William et la lune, partie 1

Une des histoires que beaucoup des lecteurs et lectrices de mon recueil Ourse Ardente et 15 autres histoires semblent apprécier particulièrement, c’est l’histoire appelée William et la lune.

Je n’ai pas l’habitude d’écrire des histoires pour enfants, mais c’est ce qui m’a été demandé pour cette histoire… Je crois que c’est bien réussi!

J’ai décidé de la partager avec vous, en 2 parties.

William et la lune

William est un petit garçon souriant et plein de vie, il aime beaucoup… Il aime beaucoup de choses. Il aime les belles voitures rouges, il aime confier des secrets à son ours en peluche, il aime jouer avec ses blocs, et il aime manger des bonbons. Mais ce qu’il aime par-dessus tout, c’est sa maman et son papa.

Par contre, William n’aime pas aller au lit. Ce n’est pas parce que son lit n’est pas confortable, au contraire. C’est un lit bien douillet, avec de belles couvertures douces qui le gardent bien au chaud. Ce n’est pas non plus parce qu’il n’aime pas dormir. Non, si William n’aime pas aller au lit, c’est parce que pendant la nuit, il ne peut pas s’amuser avec ses jouets, ni jouer avec ses amis, et il ne peut pas non plus faire des câlins à ses parents. Il a l’impression que la nuit, c’est une perte de temps!

Un beau jour, alors que William cherchait sa voiture rouge préférée dans son coffre à jouets, il entendit quelqu’un l’appeler:

– William! Hé, William!

William regarda tout autour de lui. Qui l’avait appelé? Ça ne ressemblait pas du tout à la voix de sa maman, ni à celle de son papa.

– William, hé! Regarde par ici… Ici, sous ton lit!

William se pencha pour regarder sous son lit, et il vit son ours en peluche qui lui faisait signe d’approcher.

– C’est moi, Monsieur Boum! Viens ici, William! J’ai besoin de ton aide!

William se demanda ce qui se passait. Monsieur Boum n’avait pas l’habitude de se cacher sous le lit! Il préférait s’asseoir sur la commode, ou encore, rester bien en vue au centre du tapis coloré, entouré par d’autres jouets. William, curieux, se faufila sous le lit pour aller rejoindre son ami.

Monsieur Boum avait l’air agité et inquiet. William remarqua bien vite que d’autres jouets se trouvaient là, sous son lit. Contrairement à l’ours en peluche, les autres étaient assis en cercle, comme s’ils venaient d’avoir une discussion sérieuse.

– William, une chose terrible s’est produite, dit Monsieur Boum. C’est terrible! Quelqu’un a volé la lune!

La lune? Monsieur Boum parlait-il de cette grosse boule ronde brillante qui habite dans le ciel, et qui a parfois la forme d’un demi-cercle ou d’une banane? William ne comprenait pas ce qu’il y avait de si terrible.

– La lune a disparu, William! continua Monsieur Boom. Ça veut dire que ce ne sera plus jamais la nuit!

William tapa dans ses mains, et son visage afficha un grand sourire. Si la nuit ne venait plus jamais, cela voulait dire qu’il n’aurait plus besoin d’aller se coucher. Il pourrait toujours continuer à s’amuser et à passer du temps avec ses parents!

– Tu ne comprends pas, William! dit Monsieur Boom d’un air ahuri. Si la nuit ne vient plus jamais, ça veut dire que le soleil ne pourra plus se reposer! Il devra rester dans le ciel pour remplacer la lune… Plus personne ne pourra se reposer!

Et alors? se dit William. Il partageait souvent l’opinion de son ours en peluche, mais cette fois, il ne comprenait pas ce qui dérangeait tant son vieil ami. La disparition de la lune, ce n’était pas une catastrophe!

– Mais oui, c’est exactement ce que c’est, une catastrophe! répliqua l’ours. Les gens ont besoin de se reposer, William, ils ont besoin de dormir chaque nuit… Il faut retrouver la lune!

Tous les autres jouets qui étaient rassemblés sous le lit hochèrent la tête. William ne comprenait pas comment ses jouets avaient l’intention de partir à la recherche de la lune. C’était sûrement beaucoup trop compliqué, et beaucoup trop dangereux.

– Oh non, ce n’est pas une mission pour nous, dit Éclair Bleu, la figurine de superhéros qui avait perdu un bras la semaine précédente.

Monsieur Boom regarda William d’un air suppliant.

– Nous avons besoin de ton aide, William! Il faut que tu partes avec moi à la recherche de la lune! Nous comptons tous sur toi.

William regarda ses jouets un après l’autre. Ils avaient tous l’air très sérieux. C’était ridicule! Comment pourrait-il partir à la recherche de la lune? Il n’était qu’un petit garçon… Et puis, ses parents ne le laisseraient jamais sortir de la maison tout seul!

– Ne t’inquiète pas, j’ai tout arrangé, dit Monsieur Boum en hochant la tête. Tout est prêt. Si tu acceptes de m’aider à retrouver la lune, Zip nous y conduira!

L’ours étendit son bras pour montrer quelque chose à William. Zip! Sa voiture rouge adorée sortit de l’ombre et s’avança vers lui. Voilà pourquoi il ne l’avait pas trouvée dans son coffre à jouets. Elle était cachée sous le lit!

– Je peux conduire la voiture, mais je ne peux pas y aller seul, dit Monsieur Boum. Il faut que tu m’accompagnes, William!

William n’avait pas vraiment envie de partir à la recherche de la lune, mais il ne voulait pas non plus décevoir Monsieur Boum et tous ses jouets qui comptaient sur lui. Il hocha la tête pour leur signifier qu’il acceptait cette mission.

– Merci! dit Monsieur Boum d’un air soulagé. Viens, nous devons partir maintenant, nous devons nous dépêcher!

– Tu seras un héros, William! ajouta Éclair Bleu.

Les autres jouets sautèrent de joie et applaudirent.

Monsieur Boum sauta derrière le volant de la belle voiture rouge, et invita William à s’asseoir à sa droite. William s’approcha de la voiture, mais s’arrêta, et regarda en direction de la porte de sa chambre. Sa maman était dans la cuisine… Il ne pouvait pas partir sans lui dire au revoir! Si elle découvrait qu’il n’était plus dans sa chambre, elle serait très inquiète.

– Ne t’inquiète pas, William, lui dit Monsieur Boum. Le méchant qui a pris la lune l’a amenée dans un autre monde, un monde magique! C’est là que nous allons. Dans ce monde secret, le temps passe plus vite qu’ici, alors nous serons de retour avant que ta mère s’aperçoive de ton absence. Je te le promets.

