lorsqu’elle n’était pas trop occupée, Marie-Lisa venait discuter avec lui des signes qu’il avait trouvés sur une plage, ou sur un rocher à demi submergé. Elle rêvait depuis longtemps d’avoir le privilège de partir à la chasse aux sirènes avec lui… Ce soir, elle allait enfin avoir cette chance!

L’aiguille des secondes fit un tour de plus sur l’horloge, et Vincent entra, exactement à l’heure où il avait dit à Marie-Lisa qu’il viendrait la chercher. Il lui sourit, et s’approcha d’elle d’un pas lent. Il avait revêtu un veston gris léger par-dessus sa chemise blanche, et il portait des pantalons noirs. Si ce n’était du gros sac en cuir brun qu’il portait en bandoulière, il aurait ressemblé à un homme d’affaires se préparant pour une réunion plutôt qu’à un aventurier. Car c’était ainsi que Marie-Lisa envisageait sa soirée: une aventure, une expédition amusante avec l’homme qui la fascinait, mais qui, lui, n’avait de fascination que pour les sirènes.

– Tu es prête? lui demanda-t-il en guise de salutation.

– Je suis prête! Qu’as-tu mis là-dedans?

Vincent sourit de nouveau, puis baissa les yeux sur son sac.

– Mon appareil photo, mes carnets de notes, et quelques petites choses. C’est la première fois que quelqu’un vient avec moi! Nous allons nous éloigner de la falaise du phare en longeant la côte, et retourner sur une plage où j’ai déjà trouvé deux colliers faits par une sirène. Ça te va?

– C’est parfait! approuva Marie-Lisa avec un hochement de tête enthousiaste.

Le sac était d’une bonne taille, et il semblait lourd. Marie-Lisa s’attendait à ce qu’il contienne au moins une collation, mais puisque ce n’était pas le cas, elle se contenterait de souper chez elle au retour de l’expédition. Vincent lui avait déjà montré quelques-uns de ses carnets de notes, mais elle supposait qu’il en avait beaucoup plus, et qu’il avait dû tous les placer dans son sac pour une raison connue de lui seul.

Ils sortirent du restaurant et se dirigèrent vers le bord de l’eau, là où les attendait le canot pneumatique de Vincent. Comme elle le faisait chaque soir en sortant du travail, Marie-Lisa leva les yeux sur le ciel. La formation de cirrostratus qu’elle avait observée ce matin s’était déployée et voilait un magnifique coucher de soleil teinté de rose et d’orangé. Ces nuages n’annonçaient pas de précipitations, mais indiquaient que le temps allait bientôt changer. Marie-Lisa ne s’y attarda pas plus longtemps.

Elle avait souvent vu Vincent longer la côte dans son canot gonflable, mais c’était la première fois qu’elle s’approchait d’aussi près de la frêle embarcation. Vincent lui indiqua où s’asseoir, puis s’installa à son tour, et éloigna le canot de la plage à l’aide de ses rames. Elle lui avait déjà demandé pour quelle raison son embarcation n’était pas munie d’un moteur, et il avait répondu que les sirènes étaient effrayées par leur bruit et que, bien sûr, elles n’approuvaient pas la pollution de leur habitat. Il se mit donc à ramer en direction de la falaise, tandis que sa passagère jubilait.

Afin d’engager la conversation, elle lui demanda à quoi ressemblaient les deux colliers qu’il avait trouvés. Il lui répondit avec enthousiasme qu’ils avaient été fabriqués avec de jolis petits coquillages fins, et qu’il n’en avait jamais vus de semblables sur aucune plage des environs. Pour Marie-Lisa, cela signifiait que les colliers avaient forcément été achetés ailleurs qu’à Port-d’Attaches, et que leur propriétaire les avait perdus lors d’une baignade. Pour Vincent, il s’agissait d’une preuve que les bijoux avaient été confectionnés par une sirène qui avait trouvé ces petits coquillages loin d’ici, dans une magnifique grotte sous-marine, peut-être. Malgré leurs différences d’opinions, ils continuèrent à discuter, des sirènes, surtout, mais aussi de différents sujets. Lorsqu’ils dépassèrent la falaise, Marie-Lisa leva la tête et reconnut la silhouette de Marianne assise près du phare. La jeune fille solitaire s’y rendait souvent en sortant du restaurant, et admirait la mer pendant des heures. Marie-Lisa lui envoya un signe de la main, et Marianne fit de même.

Leur expédition se poursuivit sans aucun problème, jusqu’à ce que le vent se lève. Vincent dut alors se mettre à lutter contre des vagues de plus en plus féroces qui tentaient de les entraîner vers le large. Marie-Lisa lui proposa de l’aider à ramer, mais l’embarcation n’avait que deux rames, et Vincent insista pour en garder le contrôle.

– Je suis navré, Marie-Lisa, dit-il enfin d’un ton embarrassé, mais d’une voix assez forte pour ne pas se faire couvrir par le bruit du vent. Je ne pensais pas que le temps tournerait comme ça! Préfères-tu que j’essaie de te ramener au village?

– C’est ridicule! s’opposa Marie-Lisa. La plage là-bas, c’est là qu’on va?

– Oui, approuva Vincent.

– On y est presque! Je n’ai pas peur des vagues… Je veux bien t’aider à ramer, mais je ne veux pas rentrer tout de suite!

Pour toute réponse, Vincent lui sourit, puis continua à ramer avec ardeur. Malgré ses efforts, les vagues les entraînèrent de plus en plus loin de leur destination, et de plus en plus près d’un groupe de rochers qui laissaient entrevoir leur têtes noires. Le canot pneumatique semblait de plus en plus instable. Marie-Lisa s’accrochait aux rebords de l’embarcation tandis que le vent sifflait avec obstination. Puis, une vague gigantesque projeta le canot contre un des rochers immergés. Le canot se plia, Marie-Lisa perdit l’équilibre et, avant même qu’elle réalise ce qui était en train de se passer, elle se retrouva aspirée par les eaux agitées pendant que Vincent hurlait de surprise et d’effroi.

C’est alors que, telle une divinité en colère apaisée par le sacrifice offert par ses fidèles, la mer se calma. Le vent se tut, et les vagues retrouvèrent leur attitude docile. La tête de Marie-Lisa émergea de l’eau, et elle ramena ses cheveux en arrière d’une main. Sans attendre, Vincent se pencha dans le but d’agripper son bras et de la ramener à bord. Elle le repoussa doucement avec un sourire radieux.

– Je suis déjà trempée, Vincent! dit-elle en posant plutôt ses mains sur le rebord du canot. L’eau n’est pas froide, et je sais nager… Laisse-moi apprécier la baignade!

Vincent, stupéfait, ne répondit pas.

– Profitons de l’accalmie pour rejoindre la plage, proposa Marie-Lisa.

Vincent n’arrivait toujours pas à parler. Elle se dirigea à la proue du canot, agrippa la corde qui y était attachée, et entreprit de nager en tirant l’embarcation derrière elle. Vincent comprit, et se remit à ramer, sans détourner son regard d’elle. Ils atteignirent rapidement la plage, juste avant que le vent ne se fasse entendre à nouveau.

Marie-Lisa s’assit sur le sable rocailleux afin de reprendre son souffle. Elle enleva ses chaussures, puis essora ses longs cheveux bruns.

– Je suis tellement désolé! lui dit Vincent, confus. Tu… Tu vas bien?

Elle lui sourit, puis enleva la chemise qu’elle portait par-dessus sa camisole verte.

– Je vais bien, Vincent! Je ne suis pas blessée… Je suis simplement mouillée! Tu n’as pas à être désolé, c’était un accident… Je t’assure que je vais bien!

Vincent s’approcha, et s’assit près d’elle.

– Laisse-moi un moment pour me reposer et essayer de me sécher un peu, lui dit-elle, et ensuite nous pourrons marcher et chercher des signes!

Vincent garda silence. Il la regarda comme s’il la voyait pour la toute première fois. Marie-Lisa essora sa chemise, puis son regard croisa celui de Vincent. Elle s’immobilisa. Un moment passa.

– Nous pouvons marcher un peu ensemble sur la plage, dit enfin Vincent, mais je crois que nous n’y trouverons rien d’intéressant… J’ai déjà toutes les preuves qu’il me fallait que les sirènes existent.

L’aiguille des secondes fit un tour de plus sur l’horloge, et Vincent entra dans le restaurant avec seulement deux minutes de retard. Marie-Lisa poussa un soupir, et sortit de ses rêveries.