William décida de faire confiance à son ours. Il monta dans la voiture, et boucla sa ceinture de sécurité.

– Tu es prêt? demanda Monsieur Boum.

William lui fit signe qu’il était prêt. Aussitôt, le moteur de Zip se mit à gronder, et la belle voiture rouge sortit de sous le lit pendant que tous les jouets applaudissaient en criant de joie.

Sans prévenir, Zip quitta tout à coup le sol, et s’envola par la fenêtre de la chambre. William n’en croyait pas ses yeux! Sa belle voiture rouge pouvait voler! Le jeune garçon poussa un cri joyeux.

Il fut encore plus surpris quand il vit que le paysage que la voiture survolait n’était pas celui qu’il avait l’habitude de voir quand il sortait de chez lui. Les maisons des voisins, la rue et le parc n’étaient plus là. En regardant derrière lui, William remarqua que même sa propre maison avait disparu!

– Ne t’inquiète pas, William! dit Monsieur Boum. Nous sommes dans le monde magique… Ici, tout est différent!

…à suivre!

Sondage!

Le vendredi 8 juillet dernier, j’ai passé la journée à l’Expo de Trois-Rivières en compagnie de l’auteure de romans fantastiques Karine Dorion et de Sandrine Plante, créatrice de bijoux et d’accessoires vraiment originaux.

J’ai passé une belle journée, j’ai rencontré plein de gens sympathiques pour leur parler un peu de mes livres, et j’ai même vendu 3 copies d’Ourse Ardente.

Je ne participe pas souvent à des événements pour présenter mes livres, mais quand je le fais, j’apporte toujours avec moi une bonne quantité de signets, de cartes d’affaires et d’aimants pour le frigo, que j’offre gratuitement aux gens qui viennent me voir. Les enfants semblent particulièrement les apprécier!

Après ma journée à Trois-Rivières, je me suis demandé ce que je pourrais faire de plus pour attirer l’attention des passants, pour leur donner des informations sur mes livres, pour qu’ils se souviennent de moi, pour que leur visite de ma table d’auteure soit plus agréable et intéressante que de simplement passer devant une table sur laquelle il y a des livres d’exposés, et pour, peut-être, qu’ils aient envie de m’acheter un livre.

Les gens que je rencontre lors d’événements d’auteurs me demandent souvent si mes livres sont disponibles dans les librairies… Quand je leur répond non, ils ont l’air déçu, et ça s’arrête là.

En tant qu’artiste et auteure indépendante, je travaille fort pour essayer de vendre mes oeuvres moi-même, lors d’événements, ou sur mon site internet.

J’ai donc essayé de penser à quelques idées pour rendre mes futures tables d’auteure plus attrayantes et plus originales. J’aimerais que vous, chers lecteurs et chères lectrices, preniez quelques secondes pour lire mes idées, et que vous votiez pour vos idées préférées. Si vous avez des suggestions, je vous invite à me les partager dans un commentaire!

 

Merci d’avoir pris le temps de participer à ce fabuleux sondage, et n’hésitez pas à me donner vos suggestions, même si elles semblent bizarres ou pas très réalistes… Ça pourrait être amusant, et on ne sait jamais ce que ça pourrait inspirer!

Savoir à quoi s’attendre

Avez-vous déjà écouté un film sans savoir si c’était un drame, un film d’horreur, ou une comédie?

Ça m’est arrivé, il y a quelques mois. J’avais enregistré un film parce que la description dans le guide horaire m’intriguait… Ça parlait d’une femme, mariée avec un psychologue, qui revoit son amie imaginaire d’enfance. Quelque chose comme ça. Ça avait sûrement l’air plus intriguant et plus intéressant dans la description, sinon, je ne l’aurais pas enregistré.

C’était un film dont je n’avais jamais entendu parler (je ne me souviens d’ailleurs pas du titre) et quand le film a commencé, je me demandais sérieusement si c’était un drame ou une comédie… Finalement, c’était un genre de film d’horreur, mais pas exactement. C’était plutôt un genre de drame/suspense étrange, avec quelques scènes un peu creepy.

En fin de compte, ce n’était pas vraiment important pour moi de savoir quel genre de film c’était… C’est juste que je me demandais si je devais me préparer à avoir peur ou à faire le saut! Ce n’était pas le meilleur film au monde, mais je l’ai quand même apprécié.

Depuis que je fréquente, de temps à autres, des salons du livre pour auteurs peu ou pas connus, je me suis mise à acheter des livres écrits par des auteurs qui, comme moi, essaient de se faire connaître. Plusieurs d’entre eux ont publié à compte d’auteur.

Quel est le lien avec mon film étrange? Eh bien, récemment, j’ai lu quelques livres, sans savoir à quoi m’attendre… Et de plus en plus, je trouve que c’est le fun de commencer à lire une histoire, sans savoir si c’est une histoire de meurtrier, ou une histoire de fantômes, de magie, ou d’extra-terrestres.

Tant que l’histoire m’intéresse, je n’ai pas besoin de savoir à l’avance où elle va m’emmener. C’est aussi le fun de lire un livre dans un genre particulier, mais je trouve qu’il y a quelque chose de spécial dans le fait de ne pas savoir. C’est comme recevoir et déballer un cadeau, en prenant son temps pour ne pas déchirer le papier…

En plus, je n’aime pas ça quand un film ou un livre est trop prévisible, et que j’arrive à deviner ce qui va se passer, pour le meilleur ou pour le pire! Donc, ne pas savoir à quoi s’attendre, c’est un bon début.

Je suppose, par exemple, que la majorité des gens aiment savoir à quoi s’attendre quand ils choisissent un film ou un livre.

Dommage…

J’ai de la misère à faire de bons résumés de mes livres ou à dire dans quels genres ils sont.

Peut-être que plus de gens achèteraient mes livres s’il leur suffisait de regarder la page couverture et de lire quelques mots du résumé pour se dire, «Ah ben, j’vais lire ça, c’est sûrement ben bon!»

Listes de diffusion

J’ai un nouvel ordinateur, depuis hier! Ce n’est pas facile de s’habituer à travailler sur un nouvel ordinateur, avec un Windows différent… Mais c’est aussi une bonne occasion d’essayer de mettre un peu d’ordre dans mes affaires virtuelles. Essayer. L’ordre et le ménage, ce n’est pas mon fort.

Mais ce n’est pas de ça dont je veux vous parler aujourd’hui!

Dans mon blogue «Un chimpanzé et des codes» je parlais, entre autres, de mes deux listes de diffusion qui sont maintenant hébergées par le site MailChimp.

À quoi servent les listes de diffusion? Je dirais qu’elles sont surtout utiles parce que Facebook est construit d’une manière qui fait que les gens qui aiment mes pages ne voient pas nécessairement tout ce que je publie, ou alors, ils le voient, mais au milieu de tellement plein d’autres choses qu’ils n’y portent pas attention. Donc, mes listes de diffusion sont utiles pour que ceux qui veulent rester au courant de mes projets puissent rester au courant de mes projets, par courriel, ce qui est plus simple que d’essayer de repérer ce que je fais dans l’océan d’images et de textes et de vidéos qu’est Facebook.

Dans le cas de ma liste «Myriam Plante – Art & Mots», les courriels peuvent vous avertir de la parution de mes livres, d’événements spéciaux, de concours, des étapes de mes différents projets…

Pour ma liste «Gontrand le Chevalier», les courriels servent à vous avertir dès qu’une nouvelle page de la bande dessinée est publiée sur le site. Ils vous avertissent aussi lorsqu’il y a des nouveaux concours dans l’univers de Gontrand!

Comme en ce moment… Pour célébrer le début du Chapitre 2 des aventures de Gontrand le Chevalier, j’ai décidé de lancer un nouveau concours pour permettre à 2 personnes de devenir des personnages dans la bande dessinée.

Pour participer, il faut tout d’abord s’inscrire à la liste de diffusion de Gontrand. (Eh oui, c’est une tentative pour inciter les gens à s’inscrire à ma liste!) Ensuite, il faut suivre les instructions dans le courriel intitulé «Un nouveau concours de Gontrand le Chevalier!» que vous allez recevoir.

Cliquez sur l'image pour vous rendre sur la page d'inscription!

Cliquez sur l’image pour vous rendre sur la page d’inscription!

Et voilà! Pour l’instant, il n’y a qu’une seule personne qui a complété toutes ces étapes avec succès… Le concours se termine le 18 Juin.

Le début du Chapitre 2

Si vous faites partie des 3 ou 4 personnes qui attendent la suite des aventures de Gontrand le Chevalier avec impatience, réjouissez-vous!

Je vais bientôt commencer à dessiner la première page du deuxième chapitre des aventures de Gontrand! Pour l’instant, la page existe sous la forme d’un croquis… J’ai hâte de vous la faire découvrir, car l’histoire va commencer dans un nouvel endroit mystérieux, qui n’existait pas encore dans le premier chapitre. Ça faisait longtemps que j’avais des idées qui me venaient, et que je prenais des notes. Mais là, j’ai officiellement commencé à développer ces idées pour en faire le début d’une histoire, qui, bien sûr, mènera à la suite de la quête de Gontrand, Glorian et Lisette pour essayer de retrouver la radieuse Princesse Gisèle.

Mes croquis de pages seront dessinés dans un nouveau cahier rouge!

Mes croquis de pages seront dessinés dans un nouveau cahier rouge!

Pour commencer le tout en beauté, je vais bientôt lancer un nouveau concours, pour permettre à deux personnes de faire une apparition dans les aventures de Gontrand. Je ne vais pas me faire de fausses idées en pensant que des dizaines de personnes vont participer au concours, mais j’espère au moins pouvoir couronner 2 gagnants, parmis les lecteurs de Gontrand qui ne sont pas encore apparus dans la bande dessinée…

Je vous reparle du concours bientôt!

lol Amazon!

Saviez-vous que 2 de mes 3 livres publiés étaient disponibles sur Amazon? Non? Moi non plus.

C’est une joke, bien sûr que je le savais! En publiant mes livres grâce au site lulu.com, je pouvais choisir l’option d’offrir mes livres à la distribution sur Amazon, et quelques autres sites de vente en ligne.

J’aime magasiner sur Amazon, et je trouve ça le fun que mes livres soient offerts là… Ce que je trouve drôle, c’est qu’en ce moment, mon recueil Ourse Ardente et 15 autres histoires se vend pour 6,75$ sur Amazon.ca… Moi, je le vends pour 12$ sur mon site.

Quand à ma bande dessinée Gontrand le Chevalier, Amazon.ca la vend pour la modique somme de 34,32$… Moi, je la vends 25$ sur mon site.

Je ne sais pas trop sur quoi Amazon se base pour définir ses prix… Et je ne sais pas trop non plus combien d’argent ils vont me verser si quelqu’un achète un de mes livres sur leur site. Je serais curieuse de le savoir…

Ah oui, je parle de Amazon.ca, mais on peut aussi trouver mes livres sur Amazon.com, Amazon.fr, et sans doute toutes les versions d’Amazon, dans tous les pays. Mes oeuvres sont internationales! En théorie seulement, car en pratique, je ne m’attends pas à ce que personne en achète, même si elles sont disponibles sur un site populaire.

Gontrand sur Amazon.fr! Je ne sais pas pourquoi ça dit «Broché», le livre n’est pas supposé être relié par des broches…

Si vous voulez vous procurer un de mes livres sur Amazon, allez-y! Et laissez-moi savoir si la transaction se déroule bien, si vous recevez votre commande rapidement, si le livre est beau… Laissez vos commentaires sur Amazon après votre lecture, aussi. Ça peut vraiment m’aider à rejoindre d’autres lecteurs.

Si vous préférez m’encourager directement (ou simplement ne pas payer 34$ pour une bande dessinée!) vous pouvez commander mes oeuvres sur mon site, ou sur lulu.com.

Les gens de Victoriaville et des environs peuvent aussi les trouver chez Buropro Citation de Victoriaville!

Un chimpanzé et des codes

Maintenant que j’ai réussi à terminer et publier Ourse Ardente et le premier Chapitre de Gontrand le Chevalier, à peu près en même temps, j’ai décidé de travailler sur des choses que j’avais l’intention de faire depuis longtemps.

Premièrement, je me suis occupée de ma liste de diffusion. Avant, j’utilisais le site Bravenet.com pour envoyer mes courriels, une fois par mois, aux quelques personnes géniales qui se sont inscrites pour recevoir de mes nouvelles. Mais récemment, le site Bravenet a changé, et je trouvais que l’outil de création et d’envoi de courriels ne fonctionnait pas aussi bien qu’avant. J’ai aussi eu des problèmes avec mon adresse courriel, que Yahoo a subitement décidé de considérer comme du spam quand j’essayais d’envoyer des courriels aux gens sur ma liste. Bref, il fallait que quelque chose change.