Un an plus tard

Voici une photo de moi le 7 Décembre 2014…

Et voici une photo de moi aujourd’hui, le 7 Décembre 2015.

Soit j’ai porté le même t-shirt pendant toute une année… Soit j’ai mis mon t-shirt Le Parfum du Vent aujourd’hui pour célébrer un événement spécial: Le premier anniversaire du lancement de mon premier roman! Hourra!

En 1 an, j’ai vendu environ 170 copies de mon roman, plus quelques copies numériques. Enfin, je dis «j’ai» vendu, mais je pense que c’est en grande partie ma mère, et quelques membres de ma famille, qui ont fait la plupart des ventes.

J’ai participé à quelques événements en tant qu’auteure. Quelques-uns ont été un succès (selon ma propre définition du mot succès) tandis que d’autres n’ont pas donné grand chose.

J’ai lancé un projet appelé Livrez au Suivant, pour lequel j’ai vendu 10 copies de mon roman pour un prix réduit, en incitant leurs acheteurs à offrir leur livre à quelqu’un d’autre suite à leur lecture, puis à laisser un commentaire dans mon blogue, ici. Comme c’est souvent le cas pour mes projets, il n’y a pas eu beaucoup de participation jusqu’à maintenant.

J’ai incité les gens qui ont lu mon roman à laisser leurs commentaires ici. J’ai eu quelques commentaires… Mais sur près de 170 romans vendus, ce n’est pas beaucoup. Je suppose que la majorité des gens qui ont acheté Le Parfum du Vent n’ont pas encore eu l’occasion de le lire. Ou qu’ils l’ont lu, et qu’à la fin de leur lecture ils se sont dit: «Ah… ben coudonc.» Ou encore qu’ils l’ont lu, et qu’ils l’ont bien apprécié, point.

Je tiens à remercier les gens qui ont lu mon histoire, et qui se sont donné la peine, d’une manière ou d’une autre, de me faire savoir qu’ils l’avaient aimée, et qu’ils avaient hâte à la suite. J’ai écrit cette histoire pour moi, et parce qu’il fallait que je l’écrive, mais ça fait toujours plaisir de savoir qu’elle peut toucher et intéresser d’autres personnes. C’est une belle forme d’encouragement!

Sachez aussi que je travaille toujours sur le tome 2. Selon mes savants calculs, si le tome 2 désire avoir la même longueur que le tome 1, j’en ai environ la moitié d’écrit. La moitié d’écrit, en 1 an. Alors que Le Parfum du Vent a été écrit sur une période de 10 ans… Ça fait bizarre. C’est comme si j’avais l’impression d’avoir travaillé trop vite, parce que ce n’est pas normal de pouvoir écrire un livre en 2 ans au lieu de 10! On dirait que ça me fait un peu peur. Mais pourtant, c’est ça qu’il faut! Si j’étais condamnée à ne publier qu’un livre à tous les 10 ans, je n’en publierais pas beaucoup au cours de ma vie, tsé!

Donc, la suite de Le Parfum du Vent avance bien. Si tout continue à aller bien, je devrais réussir à la publier quelque part en 2016. Sinon, en 2017. Ça ne devrait pas être plus long que ça.

Pour conclure: Bon anniversaire de 1 an de mon premier lancement, tout le monde!!

J’aime les livres

J’aime les livres. Mais j’en ai beaucoup trop à lire. Et je ne lis pas assez souvent et pas assez longtemps, parce que tsé, il faut que je me garde du temps pour écrire.

Mais là, j’ai peur.

Ça, c’est une toute petite partie de ma fameuse pile de livres à lire. Ceux-là sont empilés, mais il y en a beaucoup d’autres, éparpillés un peu partout.

J’ai aussi ce livre-là. C’est un livre de cuisine, il a environ 500 pages, mais j’ai l’intention de le lire aussi. Au complet.

Pourquoi j’ai peur? Parce que les 13 et 14 Novembre, super bientôt, je m’en vais au Salon littéraire du Québec, édition Capitale Nationale. J’y vais en tant qu’auteure, pour présenter mon roman… Mais il y aura sûrement pleeeiiiin de livres qui vont m’intéresser, et que je vais vouloir acheter.