J’ai donc décidé d’essayer le site MailChimp.com, pour voir ce que ça donnerait. Je suis rapidement tombée en amour avec ce site! Un autre problème de Bravenet, c’est que c’était impossible de tout traduire en français, et certaines personnes qui ne comprennent rien à l’anglais trouvaient que c’était difficile de s’inscrire sur ma liste de diffusion. Avec MailChimp, ce problème est résolu! J’ai réussi à tout traduire en français, tout semble facile à utiliser, et il y a même un petit singe virtuel qui va me faire un high five chaque fois que je vais envoyer un courriel!

Sérieusement. MailChimp me fait des high fives. C'est une délicate attention, et c'est bon pour mon estime!

Sérieusement. MailChimp me fait des high fives. C’est une délicate attention, et c’est bon pour mon estime!

Si vous étiez déjà sur ma liste de diffusion, ne vous inquiétez pas. Je vais transférer votre adresse courriel sur la nouvelle liste avec MailChimp. C’est peut-être même déjà fait, au moment où vous lisez ces lignes. Ce sera fait, même si vous ne les lisez pas. Merci MailChimp!

Mon deuxième gros changement, c’est que j’ai fait une nouvelle version de mon site internet. La version 4 datait de 2013, et ça faisait un bout que je me disais qu’elle n’était pas super pratique, et que j’aimerais y apporter quelques changements. J’ai donc pris quelques jours pour faire ça… J’ai gardé le même style visuel (des bouts de papier déchirés qui représentent bien mon espace de travail!) mais j’ai changé le format… Je pense que c’est maintenant plus beau, et plus facile à parcourir. J’espère que vous serez de mon avis.

Voici un rappel de la page d’accueil de la version 4:

version 4Avec plusieurs heures, et du gossage dans les codes html (ce qui est à la fois une formule magique, un défi compliqué, et quelque chose de vraiment plate à faire), je vous présente la version 5 de mon site: http://www.myriamplante.com/

Allez donc la visiter! Tsé, tant qu’à avoir travaillé dessus, j’aimerais qu’elle soit vue et admirée. Vous pouvez aussi me faire vos commentaires et suggestions.

Finalement, j’ai modifié ma présentation dans la page À propos de moi de ce blogue. J’ai écrit un texte plus complet qui, je crois, représente bien qui je suis, et mes intentions en tant qu’artiste qui écrit un blogue.

Voilà, c’est ce que j’ai fait ces derniers temps… Et vous, vous avez fait quoi?

Tant pis pour la gloire

La dernière fois que j’ai écrit dans mon blogue, je terminais mes préparatifs pour La Foire du Livre Buropro Citation du Salon de l’Éducation Centre-du-Québec. J’espérais que mes parents ne seraient pas les seules personnes dans la salle à m’écouter parler de ma bande dessinée.

J’avais un peu peur que ça soit le cas, mais en même temps, je me disais que ça serait l’heure de gloire de Gontrand le Chevalier! J’ai passé tellement de temps à tout préparer, et je voulais absolument que mon album soit prêt à temps pour cette journée-là… J’étais sûre que tout se passerait bien, et que mes efforts en vaudraient la peine.

Il n’y avait pas beaucoup de monde au Salon de l’Éducation, et je pense que les gens qui étaient là étaient surtout intéressés par les conférences, et pas par les présentations des auteurs. L’événement était bien organisé et c’était sympathique, mais ouais, vraiment pas beaucoup de monde.

J’ai souvent des attentes quand je participe à des événements pour promouvoir mes oeuvres. Pas des attentes irréalistes, genre, je ne m’attends pas à ce que 1000 personnes fassent la file pour venir acheter mes livres, et s’évanouissent tellement elles sont contentes de m’avoir rencontrée… Je voudrais juste attirer l’attention de quelques personnes, pour qu’elles soient intriguées, et aient envie de découvrir ce que je fais.

Mais ce n’est jamais vraiment ça qui se passe. Encore une fois, j’ai été déçue. Avoir su, je ne me serais pas imposé d’esclavage pour finir de préparer ma bande dessinée le plus vite possible… J’aurais pris mon temps, et le résultat aurait été tout aussi hot, mais je ne serais pas virée folle en le faisant.

Mais bon, tant pis. Tant pis pour la gloire de Gontrand le Chevalier, qui ne semble vraiment pas dû pour se faire de nouveaux amis. Il devra se contenter de ceux qu’il a déjà.

Mais tant qu’à avoir préparé un texte pour parler de l’histoire de Gontrand le Chevalier, et à avoir préparé des dessins et un Power Point pour agrémenter ma présentation, je vais vous partager ici une version abrégée  (ou peut-être pas tant abrégée, dans le fond) de ce que j’ai dit devant le nombre très restreint de gens qui sont venus m’écouter, et qui ont au moins été contents d’avoir des signets gratuits.

Je vais donc faire semblant que vous ne me connaissez pas, et que vous n’avez jamais entendu parler de Gontrand le Chevalier.

Présentation de Gontrand le Chevalier

Bonjour! Je m’appelle Myriam Plante, et je suis la créatrice de Gontrand le Chevalier, qui est un personnage de bande dessinée. J’ai déjà publié 2 autres livres, mais Gontrand le Chevalier c’est mon premier projet de bande dessinée. Aujourd’hui, je vais vous présenter l’histoire de Gontrand, mais avant, je vais vous parler un peu de l’histoire de sa création.

J’ai toujours aimé lire, écrire et dessiner. Ça fait longtemps que je sais que ce que je veux faire dans la vie, c’est écrire des livres et faire de l’art. Quand j’étais plus jeune, ma mère m’a fait découvrir les bandes dessinées d’Astérix et Obélix, Tintin, Lucky Luke, et plusieurs autres… Je me disais que j’aimerais peut-être faire ma propre bande dessinée un jour, et j’avais quelques idées d’histoires, mais rien de super développé.

J’ai inventé Gontrand le Chevalier pendant que j’étais en secondaire 5… En 2002 et 2003. Mon amie Marilyn et moi, on passait souvent du temps à la bibliothèque sur l’heure du midi. On faisait des travaux, et on s’amusait aussi à dessiner dans nos agendas.

Mon agenda de secondaire 5, un artéfact important.

Mon agenda de secondaire 5, un artéfact important.

Un jour, j’ai dessiné un petit chevalier en armure, et je l’ai appelé Gontrand.

La première apparition de Gontrand le Chevalier, en 2002.

La première apparition de Gontrand le Chevalier, en 2002.

Dans les prochains jours, j’ai ajouté des personnages: le cheval du chevalier, un dragon, un roi, une reine, une princesse, une méchante sorcière…

La première apparition de la Princesse Gisèle.

La première apparition de la Princesse Gisèle.

Finalement, je me suis dit, tant qu’à avoir inventé des personnages, je vais leur inventer une histoire! Alors j’ai créé la première version de l’histoire de Gontrand dans mon agenda, dans de toutes petites cases…

Une partie de l'histoire dans mon agenda.

Une partie de l’histoire dans mon agenda.

Une fois l’histoire finie, je me suis dit que ça serait le fun d’en faire une vraie bande dessinée un jour, avec une histoire plus développée et des beaux dessins en couleur, et de la partager avec plein de monde… Mais je ne savais pas trop comment ça se faisait, une «vraie» BD.

Après mon secondaire, je suis partie étudier au Cégep, où j’ai appris plusieurs choses qui ne m’ont pas servi par la suite, et d’autres choses qui m’ont été très utiles. J’ai appris à travailler avec des crayons feutre noirs avec des largeurs de pointes différentes, et j’ai appris comment utiliser le logiciel Photoshop, qui ne sert pas seulement à faire des retouches de photos.

Après mon Cégep, j’ai décidé que c’était le temps d’essayer… Je me disais que ça ne serait peut-être pas une «vraie» bande dessinée, mais que ça serait la mienne! J’ai donc commencé à travailler sur la version officielle de mon histoire, en dessinant au crayon de plomb, avant de retracer mes dessins avec mes crayons feutres que j’aime tant. Après, je scanne chaque page et je fais les couleurs avec Photoshop. Au début, je ne savais pas trop où je m’en allais, mais j’ai développé ma technique en la faisant.

J’ai même créé un site internet, et une page Facebook (une page Myspace, au début!) et j’ai organisé des concours pour permettre aux lecteurs de devenir un personnage figurant dans l’histoire.

4 gagnants d'un concours. Ce sont les organisateurs du mariage de la Princesse.

4 gagnants d’un concours. Ce sont les organisateurs du mariage de la Princesse.

Ça m’a pris beaucoup trop de temps à compléter mon histoire, qui est en fait la première partie d’une histoire qui va avoir je ne sais pas combien de parties. Après des heures et des heures de travail, j’ai réussi, j’ai fait mon premier album de bande dessinée, et j’en suis vraiment fière!

Maintenant, l’histoire de Gontrand… Gontrand le Chevalier, c’est un chevalier, ou plutôt, c’est une armure de chevalier… C’est une armure qui bouge et qui parle, on ne sait pas trop pourquoi, et même moi je ne suis pas certaine. Peut-être que ça va être expliqué un jour, dans une autre histoire. Donc, Gontrand voyage partout avec son cheval Eugène, et son but est d’aider les gens qui ont besoin d’aide.

Gontrand et Eugène

L’histoire commence dans un Royaume lointain, où le Roi Joséphin et la Reine Gertrude cherchent un mari pour leur fille Gisèle. La Reine voudrait laisser sa fille choisir, mais le Roi décide d’offrir du divertissement à son peuple, alors il organise une compétition avec différentes épreuves. Il y a 6 candidats qui vont essayer de gagner le coeur de la Princesse Gisèle. Mais il y en a un qui a été envoyé en mission par Raymonde, la méchante sorcière…

Les 6 candidats au mariage.

Les 6 candidats au mariage.

La Princesse va tomber amoureuse du Prince Gilbert de la Garnotte, même si c’est un bonhomme fait en roches, et qu’il ne parle même pas!

Elle va vouloir l’épouser, mais ils vont se faire enlever mystérieusement, et le Roi Joséphin va compter sur Gontrand le Chevalier pour aller sauver sa fille. Gontrand va donc partir à sa recherche, avec Glorian le ménestrel et Lisette la paysanne, et ils vont vivre toutes sortes d’aventures ensemble.

Bonne question...

Bonne question…

Pour lire l’histoire et découvrir tous les personnages que j’ai créés, vous pouvez acheter l’album, ou visiter le site internet de Gontrand pour la lire gratuitement!

Voilà qui termine ma présentation… Je voulais vous montrer que chaque livre peut raconter plus qu’une histoire: l’histoire de ses personnages, mais aussi, une partie de l’histoire de la personne qui a créé le livre. Parce que les livres, même s’ils sont des objets magiques qui peuvent nous divertir, nous faire voyager et nous apprendre plein de choses, ils n’apparaissent pas par magie! Il y a des gens qui travaillent fort pour les faire exister, et je pense que de prendre le temps de penser à ça, ça permet d’apprécier la lecture encore plus.

Merci de m’avoir lue jusqu’au bout!

 

En route vers le Salon de l’Éducation!

C’est demain! C’est demain que je vais présenter le tout premier album des aventures de Gontrand le Chevalier devant un public qui, je l’espère, existera, et sera intéressé par ma présentation.

J’ai l’impression que ça fait des mois que je prépare ça… J’ai préparé chacune des pages de ma bande dessinée pour l’impression, j’ai préparé et fait imprimer la bande dessinée sur le site lulu.com, j’ai fait des dessins pour un PowerPoint que je vais projeter pendant ma présentation… Beaucoup de travail. Donc genre s’il y a juste 2 ou 3 personnes qui viennent m’écouter parler, je risque d’être déçue un peu.

Pas parce que je suis super excitée à l’idée de parler en public… Je n’aime pas ça, même si ça a l’air que je m’en sors bien. Mais tant qu’à avoir accepté de participer à cet événement et à avoir préparé tout ça, j’aimerais que mes parents ne soient pas les seules personnes dans la salle!

Quel événement? La Foire du Livre Buropro Citation du Salon de l’Éducation Centre-du-Québec! Ça va se passer au Complexe Sacré-Coeur de Victoriaville, de 13h à 20h.

J’aurai des signets gratuits pour les gens qui viendront me voir, et Buropro Citation s’occupera de la vente de l’album de Gontrand, mais aussi de mes autres oeuvres, Le Parfum du Vent et Ourse Ardente et 15 autres histoires.

Une multitude de signets!

Une multitude de signets!