Si j’achète plein de livres, et que je les ajoute à ma pile, et qu’en plus, je réussis à rassembler tous mes autres livres à lire… Ça va me donner l’impression que je n’arriverai jamais à passer à travers ma pile.

C’est une peur comme une autre. Mais c’est quand même pas si pire…

(Là j’aurais envie de dire, allez, partagez une photo de votre pile de livres à lire avec moi… Mais je ne m’attends pas à un très haut niveau de participation!)

Mon roman est plate

Une amie qui a récemment lu mon roman m’a partagé ses commentaires. Elle m’a dit ce qu’elle avait aimé dans mon histoire, et elle m’a aussi dit que, selon elle, ça manquait d’action.

Elle disait aussi qu’elle trouvait que c’était triste que mon dragon n’ait aucun pouvoir magique, pas même le pouvoir de cracher du feu, et que ça aurait été intéressant de pouvoir le voir parler avec tous les humains, pas seulement le magicien.

J’ai réfléchi à ces commentaires, et plutôt que de les voir de manière négative, je crois que c’est en fait ce qui rend mon roman unique, et différent de tous, ou de la majorité des romans fantastiques qui mettent en scène des dragons! C’est vrai que les dragons, dans les histoires, sont souvent du côté des méchants. Quand ils sont du côté des gentils, ils sont souvent des alliés redoutables, forts et puissants.

Mon dragon à moi n’est pas sans défense, mais il est souvent dépassé par les événements. Il passe une bonne partie de son temps à se plaindre qu’il s’ennuie de son amie humaine disparue, à se poser des questions profondes qu’un dragon ne devrait sans doute pas se poser, et à essayer de comprendre les humains. D’une certaine manière, mon dragon… est un peu comme un humain, prisonnier d’un corps de dragon. (Cette idée sera d’ailleurs un peu plus développée dans le tome 2… c’est à suivre!)

Plutôt que de présenter mon histoire comme une histoire fantastique, devrais-je informer mes potentiels lecteurs du fait qu’il s’agit peut-être davantage d’une histoire psychologique? Psycho-fantastique? Psycho-… tique? Non.

Je n’ai jamais lu de roman psychologique. Je ne pense pas en avoir écrit un. Je pense que c’est simplement un roman fantastique, mais qui se concentre plus sur ce que le personnage principal, qui est un dragon, pense, ressent, et désire, que sur des guerres, des quêtes et des pouvoirs magiques.

Je sais qu’il n’y a pas beaucoup d’action dans Le Parfum du Vent. Ce n’était pas mon but d’en faire une histoire palpitante, pleine de suspense et de situations surprenantes et imprévisibles. Je sais aussi que le fait que le dragon puisse seulement discuter avec Regor, sans comprendre les autres humains autour de lui, amène une dimension un peu étrange à l’histoire, et la limite de plusieurs manières.

Mais c’est exactement ce que je voulais.

Je voulais écrire une histoire sur un dragon qui a été rejeté par les siens, et qui cherche sa place dans le monde. Un dragon qui a du mal à comprendre ce qui se passe autour de lui. Un dragon qui n’est peut-être pas toujours à l’aise dans sa peau de dragon, mais qui ne pourrait pas être autre chose que lui-même. Un dragon qui ne peut pas communiquer avec tous les gens qui l’entourent.

Je dois aussi mentionner que quand j’ai commencé à écrire Le Parfum du Vent, il y a de cela un peu plus que 10 ans, je commençais ma première année de Cégep, dans une autre ville où je n’avais aucun ami, dans une grande école où je ne connaissais personne, et où, chaque midi, j’avais de la misère à trouver le bon chemin pour aller manger à la cafétéria.

Sans que je le veuille, et peut-être même sans que je m’en rende compte, mes pensées et mes sentiments se sont exprimés dans mon histoire, à travers les mots de mon dragon. Et je crois que le tome 2, que je suis en train d’écrire, tout en restant dans le même style, sera basé sur d’autres émotions, sur d’autres préoccupations. Je pourrai en faire l’analyse quand il sera terminé!

Donc, non, mon roman n’est pas plate. Il est juste différent. Il est… exactement comme il fallait qu’il soit.

Il faudra peut-être que j’essaie d’expliquer tout ça aux gens qui viendront me voir au Salon littéraire du Québec, les 13 et 14 novembre prochain!