Je n’apporterai pas beaucoup de copies de chaque livre… D’habitude, quand je participe à un événement pour vendre des livres, mes parents me forcent à amener 10 000 boîtes pleines de livres, et je finis par en vendre 1 ou 2… Ok, j’exagère sur le nombre de boîtes de livres, mais je n’exagère pas sur le nombre de livres vendus, ce que vous avez déjà remarqué si vous suivez mon blogue depuis quelque temps.

Donc, demain, je n’apporterai qu’une seule boîte. On dit souvent qu’il vaut mieux en avoir trop que pas assez… Mais cette fois-là, j’ai plutôt envie de me dire que je me sentirais peut-être cool si je n’en avais pas assez. Ça voudrait dire que j’ai vendu plus qu’un ou 2 livres, et en manquer, c’est sûrement plus valorisant que de repartir à la maison avec 10 000 boîtes de livres pleines.

1 boîte, c'est moins lourd et encombrant que 10 000 boîtes.

1 boîte, c’est moins lourd et encombrant que 10 000 boîtes.

Bon, il me reste maintenant à «apprendre» mon texte pour ma présentation de demain, que je devrai en fait faire 2 fois, à 14h45 et à 17h15.

À demain, public impatient!

La maison sanglante

Mon lancement virtuel est terminé. Merci à tous les participants!

Mon lancement virtuel est terminé. Merci à tous les participants!

L’histoire qui a obtenu le plus de votes (2 votes!) sur la page Facebook de mon lancement virtuel est: La maison sanglante.

Voici donc cette histoire, tirée de mon recueil Ourse Ardente et 15 autres histoires

La maison sanglante

La maison sanglante venait de faire une nouvelle victime, mon pied bleu en témoignait. J’avais grandi à côté de cette maison, sans savoir que j’y entrerais un jour. En fait, j’ai toujours espéré ne jamais avoir à y entrer.

La maison ressemblait à celle de mes parents, et à toutes celles du quartier. Ce qui la distinguait des autres, en apparence, c’était la couleur de ses briques. Alors que ses voisines présentaient des façades d’un gris banal ou d’un brun terreux, les briques de la maison sanglante étaient rouges. Si la couleur de la maison ne nuisait pas à sa réputation, elle n’était pas la principale raison pour laquelle les enfants, et même les adultes du quartier l’appelaient par ce nom particulier depuis plusieurs années.

Lorsque j’étais jeune, les enfants du voisinage se réunissaient au parc, et se racontaient souvent des histoires de peur, comme on les appelait. Les histoires les plus populaires concernaient toujours la maison sanglante. On disait, entre autres choses, que la maison était maudite, et que tous les gens qui y entraient se mettaient à saigner sans aucune raison, et qu’ils saignaient, saignaient… Jusqu’à ce qu’ils sortent de la maison sanglante… ou jusqu’à ce qu’ils meurent.

Bon, d’accord, mon pied ne saignait pas. Il était marqué d’une grande tache bleue, traversée par la sangle de ma sandale. Un bleu… Oui, je saignais, mais de l’intérieur seulement.

Comme j’habitais dans la maison grise à gauche de la maison sanglante, les histoires qui la concernaient me faisaient particulièrement peur. Je n’avais jamais vu les gens qui y habitaient. Je savais seulement qu’ils n’avaient pas d’enfant.

Un jour, j’ai entendu mes parents dire que la maison sanglante avait fait une nouvelle victime. Je n’avais jamais entendu aucun adulte appeler la maison ainsi, mais quand j’ai questionné mes parents, ils ont refusé de m’en dire davantage. Ce n’est que plusieurs années plus tard, un ou deux ans avant que je ne parte dans mon premier appartement, je crois, qu’ils m’ont parlé de ce qu’ils savaient à propos de la maison. Ils m’ont dit qu’au cours des années, plusieurs jeunes couples y ont emménagé. La plupart sont partis après seulement quelques semaines. Ceux qui sont restés plus longtemps ont fini par sortir aussi, la femme étendue sur une civière, et l’homme, assis à l’arrière d’une voiture de police. Ou l’inverse. À partir de ce moment, j’ai commencé à voir la maison sanglante sous un autre angle. Elle projetait subitement une nouvelle image, plus digne d’un film d’horreur inspiré de faits réels que d’une série d’histoires racontées par des enfants.

J’ai déménagé, à l’autre bout de la ville. Chaque fois que je visitais mes parents, je ne pouvais pas m’empêcher de jeter un oeil à la maison sanglante, et d’imaginer tout ce qui avait pu se passer derrière ses murs rouges. Mais je n’avais jamais cru qu’un jour, je serais obligée d’y entrer.

En fait, j’aurais pu dire non. Mais je n’ai rien dit, parce que je me voyais mal en train d’expliquer à ma patronne que je ne voulais pas aller faire du ménage dans la maison sanglante, parce que j’avais peur d’y mourir. Je travaille pour une compagnie d’entretien ménager résidentiel, et nous sommes souvent engagés par des familles qui s’apprêtent à déménager, ou à s’installer dans une nouvelle demeure, et qui tiennent à ce que tout soit propre. Quand Andrée m’a donné l’adresse de la maison qu’un jeune couple très pointilleux venait d’acheter, et souhaitait voir briller de propreté, j’ai tout de suite compris qu’il s’agissait de la maison sanglante. Mais je n’ai rien dit.

Je suis partie avec Marie-Sophie, une de mes collègues. Elle a stationné sa voiture dans l’allée de la maison sanglante, devant laquelle le panneau «À vendre» était maintenant bel et bien surmonté d’une affiche sur laquelle «Vendue» était écrit, en lettres blanches sur fond rouge.

Nous sommes entrées à l’intérieur. Marie-Sophie est entrée la première, et je marchais derrière elle, en tentant de camoufler ma nervosité. Mon imagination m’avertissait que l’intérieur de la maison serait sinistre, que les planchers seraient incrustés de taches de sang séché, et que des bruits inquiétants se feraient entendre, semblant provenir de l’intérieur des murs.

Tout en étant rassurée, j’étais, je dois l’admettre, un peu déçue. L’intérieur de la maison sanglante n’avait rien de sinistre. Des pièces vides où flottait une légère odeur d’humidité. Des murs blancs, à la peinture un peu défraichie. Quelques toiles d’araignées qui pendaient du plafond. Ce qui me troublait le plus, en fait, c’était le fait que la disposition du salon, de la cuisine, de la salle de bain et des chambres était exactement la même que celle de la maison de mes parents. Cela n’avait, en fait, rien de surprenant; toutes les maisons du quartier étaient, je crois, construites selon le même modèle. Mais j’avais l’impression d’être dans la maison de mes parents, si celle-ci se retrouvait subitement vide, inhabitée, sans vie, et je me sentais un peu mal à l’aise, sans trop savoir pourquoi.

Comme à son habitude, Marie-Sophie avait apporté sa petite radio. Elle disait souvent, en plaisantant, que si un jour elle devait travailler sans musique, elle en mourrait d’ennui. Elle a donc allumé la radio, et nous avons commencé à nettoyer les armoires de la cuisine.

Au bout d’une heure, peut-être deux, la radio a produit une sorte de crépitement, et elle s’est arrêtée. Après avoir inspecté sa fidèle amie, Marie-Sophie a déclaré que les piles avaient coulé, et qu’elle n’en avait pas d’autres dans sa voiture. Déçue, elle s’est remise au travail.

Un peu plus tard, elle s’est mise à se plaindre de maux de ventre, qu’elle disait atroces. Nous avons terminé notre grand ménage de la cuisine, et nous avons commencé à épousseter le salon, puis le corridor qui menait à la salle de bain. Marie-Sophie n’a pas arrêté de se plaindre. De plus en plus agacée, j’ai fini par lui dire que si elle avait trop mal au ventre pour travailler, elle n’avait qu’à partir. Elle m’a écoutée… Elle m’a dit qu’elle allait se reposer chez elle, et qu’elle reviendrait m’aider plus tard. Ma gorge s’est serrée lorsque j’ai entendu la porte se refermer derrière elle. J’étais maintenant seule. Seule, dans la maison sanglante.

J’ai continué à travailler, mais sans vraiment m’appliquer. Mes parents m’ont toujours répété que tout ce qui mérite d’être fait mérite d’être bien fait. Cependant, je n’avais pas l’intention d’appliquer ces sages paroles dans ma situation actuelle. J’étais seule dans la maison sanglante, et je n’avais qu’une envie, et qu’un but: en sortir le plus rapidement possible. Et puis, de toute façon, les chambres de la maison n’étaient pas vraiment sales. Je les ai époussetées rapidement, avant de m’attaquer à la salle de bain.

J’étais assise sur le rebord du bain, à me demander pourquoi j’avais un aussi gros bleu sur le pied alors que je ne me souvenais pas de m’être cognée nulle part, quand tout à coup, mon téléphone cellulaire a sonné.

J’ai sursauté, puis j’ai couru jusqu’à la cuisine, là où j’avais laissé mon téléphone, sur le comptoir. J’ai répondu, pour entendre la voix paniquée d’Élisabeth, la soeur de Marie-Sophie, me dire que ma collègue avait été amenée à l’hôpital, et qu’elle souffrait d’une hémorragie interne au niveau de l’estomac. Sans écouter les détails, et sans laisser ma voix dénoncer mes émotions, je l’ai remerciée de m’avoir donné des nouvelles, et j’ai raccroché.

Une hémorragie interne. Marie-Sophie était elle aussi victime de la malédiction de la maison sanglante. Je me suis dit que ce n’était qu’une coïncidence, et que tout irait bien. Malgré tout, la nervosité que j’avais ressentie en entrant dans la maison ne faisait qu’augmenter.

J’ai eu une soudaine envie de sortir de la maison en courant, d’entrer chez mes parents, et de leur dire que j’avais la preuve qu’il se passait des choses anormales dans la maison sanglante, et que je ne voulais pas y retourner. J’aurais pu partir, prétendre que la maison était maintenant propre, et fuir le danger, ou, du moins, mes responsabilités…

Je sais ce qui se serait passé: mes parents se seraient moqués de moi, et le couple qui a acheté la maison se serait plaint de mon travail mal fait. Je n’allais quand même pas laisser la maison sanglante faire une tache sur ma réputation au travail!

J’ai fermé les yeux et j’ai pris quelques longues et lentes respirations. Lorsque j’ai ouvert les yeux, je me trouvais toujours dans la maison, mais je me sentais beaucoup plus calme. Un peu plus calme.

J’ai repris mon téléphone, et j’ai appelé Andrée. Je lui ai dit que Marie-Sophie était à l’hôpital, et que j’aimerais avoir du renfort. Elle m’a répondu que personne ne pouvait venir pour le moment, mais qu’elle m’enverrait quelqu’un dès que possible. Je suis retournée dans la salle de bain, et j’ai continué mon travail.

Lorsqu’un bruit s’est fait entendre un moment plus tard, j’ai cru que quelqu’un frappait à la porte. J’ai couru jusqu’à la porte… Il n’y avait personne. Je suis retournée dans la salle de bain une fois de plus, et j’ai terminé de tout nettoyer.

Je m’étais occupée de la cuisine, du salon, des corridors et des chambres, et la salle de bain était maintenant propre. Il ne restait plus que le sous-sol.

Le sous-sol… Combien existe-t-il de films d’horreur dans lesquels le danger se trouve dans le sous-sol? Qu’il s’agisse d’une maison hantée ou non, la cave est toujours un endroit lugubre, sombre, inquiétant, où se cachent des fantômes, des tueurs, des psychopathes, des cadavres, ou de terribles secrets… Qu’allais-je trouver dans le sous-sol de la maison sanglante?

En m’approchant de l’emplacement des escaliers menant au sous-sol dans la maison de mes parents, je me suis trouvée face à une porte. Dans la maison de mes parents, il n’y a pas de porte à cet endroit. J’ai ouvert la porte en question. Il s’agissait bien des escaliers du sous-sol, et non d’un garde-robe.

J’ai reculé d’un pas, comme si j’avais peur que la poignée de la porte ne me morde. Une porte! Les caves fermées par des portes sont les pires! C’est là qu’en plus de se trouver nez à nez avec des fantômes, des tueurs, des psychopathes ou des cadavres, on se fait enfermer avec eux. Et il fallait que moi, maintenant, je descende les escaliers menant au sous-sol de la maison sanglante!

J’ai à nouveau fermé les yeux, et respiré calmement. J’étais seule, armée de chiffons et de produits nettoyants, et il fallait que je descende. Je n’avais pas le choix… Mais je pouvais au moins faire en sorte d’être certaine que la porte de la cave ne se refermerait pas derrière moi. J’ai regardé tout autour de moi, et j’ai aperçu la radio de Marie-Sophie, dans un coin de la cuisine. Je m’en suis emparée et, après quelques tentatives, j’ai réussi à m’en servir pour bloquer la porte. Armée de mes produits d’entretien, j’ai pris mon courage à deux mains, et j’ai posé mon pied bleu sur la première marche des escaliers.

Rien ne s’est passé. J’ai repéré l’interrupteur et j’ai appuyé dessus, en m’attendant à ce que la lumière du sous-sol refuse de s’allumer. La lumière s’est allumée. Jusqu’ici, tout allait bien. J’ai descendu une deuxième marche, puis une troisième, lentement, avec précaution. J’ai atteint le sol de ciment glacé, puis je me suis retournée pour faire face à ce qui m’attendait. Dans la pièce principale du sous-sol, des boîtes étaient empilées. La porte du fond, qui chez mes parents menait à une chambre froide, était fermée.

Je me suis interrogée sur la présence de toutes ces boîtes. Avaient-elles été apportées ici par les nouveaux propriétaires… ou oubliées par les anciens propriétaires? Étrangement, le sous-sol paraissait normal. Il n’était ni inquiétant ni lugubre, et je n’y ai pas vu la moindre toile d’araignée. Mais une odeur écoeurante flottait dans l’air, comme pour me prouver que malgré l’apparente propreté des lieux, mes services étaient bel et bien requis.

C’est alors que je l’ai remarquée… Sur une grosse boîte de carton qui avait été placée un peu à l’écart des autres, le mot «Cadavres» avait été écrit au feutre noir. Mon coeur s’est mis à se débattre comme s’il voulait s’enfuir, sans la coopération de mes jambes et du reste de mon corps.

Voyons… Un meurtrier n’aurait pas caché les corps de ses victimes dans une boîte de carton placée au milieu de son sous-sol. Et il n’aurait certainement pas pris le temps d’écrire «Cadavres» sur le côté de cette boîte, en grosses lettres noires bien visibles!

Mon coeur s’est calmé un peu, mais il n’était pas tout à fait rassuré. Je me suis approchée de la boîte, d’un pas prudent. N’osant pas l’ouvrir pour regarder à l’intérieur, je l’ai poussée légèrement du bout de mon pied. La boîte m’a semblé vide. J’ai osé l’ouvrir. Il n’y avait rien à l’intérieur.

J’ai jeté un coup d’oeil rapide aux autres boîtes. Une seule autre portait une inscription en lettres noires: «Père Noël». Je me suis dit que la boîte vide contenait probablement des décorations d’Halloween, des zombies, ou quelque chose comme ça.

Alors que je m’interrogeais sur le contenu possible des autres boîtes, un son strident m’a fait sursauter. J’ai d’abord cru qu’il s’agissait de la sonnerie de mon cellulaire, que j’avais laissé sur le comptoir de la cuisine.

Plutôt que de me précipiter jusqu’à l’escalier pour aller chercher mon téléphone, je suis restée immobile, incertaine. Ce n’était pas mon téléphone… C’était de la musique. La radio de Marie-Sophie! S’était-elle mise à jouer toute seule? Et les piles… elles avaient coulé!

De plus en plus terrifiée, j’ai entendu la porte se fermer subitement avec un claquement sec. La porte! J’ai couru jusqu’au bas de l’escalier, que j’ai escaladé d’un trait. Mes mains ont tourné et tiré la poignée de la porte, mes poings se sont fracassés contre elle, et j’ai crié…

Puis, je me suis tue. Le silence n’était brisé que par la musique, qui continuait à jouer comme pour témoigner d’une présence. J’étais enfermée dans le sous-sol de la maison sanglante.

Je suis redescendue, abattue et horrifiée. Si j’avais été capable de réfléchir, j’aurais peut-être réussi à trouver une explication rationnelle à ce qui venait de se passer. Mais j’étais incapable de réfléchir. J’étais enfermée dans le sous-sol de la maison sanglante, j’avais peur, et je voulais que quelqu’un vienne me chercher, me dise que tout allait bien, et m’emmène à l’extérieur. Le sous-sol n’avait pas changé, mais je le percevais maintenant d’une manière différente. L’endroit dégageait toujours une odeur terrible, mais l’air semblait maintenant transporter une sorte de menace invisible. Je suis remontée, j’ai frappé à la porte, j’ai crié, puis je suis redescendue. Je l’ai fait plusieurs fois. Puis, je me suis résignée.

Je me suis assise sur la dernière marche de l’escalier. J’ai posé les yeux sur mon pied, et il m’a semblé que la tache bleue qui le couvrait était maintenant plus large, et plus sombre. J’ai fermé les yeux pour essayer de me calmer. Quelqu’un allait bien finir par se demander où j’étais passée! Quelqu’un allait venir me chercher… Il était tout simplement impossible que je reste enfermée dans le sous-sol de la maison sanglante jusqu’à la fin de mes jours.

J’ai attendu. Puis, je me suis relevée. Je ne voulais pas rester assise là. Il fallait que j’essaie de faire quelque chose. J’ai contourné les piles de boîtes pour explorer les lieux. Les rares fenêtres du sous-sol étaient verrouillées, et il n’y avait pas de porte qui pouvait mener à l’extérieur.

Immédiatement après avoir remarqué que le silence était revenu et que la radio avait cessé de jouer, j’ai sursauté en entendant quelqu’un dire mon nom. J’ai retenu mon souffle, comme pour mieux écouter. La voix, qui ne me semblait ni féminine ni masculine, a répété mon nom. Il ne s’agissait pas d’un appel, mais plutôt d’une sorte d’affirmation, calme et posée. Je savais que j’étais seule dans le sous-sol, et j’étais presque certaine qu’il n’y avait personne à l’étage. La voix immatérielle continuait de répéter mon nom, doucement.

J’ai voulu parler, crier, la supplier de se taire, mais j’en étais incapable. Ma gorge était sèche, et ma bouche refusait de s’ouvrir. Sans savoir pourquoi, je me suis approchée de la porte de la chambre froide. Il y avait peut-être quelqu’un, ou quelque chose, de l’autre côté. Je ne voulais pas savoir ce qui pouvait se cacher dans la chambre froide, mais j’avais l’impression de ne pas avoir d’autre choix que de regarder. Mon coeur se débattait avec frénésie et mes mains tremblaient tandis que je tournais la poignée, et que j’ouvrais la porte.

Ma bouche s’est ouverte dans un long cri d’effroi. La lumière du sous-sol s’est éteinte subitement, et mon cri aussi.